Une fiole achetée en ligne après une vidéo, une promesse de muscles ou de kilos en moins… puis les urgences. En Australie, ce scénario devient courant. Le ministère de la Santé de l’État de Nouvelle-Galles du Sud (la région de Sydney) a publié ce lundi 19 octobre des chiffres qui inquiètent : 1 180 passages aux urgences liés à des peptides non autorisés en 15 mois.
Ce qu’il faut retenir
- 1 180 passages aux urgences entre juillet 2025 et septembre 2026, de 5 à plus de 217 par mois
- Environ 1 patient sur 5 hospitalisé ; 8 sur 10 ont moins de 45 ans
- Produits en cause : BPC-157, GHK-Cu, TB-500, CJC-1295, rétatrutide, aucun autorisé
- En France, l’ANSM déconseille formellement ces peptides vendus en ligne
Que disent les chiffres ?
Les données couvrent la période du 1er juillet 2025 au 30 septembre 2026. En juillet 2025, on comptait 5 passages dans le mois. En septembre 2026, plus de 217. Soit plus de 40 fois plus.
Selon la presse australienne, environ 18 % de ces patients ont été hospitalisés, soit près d’1 sur 5. Le public est jeune : 25 % avaient entre 16 et 24 ans, 32 % entre 25 et 34 ans, 26 % entre 35 et 44 ans. Hommes et femmes sont touchés presque à égalité.
Les produits en cause prétendent contenir du BPC-157, du GHK-Cu, du TB-500, du CJC-1295 ou du rétatrutide, un médicament anti-obésité encore en essai. Le rétatrutide est cité dans environ 7 dossiers sur 10. Aucun de ces produits n’est autorisé en Australie.
Quels problèmes de santé ?
Les motifs les plus fréquents sont digestifs : douleurs au ventre, nausées, vomissements. Viennent ensuite des troubles cardiovasculaires, comme des douleurs dans la poitrine, puis des réactions allergiques, dont des chocs anaphylactiques (une allergie brutale et grave qui peut couper la respiration). Les autorités signalent aussi des atteintes graves des reins et du foie.
Le ministre de la Santé, Ryan Park, a réagi : « Même quand un produit a l’air professionnel ou arrive dans un emballage convaincant, cela ne garantit pas qu’il soit sûr » (traduit par nos soins). La médecin-cheffe de l’État, Kerry Chant, rappelle qu’un site soigné, une étiquette, une promesse de pureté, des avis ou le soutien d’un influenceur ne sont « pas une preuve de ce qu’il y a dans le produit ».
Est-ce que les médecins sont surpris ?
Non. Interrogé par la chaîne publique ABC, le docteur Tim Jones, responsable de la santé des jeunes au Collège royal australien des médecins généralistes, évoque une situation répandue, qu’il observe aussi en Tasmanie. Il dit avoir soigné des patients dès 14 ans qui avaient commandé des peptides en ligne. Il craint que ces chiffres ne soient que « la partie émergée de l’iceberg », car certains effets apparaissent tard.
Ces produits, souvent étiquetés « pour la recherche uniquement », n’ont subi aucun contrôle pour un usage humain.
Pourquoi rester prudent avec ces chiffres ?
- Qui publie ? Ce sont des données officielles de surveillance des urgences, pas une étude scientifique relue par des pairs.
- Taille et portée : 1 180 passages dans un seul État australien. On ignore combien de personnes en utilisent : impossible de calculer un risque individuel.
- Humains, mais sans analyse des fioles : le contenu réel des produits n’a pas été testé dans ces données.
- Mention ne veut pas dire cause : qu’un peptide soit cité dans un dossier ne prouve pas qu’il ait provoqué les symptômes. Mais la hausse brutale, elle, est bien réelle.
Qu’est-ce que ça change pour vous ?
En France, l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) a lancé en juillet 2026 une alerte : ces peptides vendus en ligne (BPC-157, TB-500, GHK-Cu, NAD+, rétatrutide…) ne sont pas autorisés. Elle a reçu des signalements d’effets indésirables, dont certains ont mené à l’hôpital (atteintes du foie, infections, allergies sévères). En Belgique, aucun de ces produits n’a non plus d’autorisation comme médicament. Le BPC-157 figure en outre sur la liste des substances interdites de l’Agence mondiale antidopage.
Concrètement :
- Si vous avez déjà utilisé un de ces produits et que vous avez des symptômes (douleurs, vomissements, gêne pour respirer), consultez sans attendre. En urgence vitale, appelez le 15 en France, le 112 en Belgique.
- Avant une opération ou un nouveau traitement, dites à votre médecin que vous avez pris des peptides.
- Questions à poser à votre médecin : « Existe-t-il un traitement autorisé pour mon objectif (poids, douleur, récupération) ? », « Quels examens faire si j’ai déjà utilisé un tel produit ? ».
- En France, vous pouvez déclarer un effet indésirable sur le portail signalement.social-sante.gouv.fr.
À lire aussi : les effets indésirables rapportés par les usagers de BPC-157.
La rédaction
👥 Vous êtes sous Ozempic, Wegovy ou Mounjaro ?
Rejoignez notre groupe Facebook d’entraide France & Belgique : questions, expériences, actus vérifiées, sans pub pour des médicaments.
Sources
- NSW Health, « NSW Health warns of surge in hospital presentations linked to peptide use », communiqué, 19 oct. 2026
- ABC News (Australie), « Health authorities issue unapproved peptide use warning after surge in NSW hospital visits », 19 oct. 2026
- Newcastle Herald, « Peptide warning as emergency department presentations soar », D. Nicholson, 19 oct. 2026
- The Examiner / AAP, « Spike in emergency department visits due to peptide use », 19 oct. 2026
- Pharmacy Daily, « Surge in peptide hospital visits », 20 oct. 2026
- ANSM, « Peptides vendus en ligne : ne les utilisez pas, ils peuvent être dangereux », 2 juil. 2026, mis à jour 31 août 2026
Article publié à titre d’information, il ne remplace pas l’avis d’un professionnel de santé. Aucun produit non autorisé ne doit être utilisé hors cadre médical. Avertissement médical.
