Faux Ozempic : 2 hommes inculpés aux États-Unis, votre stylo de pharmacie est-il sûr ?

Deux hommes sont accusés aux États-Unis d'avoir revendu des faux Ozempic venus de Chine à des distributeurs. En France et en Belgique, un stylo délivré en pharmacie est protégé par un code unique scanné : le vrai risque vient d'internet.

Médicaments en comprimés et gélules

Vous allez chercher votre stylo d’Ozempic à la pharmacie, vous le rangez au frigo… et vous tombez sur cette information : aux États-Unis, deux hommes sont accusés d’avoir fait entrer des faux Ozempic venus de Chine pour les revendre à des distributeurs. De quoi se demander si votre propre stylo est vraiment un original. Voici ce que l’on sait, et pourquoi la situation n’est pas la même en France et en Belgique.

Ce qu’il faut retenir

  • Le 29 septembre 2026, la Justice américaine a annoncé l’inculpation de deux ressortissants indiens, présumés innocents.
  • Trafic présumé de faux Ozempic venus de Chine entre juillet 2023 et avril 2024, jusqu’à 71 ans de prison encourus.
  • La FDA a signalé trois lots contrefaits d’Ozempic 1 mg : NAR0074, PAR0362 et PAR1229.
  • En Europe, chaque boîte porte un code unique scanné en pharmacie ; aucun faux délivré par une pharmacie légale n’a été signalé par l’EMA en 2023.
  • Achetez uniquement en pharmacie, avec ordonnance, et rapportez tout stylo suspect au pharmacien.

Que s’est-il passé aux États-Unis ?

Le 29 septembre 2026, le ministère américain de la Justice a annoncé l’inculpation de deux ressortissants indiens, Swapnadip Roy, 33 ans, et Vicky Ramancha, 37 ans. Selon l’acte d’accusation, entre juillet 2023 et avril 2024, ils se seraient procuré des stylos d’Ozempic contrefaits auprès de sources non autorisées en Chine, puis les auraient revendus à prix cassés à des distributeurs américains.

D’après la justice américaine, tout était fait pour tromper l’acheteur : faux emballages, fausses notices, fausses étiquettes sur les stylos et même fausses aiguilles. Le trafic aurait continué après la saisie de faux Ozempic par l’Agence américaine des médicaments (la FDA) en décembre 2023 et l’alerte publique qui l’a suivie.

Swapnadip Roy a été extradé d’Italie et a comparu devant un tribunal de Tampa, en Floride. Selon l’agence Reuters, il a plaidé non coupable. L’affaire est jugée dans le district central de Floride.

Que risquent-ils, et sont-ils coupables ?

Chacun est poursuivi pour complot de contrebande et d’escroquerie au détriment des États-Unis, pour trois faits de contrebande et pour deux faits de vente ou de détention de médicaments contrefaits. En théorie, chacun encourt jusqu’à 71 ans de prison : c’est le cumul des peines maximales, pas la peine qui sera forcément prononcée.

Surtout, ces deux hommes sont présumés innocents. Le ministère de la Justice le rappelle lui-même : une inculpation n’est qu’une accusation. Seul un procès dira s’ils sont coupables.

Des faux Ozempic ont-ils vraiment atteint les pharmacies américaines ?

Oui, à plusieurs reprises, la FDA a trouvé des faux dans le circuit de distribution légal du pays. Elle a publié trois alertes, toutes sur le dosage de 1 milligramme :

  • Décembre 2023 : lot NAR0074 avec le numéro de série 430834149057. La FDA a saisi « des milliers d’unités ». Les aiguilles étaient fausses : leur stérilité ne pouvait donc pas être garantie, d’où un risque d’infection.
  • Avril 2025 : lot PAR0362, avec un numéro de série commençant par 51746517. Plusieurs centaines d’unités étaient en circulation.
  • Décembre 2025 : lot PAR1229, qui est aussi un vrai numéro de lot. Sur le faux, la mention « EXP/LOT » figure à gauche de la date de péremption et du numéro de lot ; sur l’original, elle est au-dessus.

Attention, un détail compte : un faux peut porter un numéro de lot authentique. C’est la combinaison avec le numéro de série, ou un défaut d’étiquette, qui le trahit. Pour le lot de 2023, la FDA indiquait qu’aucun des effets indésirables signalés n’était grave et qu’ils correspondaient aux effets connus de l’Ozempic authentique (nausées, vomissements, diarrhée).

Le communiqué de la Justice ne précise pas quels lots étaient vendus par les deux accusés.

Et chez nous, mon stylo peut-il être un faux ?

Le risque existe partout, mais le circuit légal européen dispose d’un garde-fou solide. Chaque boîte d’Ozempic porte un code-barres en deux dimensions et un numéro de série unique, enregistrés dans un système électronique commun à toute l’Union européenne. Le pharmacien le scanne avant de vous remettre la boîte.

Ce système a fait ses preuves. En octobre 2023, l’Agence européenne des médicaments (EMA) a signalé de faux stylos Ozempic 1 mg repérés chez des grossistes, dans l’Union européenne et au Royaume-Uni. Une fois scannés, leurs numéros de série sont apparus inactifs, ce qui a donné l’alerte. L’EMA précisait alors qu’aucun faux stylo n’avait été délivré par une pharmacie légale et qu’aucun effet nocif n’avait été signalé. En France, l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) indiquait n’avoir reçu aucun signalement.

Le vrai danger se trouve ailleurs : sur internet et les réseaux sociaux, où circulent des stylos « sans ordonnance » ou à prix cassés. En France, ces médicaments sont soumis à prescription et ne peuvent pas être vendus en ligne. Notre enquête sur les saisies de GLP-1 et de peptides par les douanes montre l’ampleur de ce marché parallèle.

Concrètement, pour vous

  • Achetez uniquement en pharmacie, avec une ordonnance. Pas de site web, pas de vendeur sur les réseaux sociaux, pas de « bon plan » entre amis.
  • Regardez votre stylo : emballage intact, notice en français, étiquette nette, aiguilles dans leur emballage scellé. Notre guide pour reconnaître un faux stylo Ozempic, Wegovy ou Mounjaro détaille les points à vérifier.
  • Au moindre doute, ne l’utilisez pas. Rapportez-le à votre pharmacien, qui peut vérifier la boîte et signaler le problème.
  • Un effet inhabituel après une injection ? Parlez-en à votre médecin ou à votre pharmacien.

Ce que ça change pour vous en France et en Belgique

Cette affaire américaine ne signifie pas que les stylos vendus dans nos pharmacies sont suspects. Ozempic est un médicament autorisé contre le diabète de type 2, et son efficacité repose sur de grands essais cliniques. Mais elle rappelle que des réseaux organisés fabriquent des copies très ressemblantes, capables de tromper même des distributeurs professionnels. En Europe, la meilleure protection reste simple : un médicament délivré sur ordonnance, par une pharmacie, dont la boîte a été scannée. Tout le reste est un pari sur votre santé. Pour mieux connaître le traitement lui-même, consultez notre foire aux questions sur les GLP-1.

Sources

Article publié à titre d’information, il ne remplace pas l’avis d’un professionnel de santé. Aucun produit non autorisé ne doit être utilisé hors cadre médical. Avertissement médical.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Retour en haut