Andrographis : l’Australie rappelle 9 produits « immunité » pour risque d’allergie grave

L'agence australienne du médicament a fait rappeler neuf compléments à base d'andrographis, selon un avis publié ce lundi 12 octobre, après 254 cas d'allergie grave signalés. En France, cette plante reste autorisée dans les compléments alimentaires.

Médicaments en comprimés et gélules

Au premier rhume, vous avalez des comprimés « immunité » à base de plantes ? En Australie, l’un des ingrédients vedettes de ces produits, l’andrographis, disparaît des rayons. Motif : un risque de réaction allergique grave, parfois dès la première prise.

Ce qu’il faut retenir

  • L’Australie a retiré l’andrographis de ses produits à base de plantes à faible risque le 18 septembre 2026.
  • Neuf produits rappelés au 12 octobre, tous en classe I (risque grave).
  • 254 cas d’anaphylaxie signalés jusqu’à fin 2024, dont 81 % avec de l’échinacée.
  • En France, la plante reste autorisée dans les compléments alimentaires.

Que se passe-t-il en Australie ?

L’andrographis (Andrographis paniculata, parfois appelée « échinacée d’Inde ») est une plante d’Asie très utilisée dans les produits contre le rhume et la grippe. Le 18 septembre 2026, la TGA (Therapeutic Goods Administration, l’agence australienne du médicament) a annoncé l’avoir retirée de la liste des ingrédients autorisés dans les « listed medicines », les produits à base de plantes jugés à faible risque. Les fabricants étaient invités à retirer leurs produits d’ici à la mi-octobre.

Selon le site spécialisé NutraIngredients, qui s’appuie sur un avis de la TGA, neuf produits de marques australiennes avaient été rappelés au 12 octobre, le premier le 28 septembre. Tous sont classés en « classe I », le niveau réservé aux produits pouvant raisonnablement causer des blessures graves ou la mort. « Si les fabricants n’agissent pas volontairement à temps, la TGA commencera à prendre des mesures réglementaires », prévient un porte-parole de l’agence cité par NutraIngredients (traduit par nos soins).

Qu’a découvert l’agence australienne ?

Dans sa revue de sécurité mise à jour, publiée en avril 2026, la TGA recense 1 217 signalements d’effets indésirables liés à des produits contenant de l’andrographis jusqu’à fin 2024, dont 254 cas d’anaphylaxie. L’anaphylaxie est une réaction allergique brutale qui peut bloquer la respiration et faire chuter la tension. Un cas mortel a été signalé en juin 2024. Fin 2025, le compteur atteignait 287 signalements d’anaphylaxie, selon NutraIngredients.

Trois détails frappent :

  • environ 3 réactions sur 4 (74 %) sont survenues dans la demi-heure suivant la prise ;
  • dans 71 % des cas renseignés, il s’agissait d’une première prise ou d’une personne qui en avait déjà pris sans souci ;
  • 8 cas sur 10 ont nécessité une prise en charge à l’hôpital.

« Les réactions à l’andrographis sont imprévisibles et peuvent survenir la première fois qu’on en prend », résume l’agence, citée par NutraIngredients (traduit par nos soins).

Pourquoi rester prudent ?

Ces chiffres sont sérieux, mais à lire correctement :

  • Des signalements, pas une étude. Ce sont des déclarations spontanées : elles montrent une association, pas une preuve que la plante seule est en cause. La TGA estime d’ailleurs que le vrai nombre de cas est probablement plus élevé, faute de déclarations.
  • Un coupable pas toujours isolé. Plus de 8 cas d’anaphylaxie sur 10 (81 %) concernaient des produits associant andrographis et échinacée, une autre plante elle-même liée à des allergies. Seuls 6 % concernaient l’andrographis seule.
  • Un risque rare. L’agence avance, avec prudence, un taux de 0,01 à 0,1 % par unité vendue. L’analyse vient de l’autorité publique, pas d’un fabricant.

Et en France et en Belgique ?

En France, l’andrographis est autorisée dans les compléments alimentaires : elle figure dans l’arrêté du 24 juin 2014 qui fixe la liste des plantes permises, pour ses parties aériennes, avec un avertissement obligatoire déconseillant l’emploi aux femmes enceintes. Aucune mise en garde sur l’allergie n’y figure. Nous n’avons pas trouvé, à ce jour, d’avis spécifique de l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) sur cette plante. Pour la Belgique, nous n’avons pas pu vérifier dans les textes officiels consultés le statut précis de l’andrographis dans l’arrêté royal sur les plantes.

Côté médicament, l’Agence européenne des médicaments n’a pas validé la plante : en 2013, son comité des plantes médicinales a jugé ne pas pouvoir rédiger de monographie, faute d’efficacité reconnue et d’usage traditionnel suffisamment long. Un complément n’est pas un médicament : il n’a pas à prouver son efficacité et n’est pas remboursé. « Naturel » ne veut pas dire sans risque, comme le montre aussi le cas de l’ashwagandha.

Qu’est-ce que ça change pour vous ?

Si vous utilisez un complément « immunité », lisez l’étiquette : cherchez Andrographis paniculata ou « échinacée d’Inde », souvent associée à l’échinacée. Les signes qui doivent faire appeler immédiatement le 15 ou le 112 : gonflement des lèvres, de la langue ou de la gorge, difficulté à respirer ou à avaler, malaise, urticaire étendue, surtout dans l’heure qui suit la prise.

Avant d’en prendre, demandez à votre pharmacien ou médecin :

  • ce produit contient-il de l’andrographis ou de l’échinacée ?
  • est-ce raisonnable avec mes allergies, une grossesse ou mes traitements ?
  • existe-t-il une option mieux étudiée pour mon problème ?

Vous avez eu une réaction après un complément ? Signalez-la sur le portail officiel signalement-sante.gouv.fr, ou, en Belgique, auprès de l’Agence fédérale des médicaments et des produits de santé (AFMPS). Voir aussi nos mises en garde sur les gummies à la mélatonine.

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Sources

Article publié à titre d’information, il ne remplace pas l’avis d’un professionnel de santé. Aucun produit non autorisé ne doit être utilisé hors cadre médical. Avertissement médical.

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