Vous êtes sous Ozempic, Wegovy ou Mounjaro et un dîner au restaurant vous laisse perplexe : le plat principal paraît énorme, la bière ne vous dit plus rien et vous repartez avec la moitié de l’assiette. Vous n’êtes pas seul. Un rapport du cabinet britannique Lumina Intelligence, rendu public et relayé ce lundi 5 octobre par le magazine professionnel The Morning Advertiser, montre que plus d’un utilisateur européen de ces traitements sur deux (57 %) achète davantage de petites portions ou de petites assiettes à la place d’un plat complet.
Ce qu’il faut retenir
- 6,1 % des adultes britanniques prennent un GLP-1 (Ozempic, Wegovy, Mounjaro…), selon Lumina Intelligence.
- 57 % des utilisateurs européens achètent davantage de petites portions ou petites assiettes.
- Environ la moitié déclarent sortir moins souvent au restaurant.
- La bière recule de 10 points dans leurs occasions de boire de l’alcool.
- Étude de marché, méthode non publique ; pas de données équivalentes en France.
Que dit exactement ce rapport ?
L’étude s’appelle Out of Home GLP-1 Navigator. « Out of home » désigne tout ce qu’on mange ou boit hors de chez soi : restaurant, pub, café, plats à emporter. Les GLP-1 sont la famille de médicaments à laquelle appartiennent Ozempic et Wegovy (sémaglutide) et Mounjaro (tirzépatide) : ils imitent une hormone intestinale qui ralentit la vidange de l’estomac et diminue l’appétit.
Selon les chiffres publiés par The Morning Advertiser :
- 6,1 % des adultes britanniques prennent actuellement un médicament GLP-1 ;
- plus d’1 adulte sur 4 au Royaume-Uni en prend, en a pris ou envisage d’en prendre ;
- plus d’1 adulte sur 10 pourrait en utiliser d’ici 2031, selon les projections du cabinet ;
- environ la moitié des utilisateurs européens déclarent sortir moins souvent manger, dépenser moins au restaurant et en plats à emporter ;
- 57 % ont augmenté leurs achats de petites portions ou de petites assiettes au lieu d’un plat principal.
Attention au niveau de preuve : il s’agit d’une étude de marché réalisée par un cabinet de conseil pour les professionnels de la restauration, pas d’une étude médicale. Le détail de la méthode (nombre de personnes interrogées, pays, dates) n’est pas public : le rapport complet est payant.
Pourquoi l’alcool vous tente-t-il moins ?
C’est l’autre enseignement du rapport. Les utilisateurs actuels de GLP-1 consomment moins de boissons alcoolisées que la moyenne des clients, avec un écart de 6 points. La bière est la plus touchée : elle ne représente plus que 42 % de leurs occasions de boire de l’alcool, soit 10 points de moins. Le vin et les cocktails, eux, gagnent du terrain.
Ce n’est pas une surprise. En mars, une autre enquête britannique, menée par le cabinet KAM avec l’association de prévention Drinkaware, rapportait que les personnes sous GLP-1 buvaient moins souvent après le début du traitement (2,2 jours par semaine au lieu de 3,1). Un tiers environ (34 %) disaient avoir moins envie d’alcool, et 18 % ressentaient un inconfort, comme des nausées, en buvant. Côté recherche médicale, l’effet des GLP-1 sur la consommation d’alcool est aussi étudié dans des essais cliniques, comme celui que nous avions détaillé dans notre article sur le sémaglutide et l’alcool. Mais aucun de ces médicaments n’est autorisé en France pour traiter un problème d’alcool.
Comment les restaurants s’adaptent-ils ?
Le cabinet Lumina conseille aux restaurateurs et aux pubs de traiter ces clients « comme on gère des besoins alimentaires particuliers », sans refaire toute leur carte. Ses pistes :
- des assiettes plus petites mais de meilleure qualité, riches en protéines, fraîches et équilibrées, plutôt qu’un affichage « basses calories » ;
- une vraie carte sans alcool, plus large que les sodas classiques ;
- « décrire le plat, pas le médicament » : au Royaume-Uni, aucune allégation santé « GLP-1 » n’est autorisée, et des mentions comme « GLP-1 friendly » n’ont aucune définition légale.
Le rapport résume l’enjeu pour les restaurateurs en une formule : le volume baisse, mais la valeur n’a pas à baisser. Autrement dit, vous mangez moins, mais vous pouvez être prêt à payer pour une assiette plus soignée. Une spécialiste des vins citée par le magazine résume : les clients veulent toujours sortir, mais choisissent davantage où ils vont, ce qu’ils boivent et en quelle quantité.
Concrètement, pour vous
Sortir au restaurant reste possible sous traitement. Quelques réflexes simples peuvent aider :
- Commandez une entrée ou une petite assiette en plat principal, ou partagez un plat.
- N’hésitez pas à emporter vos restes : demandez une boîte, ou prévoyez la vôtre.
- Privilégiez les protéines et les légumes en début de repas, et évitez les plats très gras ou frits, souvent mal tolérés. Nos repères sont dans notre guide : que manger sous GLP-1.
- Buvez de l’eau tout au long du repas et n’hésitez pas à choisir une boisson sans alcool.
- Parlez à votre médecin si les nausées, vomissements ou douleurs après les repas sont fréquents : il peut adapter votre suivi. Ne modifiez jamais votre traitement seul.
Ce que ça change pour vous en France et en Belgique
À notre connaissance, aucune étude comparable n’a été publiée sur les habitudes au restaurant des personnes sous GLP-1 en France ou en Belgique. Les chiffres de ce rapport concernent le Royaume-Uni et l’Europe au sens large ; ils ne peuvent pas être transposés tels quels. Le constat de terrain, lui, sera familier à beaucoup de patients : appétit réduit, satiété rapide, nausées possibles après un repas trop copieux ou trop gras. Ces troubles digestifs figurent parmi les effets indésirables les plus fréquents, comme le rappelait un sondage récent auprès d’utilisateurs.
Au Royaume-Uni, 6,1 % des adultes prennent un GLP-1, et ces traitements changent visiblement la façon de sortir : plus de petites portions, moins de bière, plus de demandes sans alcool. Si votre traitement rend les repas au restaurant difficiles, ce n’est pas une fatalité : adaptez votre commande et parlez de vos symptômes digestifs à votre médecin ou à votre pharmacien.
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Sources
- The Morning Advertiser (Phoebe Fraser), « GLP-1 users could reshape pub menus and drinks lists », 5 octobre 2026
- Lumina Intelligence, page de présentation du rapport « Out of Home GLP-1 Navigator »
- The Morning Advertiser, « Weight loss drugs linked to lower alcohol spend and fewer pub visits » (rapport KAM/Drinkaware), 31 mars 2026
- Lumina Intelligence, communiqués de presse (dont « Nearly 5% of UK adults now using GLP-1 drugs », 24 juin 2026)
Article publié à titre d’information, il ne remplace pas l’avis d’un professionnel de santé. Aucun produit non autorisé ne doit être utilisé hors cadre médical. Avertissement médical.
