BPC-157, rétatrutide : TikTok les fait disparaître de ses recherches, ce qu’il faut savoir

Depuis ce mardi 20 octobre, chercher « BPC-157 », « retatrutide » ou « semaglutide » sur TikTok n'affiche plus aucun résultat, selon The Verge. Le blocage reste partiel, TikTok ne s'est pas expliqué, et ces peptides restent non autorisés en France.

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Vous avez vu passer sur TikTok des vidéos vantant un « peptide miracle » pour cicatriser plus vite ou fondre en quelques semaines ? Essayez de les retrouver : depuis ce mardi 20 octobre, taper « BPC-157 », « retatrutide » ou « semaglutide » dans la barre de recherche de l’application affiche un simple « no results found » (aucun résultat). C’est le site américain The Verge qui l’a constaté et rapporté en premier.

Ce qu’il faut retenir

  • Depuis le 20 octobre, BPC-157, rétatrutide et sémaglutide ne donnent plus de résultats dans la recherche TikTok.
  • Le mot « peptides » et des variantes d’orthographe fonctionnent encore : il ne s’agit pas d’une interdiction totale.
  • TikTok n’a fait aucune déclaration, la cause du blocage reste inconnue.
  • En France et en Belgique, le BPC-157 et le rétatrutide ne sont pas autorisés chez l’humain.

Que se passe-t-il exactement sur TikTok ?

Le blocage est partiel. Selon The Verge, une recherche sur le mot général « peptides » renvoie toujours de nombreuses vidéos, et rien n’indique que des vidéos aient été supprimées. Les noms BPC-157 et TB-500, deux peptides souvent associés dans les vidéos, ne donnent plus rien, mais de légères variantes d’orthographe font encore apparaître des contenus.

Le BPC-157 est un petit fragment de protéine présenté sur les réseaux comme un accélérateur de guérison. Le rétatrutide est un médicament expérimental contre l’obésité du laboratoire Eli Lilly, encore en essais cliniques. Le sémaglutide, lui, est le principe actif d’Ozempic et de Wegovy, des médicaments autorisés : il est donc lui aussi touché, alors qu’il est prescrit légalement.

Sur X, des comptes affirment que TikTok a « totalement interdit » tout contenu sur les peptides. Rien ne le confirme. TikTok n’a pas répondu dans l’immédiat aux questions de The Verge et, au 21 octobre, nous n’avons trouvé aucune déclaration de la plateforme. La cause reste donc inconnue. L’influenceur Jeff Tang, proche de l’entrepreneur anti-âge Bryan Johnson, a mis en cause Eli Lilly, une hypothèse que rien ne vient étayer à ce stade.

Pourquoi ces vidéos posent-elles problème ?

Parce qu’elles sont massivement vues. Dans une tribune publiée en juin 2026 dans la revue médicale JAMA, trois chercheurs (Timothy Piatkowski en Australie, Kyle Ganson au Canada, Jason Nagata aux États-Unis) ont compté plus de 230 millions de vues sur TikTok pour des contenus liés aux peptides, en mai 2026. Ils s’alarment d’un marché qui avance plus vite que les règles.

« Les systèmes de réglementation actuels n’ont pas été conçus pour des substances qui circulent à la fois dans la médecine, le bien-être et les marchés illicites », résume Kyle Ganson, de l’université de Toronto (traduit par nos soins).

Le même jour que le constat de The Verge, le ministre américain de la Santé, Robert F. Kennedy Jr., a défendu sur Fox News l’idée d’un « marché régulé » des peptides. « Americans are going to be buying these anyway » (« Les Américains vont en acheter de toute façon »), a-t-il déclaré, selon l’agence Reuters. Il répondait à une question sur le projet que l’Agence américaine du médicament (FDA) a transmis à la Maison-Blanche le jeudi 15 octobre (voir notre enquête). Ce projet pourrait faciliter la préparation de certains peptides par des pharmacies, sans que ces produits deviennent des médicaments autorisés.

Pourquoi rester prudent ?

  • Un constat, pas une annonce : le blocage a été observé par un média, pas annoncé par TikTok. Il peut évoluer, être corrigé ou rester partiel.
  • Des preuves très minces : le BPC-157 n’a été testé chez l’humain que dans de rares petites études, sans groupe de comparaison solide. Le rétatrutide, lui, n’est autorisé nulle part.
  • Des produits au contenu incertain : une étude australienne citée par la presse a trouvé, dans trois flacons vendus comme du rétatrutide, entre 51 % et 190 % de la quantité annoncée.

Qu’est-ce que ça change pour vous ?

En France comme en Belgique, le BPC-157 et le rétatrutide ne sont pas autorisés chez l’humain. Le 2 juillet 2026, l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) a mis en garde contre ces peptides vendus en ligne et sur les réseaux sociaux, avec des signalements d’effets graves ayant parfois conduit à une hospitalisation (voir notre article sur l’alerte de l’ANSM). Le BPC-157 figure aussi parmi les substances interdites par l’Agence mondiale antidopage : un sportif contrôlé positif risque une suspension.

Si une vidéo vous a donné envie d’essayer, voici les questions à poser à votre médecin ou à votre pharmacien :

  • Ce produit est-il autorisé en France ou en Belgique, et existe-t-il un traitement validé pour mon problème ?
  • Si je cherche à perdre du poids, ai-je droit à un traitement encadré ? En France, Wegovy et Mounjaro sont remboursés depuis le 15 juin 2026, sous conditions, dans l’obésité sévère.
  • Quels signes doivent m’alerter si j’ai déjà utilisé un produit acheté en ligne ?

Un conseil simple : ne vous injectez jamais un produit qui n’a pas été prescrit par un médecin et délivré en pharmacie. Pour comprendre ce que l’on sait vraiment de ces molécules, lisez nos fiches sur le BPC-157 et le rétatrutide.

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Sources

Article publié à titre d’information, il ne remplace pas l’avis d’un professionnel de santé. Aucun produit non autorisé ne doit être utilisé hors cadre médical. Avertissement médical.

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