Ozempic, Wegovy : les nausées redoutées par 67 %, vécues par 34 %, selon un sondage

Les nausées sont redoutées par 67 % des personnes qui hésitent à prendre Ozempic ou Wegovy, mais rapportées par 34 % des utilisateurs, selon un sondage américain. Un résultat rassurant mais fragile, que les essais cliniques nuancent.

Santé et consultation médicale

Vous hésitez à commencer Ozempic ou Wegovy parce que vous avez peur de passer vos journées avec la nausée, ou de vous retrouver avec un visage creusé ? Vous n’êtes pas seul. Un sondage américain publié le 2 octobre 2026 montre que ceux qui envisagent ces traitements redoutent souvent bien plus d’effets secondaires que ceux qui les prennent n’en rapportent réellement. Rassurant, mais à manier avec prudence.

Ce qu’il faut retenir

  • 67 % des personnes qui envisagent un GLP-1 redoutent des nausées, 34 % des utilisateurs en rapportent
  • « Visage Ozempic » : attendu par 44 %, rapporté par 20 %
  • Sondage déclaratif en ligne de 1 007 Américains : niveau de preuve faible
  • Essai STEP 1 : 44,2 % de nausées sous sémaglutide contre 17,4 % sous placebo, surtout légères et passagères
  • À l’arrêt, environ deux tiers du poids perdu revient en un an (extension de STEP 1)

Que dit ce sondage ?

Le média santé américain Healthline (groupe RVO Health) a interrogé en ligne 1 007 personnes aux États-Unis, les 25 et 26 février 2026. Parmi elles, 720 prenaient un médicament de la famille des GLP-1 (les « analogues du GLP-1 », qui imitent une hormone intestinale de la satiété, comme Ozempic, Wegovy ou Mounjaro), 203 en avaient pris par le passé et 84 envisageaient d’en prendre.

Le sondage compare ce que les seconds imaginent à ce que les premiers déclarent avoir vécu :

  • Nausées ou vomissements : attendus par 67 % de ceux qui envisagent le traitement, rapportés par 34 % des utilisateurs actuels ou anciens. Soit environ deux fois moins que redouté.
  • « Visage Ozempic » (perte de volume du visage, joues creusées) : attendu par 44 %, rapporté par 20 %, soit 1 personne sur 5.
  • Réactions au point d’injection : attendues par 42 %, rapportées par 15 %.
  • Diarrhée : attendue par 39 %, rapportée par 25 %.

Tout n’est pas surestimé. La constipation est attendue par 24 % et rapportée par 25 %, et les renvois à l’odeur d’œuf pourri ou les gaz sont même plus fréquents que prévu (17 % contre 10 %). Côté bénéfice, 81 % de ceux qui hésitent s’attendent à perdre du poids, et 75 % des personnes ayant pris un GLP-1 disent en avoir perdu.

Peut-on vraiment s’y fier ?

Pas complètement. C’est un sondage déclaratif réalisé par un média commercial, pas une étude médicale. Le niveau de preuve est faible, pour plusieurs raisons simples :

  • les effets secondaires ne sont pas vérifiés par un médecin, chacun dit ce dont il se souvient ;
  • il n’y a pas de groupe témoin sous placebo (un faux traitement) pour faire la part des choses ;
  • le groupe des « hésitants » ne compte que 84 personnes, ce qui rend ses pourcentages fragiles ;
  • les personnes qui ont mal supporté le traitement et l’ont arrêté tôt peuvent être moins nombreuses à répondre.

Healthline le reconnaît d’ailleurs lui-même : ses résultats décrivent les personnes interrogées et ne doivent pas être pris comme une estimation valable pour tous les utilisateurs.

Et dans les études scientifiques, combien de personnes ont des nausées ?

Les essais cliniques, plus rigoureux, donnent un ordre de grandeur proche du sondage. Dans le grand essai STEP 1, publié en 2021 dans le New England Journal of Medicine, 1 961 adultes en surpoids ou obèses ont été suivis pendant 68 semaines (environ 16 mois). Sous sémaglutide (la molécule de Wegovy et d’Ozempic), 44,2 % ont eu des nausées, contre 17,4 % sous placebo. Autrement dit, un peu moins d’une personne sur deux, et une partie de ces nausées existe même sans traitement actif.

Ces troubles digestifs étaient le plus souvent légers à modérés et passagers. Seuls 4,5 % des participants sous sémaglutide ont arrêté le traitement à cause d’eux (contre 0,8 % sous placebo). La notice officielle européenne de Wegovy, publiée par l’Agence européenne des médicaments, classe bien nausées, vomissements, diarrhée et constipation parmi les effets « très fréquents » (plus d’une personne sur dix). Elle précise qu’ils surviennent surtout pendant la phase de montée progressive des doses, et que la constipation tend à durer plus longtemps. Pour le détail, consultez notre dossier sur les effets secondaires d’Ozempic, Wegovy et Mounjaro.

Va-t-on reprendre du poids à l’arrêt ?

C’est la grande inquiétude révélée par le sondage : 56 % des personnes interrogées craignent de regrossir après l’arrêt. Et sur ce point, la science leur donne plutôt raison. Dans le prolongement de l’essai STEP 1, publié en 2022 dans Diabetes, Obesity and Metabolism, 327 participants ont été suivis un an après l’arrêt. Ceux sous sémaglutide avaient perdu en moyenne 17,3 % de leur poids. Un an après l’arrêt, ils en avaient repris 11,6 points, soit environ les deux tiers. Pour une personne de 100 kg, cela représente environ 17 kilos perdus, puis près de 12 kilos repris.

Les bénéfices sur le cœur et le métabolisme (tension, glycémie…) étaient eux aussi revenus en grande partie vers leur niveau de départ. Pour les auteurs, cela confirme que l’obésité est une maladie chronique, qui demande un traitement au long cours.

Concrètement, pour vous : quelles questions poser à votre médecin ?

Ces chiffres ne remplacent pas un avis médical. Les questions utiles à aborder en consultation :

  • Ce traitement est-il adapté à ma situation, et lequel est autorisé pour mon cas ?
  • Que faire si j’ai des nausées ou une constipation au début ?
  • Quels signes doivent me faire consulter rapidement ?
  • Combien de temps faudra-t-il le prendre, et que se passera-t-il si j’arrête ?
  • Comment préserver mes muscles et adapter mon alimentation ?

Ne modifiez jamais seul la dose ni le rythme des injections : c’est votre médecin qui fixe le traitement. Vos questions plus générales trouveront aussi des réponses dans notre FAQ sur les GLP-1.

Ce que ça change pour vous en France et en Belgique

En Europe, Ozempic est autorisé pour le diabète de type 2, et Wegovy pour l’obésité et le surpoids avec complications. Prendre Ozempic uniquement pour maigrir sort de son autorisation, comme nous l’expliquons dans notre dossier Prendre Ozempic pour maigrir. Ce sondage rappelle une chose utile : les effets digestifs sont fréquents, mais souvent moins pénibles et moins durables qu’on ne l’imagine. En revanche, le risque de reprise de poids à l’arrêt est bien réel. Mieux vaut en parler avec votre médecin avant de commencer, pas après.

Sources

Article publié à titre d’information, il ne remplace pas l’avis d’un professionnel de santé. Aucun produit non autorisé ne doit être utilisé hors cadre médical. Avertissement médical.

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