Un aller-retour en avion pour Tokyo ou Osaka, une ordonnance obtenue sur place, et du Mounjaro rapporté dans la valise : en Corée du Sud, ce « tourisme minceur » a même un surnom, « Sushijaro ». La raison est simple : selon la presse coréenne, le traitement coûte plus de quatre fois moins cher au Japon. Et cette semaine, l’affaire a pris un nouveau tour : les douanes s’inquiètent, et le pays vient d’autoriser, mercredi 7 octobre, son propre médicament de la même famille.
Ce qu’il faut retenir
- Le Mounjaro coûte environ 350 000 wons en Corée contre environ 80 000 wons au Japon, selon des sources du secteur citées par JKN le 8 octobre.
- Les douanes coréennes ont détecté des milliers de cas d’importation illégale de Mounjaro et de Wegovy.
- Le 7 octobre, la Corée a autorisé l’efpéglénatide de Hanmi, premier GLP-1 anti-obésité développé dans le pays.
- En France, Wegovy et Mounjaro sont remboursés à 65 % depuis le 15 juin 2026, sous conditions strictes.
Pourquoi les Coréens achètent-ils leur Mounjaro au Japon ?
D’après des sources du secteur citées le 8 octobre par le quotidien économique JKN, le Mounjaro (tirzépatide, laboratoire Lilly) se vend environ 350 000 wons en Corée du Sud, soit environ 260 dollars, contre environ 80 000 wons au Japon, environ 60 dollars. L’écart dépasse donc un facteur quatre. Le phénomène avait été décrit dès le mois d’août par le quotidien japonais Nikkei.
Dans un nouvel article publié vendredi 9 octobre, JKN rapporte que les douanes coréennes ont détecté des milliers de cas d’importation illégale de Mounjaro et de Wegovy, et qu’elles prévoient de renforcer les contrôles et l’information du public. Le journal ne détaille pas les règles exactes d’importation ni les sanctions encourues.
Que change le nouveau médicament coréen ?
Le 7 octobre, le ministère sud-coréen de la Sécurité des aliments et des médicaments a autorisé l’efpéglénatide du laboratoire Hanmi, présenté comme le premier traitement de l’obésité de la famille des GLP-1 développé en Corée. Comme Ozempic ou Wegovy, il imite une hormone intestinale qui coupe l’appétit et ralentit la vidange de l’estomac, ce qui prolonge la sensation de satiété. Il s’agit d’une injection, autorisée chez les adultes en obésité ou en surpoids sans diabète, en complément d’un régime et d’activité physique. « Nous continuerons d’améliorer la prévisibilité, la transparence et la rapidité de nos procédures d’autorisation et d’évaluation », a déclaré un responsable du ministère, cité par le Financial News coréen (traduit par nos soins).
Côté efficacité, l’essai de phase 3 (la dernière étape avant autorisation), mené chez 448 patients coréens, montre une perte de poids moyenne de 9,75 % après 40 semaines, contre 0,95 % sous placebo. Il s’agit d’une analyse intermédiaire d’un essai prévu sur 64 semaines. Environ un patient sur deux (49,46 %) a perdu au moins 10 % de son poids. C’est moins que les résultats publiés pour Wegovy ou Mounjaro, mais ces chiffres viennent d’essais différents et ne se comparent pas directement.
L’argument principal, c’est le prix. Hanmi vise un lancement dès ce mois d’octobre, sans avoir dévoilé de tarif. Selon des sources du secteur citées par le Seoul Economic Daily, il pourrait tourner autour de 100 000 wons par mois (environ 70 dollars), alors que Wegovy et Mounjaro coûtent en Corée de 200 000 à 600 000 wons par mois selon la dose. « Nous défendrons clairement le principe d’un meilleur accès pour les patients », a assuré un responsable de Hanmi (traduit par nos soins).
Pourquoi rester prudent ?
- Les prix cités viennent de la presse et de « sources du secteur », pas de tarifs officiels publiés.
- Les résultats de l’efpéglénatide sont intermédiaires (40 semaines sur les 64 prévues) et ont été obtenus uniquement chez des patients coréens.
- Rapporter un médicament de l’étranger, c’est aussi perdre la garantie d’un suivi médical et d’une chaîne du froid respectée.
Qu’est-ce que ça change pour vous en France ou en Belgique ?
Rien dans l’immédiat : l’efpéglénatide n’est pas autorisé en Europe. En France, Wegovy et Mounjaro sont remboursés à 65 % depuis le 15 juin 2026 dans l’obésité, mais seulement pour les adultes avec un indice de masse corporelle (IMC) d’au moins 40, ou d’au moins 35 avec une maladie associée, et sur première prescription d’un médecin habilité. Leur prix va d’environ 147 à 195 euros pour Wegovy et de 176 à 434 euros pour Mounjaro selon le dosage. La tentation de chercher moins cher ailleurs existe donc aussi chez nous. Mais l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) rappelle que ces médicaments ne peuvent pas être vendus en ligne et que de faux produits circulent. Le bon réflexe : demander à votre médecin si vous entrez dans les critères de remboursement, et à votre pharmacien ce que coûtera réellement le traitement. Notre comparatif des traitements GLP-1 fait le point sur les options disponibles.
👥 Vous êtes sous Ozempic, Wegovy ou Mounjaro ?
Rejoignez notre groupe Facebook d’entraide France & Belgique : questions, expériences, actus vérifiées, sans pub pour des médicaments.
Sources
- JKN, « Mounjaro ‘Expedition Purchases’ Surge: 350,000 Won in Korea vs. 80,000 Won in Japan », 8 octobre 2026
- JKN, « From $260 to $60: Customs Alarmed by ‘Mounjaro Raids’ to Japan », 9 octobre 2026
- Seoul Economic Daily, « Korea Approves First Homegrown GLP-1 Obesity Drug », 7 octobre 2026
- Financial News (fnnews), approbation de l’efpéglénatide de Hanmi, 7 octobre 2026
- Seoul Economic Daily, « Korea’s First Homegrown Obesity Drug Clears Approval, Launch Set for October », 8 octobre 2026
- Nikkei Asia, « South Koreans are sneaking cheap Mounjaro home from Japan to lose weight » (août 2026)
- FSPF, circulaire 2026-30 Wegovy/Mounjaro, 12 juin 2026
- Revue Pharma, prix et remboursement de Mounjaro et Wegovy dans l’obésité, 28 mai 2026
- ANSM, mesures contre les sites vendant des aGLP-1 (mise à jour 31 août 2026)
Article publié à titre d’information, il ne remplace pas l’avis d’un professionnel de santé. Aucun produit non autorisé ne doit être utilisé hors cadre médical. Avertissement médical.
