Vous avez peut-être lu il y a quelques jours que les États-Unis voulaient autoriser temporairement la vente du BPC-157, ce peptide surnommé « Wolverine ». Le projet vient de franchir une étape concrète : le texte est désormais sur le bureau de la Maison-Blanche. C’est la suite de notre enquête sur le plan de l’administration Trump, et voici ce qui a changé depuis.
Ce qu’il faut retenir
- Reçu le 14 octobre par l’OMB (Maison-Blanche) : « politique d’accès provisoire » aux peptides
- Selon AP, la FDA cesserait de poursuivre les pharmacies qui préparent le BPC-157
- Les scientifiques de la FDA jugeaient les preuves insuffisantes ; quasi aucune étude humaine
- Non autorisé en France et en Belgique, interdit par l’Agence mondiale antidopage
Pour rappel, nous racontions dans notre premier article sur cette vente temporaire que le ministère américain de la Santé préparait une tolérance pour certains peptides injectables. Ce n’était alors qu’un projet rapporté par la presse. Ce n’est plus le cas.
Qu’est-ce qui s’est passé cette semaine ?
Le ministère de la Santé américain (HHS) et l’Agence américaine du médicament (FDA) ont transmis un document intitulé « Interim Access Policy for Compounding Using Certain Peptides », soit une « politique d’accès provisoire pour la préparation de certains peptides ». Le registre officiel reginfo.gov indique qu’il a été reçu le mercredi 14 octobre par l’Office of Management and Budget (OMB), le service de la Maison-Blanche qui relit les textes réglementaires avant leur publication. L’information a été révélée jeudi par les agences AP et Reuters.
Le dépôt ne dit rien du contenu. Mais selon AP, qui cite deux personnes au fait du dossier, ce texte permettrait aux pharmacies américaines dites « de préparation » (elles fabriquent des médicaments sur mesure) de produire temporairement des peptides populaires, dont le BPC-157.
Comment la FDA compte-t-elle s’y prendre ?
Pas par une autorisation en bonne et due forme. Toujours selon AP, la FDA utiliserait sa « discrétion en matière d’application » : concrètement, elle s’abstiendrait de poursuivre les pharmacies qui fabriquent ces peptides. Inscrire officiellement ces substances sur la liste des produits utilisables en préparation demanderait une procédure qui pourrait prendre des années.
Aujourd’hui, la FDA classe le BPC-157 et plus d’une douzaine d’autres peptides injectables parmi les substances trop risquées pour être préparées. Elle évoque des risques de contamination, de réactions allergiques et de croissance tumorale. En juillet, un comité d’experts choisi par le ministère de Robert F. Kennedy Jr. a pourtant recommandé de lever les restrictions sur 6 des 7 peptides examinés. Nous l’avions détaillé dans notre article sur le vote de la FDA sur le BPC-157 et le TB-500.
Les scientifiques de la FDA n’étaient pas d’accord. Dans leurs documents de séance, cités par le média The Hill, ils jugeaient les preuves insuffisantes pour conclure à l’efficacité du BPC-157 et estimaient que les données pesaient contre son ajout à la liste. Le ministre, lui, se décrit comme « un grand fan des peptides » (traduit par nos soins), selon The Hill. Les analystes de Wall Street estiment ce marché entre 2 et 3 milliards de dollars, et des plateformes de téléconsultation ont déjà dit qu’elles en vendraient si l’accès était assoupli.
Pourquoi rester prudent ?
- Le contenu n’est pas public. Tout ce que l’on sait du texte vient de sources anonymes citées par AP. La Maison-Blanche peut encore le modifier.
- Quasi aucune étude chez l’humain. La plupart des données viennent d’expériences sur l’animal. La professeure Patricia Brubaker, physiologiste à l’université de Toronto, recensait en mars seulement 3 publications sur l’usage humain du BPC-157, sans groupe de comparaison, et parlait dans une chronique pour l’université McGill d’une « absence quasi totale de preuves » que ce peptide soit « efficace, ou même sûr » chez l’humain.
- Tolérer n’est pas approuver. Aucun de ces peptides n’est approuvé par la FDA comme sûr et efficace. Une tolérance administrative ne change rien au niveau de preuve.
Qu’est-ce que ça change pour vous ?
En France et en Belgique, rien. Le BPC-157 n’est autorisé chez l’humain dans aucun des deux pays : l’agence antidopage américaine rappelle qu’aucune autorité de santé dans le monde ne l’a approuvé. L’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) a mis en garde cet été contre les peptides vendus en ligne, dont le BPC-157, qui « ne sont pas autorisés » et n’ont pas été évalués. Pour les sportifs, il figure sur la liste des interdictions de l’Agence mondiale antidopage (AMA), dans la catégorie des substances non approuvées.
Une décision américaine ne rend donc pas ces produits plus sûrs ici. Si vous souffrez d’une blessure ou d’une douleur qui traîne, parlez-en à votre médecin ou à votre pharmacien. Demandez-lui quels traitements ont fait leurs preuves pour votre cas et méfiez-vous des sites qui présentent le BPC-157 comme « bientôt légal ». Pour tout savoir sur ce peptide, consultez notre fiche BPC-157.
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Sources
- OMB/OIRA, « Interim Access Policy for Compounding Using Certain Peptides », RIN 0910-ZD94, HHS/FDA, reginfo.gov, reçu le 14/10/2026
- Matthew Perrone (AP), « Trump administration advances plan for peptide drugs favored by RFK Jr. », ABC News, 15/10/2026
- Reuters, « US FDA takes step to change peptide compounding policy », 15/10/2026 (reprise 102.7 WBOW)
- Nathaniel Weixel et Joseph Choi, « FDA advances peptide push to White House », The Hill, 15/10/2026
- ANSM, « « Peptides » vendus en ligne : ne les utilisez pas, ils peuvent être dangereux », 02/07/2026 (mis à jour 31/08/2026)
- Patricia Brubaker, « BPC-157 – No Proof Required! », McGill Office for Science and Society, 13/03/2026
- USADA, « BPC-157 », fiche substance (liste AMA, catégorie S0)
Article publié à titre d’information, il ne remplace pas l’avis d’un professionnel de santé. Aucun produit non autorisé ne doit être utilisé hors cadre médical. Avertissement médical.
