Sous Mounjaro ou Ozempic, une partie du poids perdu est de la masse maigre. Cardio, musculation, fréquence, hypoglycémie, hydratation : les repères fiables pour bouger sans risque.
Les points clés
- Dans SURMOUNT-1, environ 25 % du poids perdu sous tirzépatide était de la masse maigre.
- L’OMS recommande 150 à 300 minutes d’endurance modérée par semaine.
- Le renforcement musculaire est conseillé au moins 2 jours par semaine.
- Exercice + liraglutide a réduit la graisse corporelle deux fois plus que chacun seul (NEJM 2021).
- Avec insuline ou sulfamide, le risque d’hypoglycémie augmente : parlez-en à votre médecin.
Vous commencez Mounjaro, Ozempic ou Wegovy. Les kilos partent. Mais en montant l’escalier, vous sentez vos jambes plus lourdes qu’avant. Et vous vous demandez : faut-il faire du sport sous Mounjaro, et lequel ? La réponse courte : oui, bouger reste recommandé. Mais pas n’importe comment.
Pourquoi le sport sous Mounjaro compte autant ?
Quand on maigrit, on ne perd pas que de la graisse. On perd aussi de la masse maigre. C’est tout ce qui n’est pas de la graisse : muscles, organes, eau, os.
Les médicaments GLP-1 n’échappent pas à la règle. Dans l’étude SURMOUNT-1 (tirzépatide, le principe actif de Mounjaro), la graisse a baissé de 33,9 % en 72 semaines. La masse maigre, de 10,9 %. Au total, environ un quart du poids perdu était de la masse maigre. Une proportion proche de celle observée sous placebo.
Avec le sémaglutide (Wegovy), l’essai STEP 1 a mesuré une baisse de 19,3 % de la masse grasse et de 9,7 % de la masse maigre, sur un sous-groupe de 95 personnes.
Ces chiffres ne veulent pas dire « vous fondez du muscle ». La masse maigre n’est pas que du muscle. Mais ils expliquent pourquoi les experts insistent sur l’activité physique. Pour le volet alimentation et protéines, lisez notre guide comment préserver sa masse musculaire sous GLP-1.
Le sport améliore-t-il vraiment les résultats d’un GLP-1 ?
Une étude danoise, publiée en 2021 dans le New England Journal of Medicine, a posé la question. Les participants avaient d’abord perdu environ 13 kg avec un régime très hypocalorique. Puis, pendant un an, ils ont reçu soit de l’exercice, soit du liraglutide (une ancienne molécule GLP-1), soit les deux, soit un placebo.
Résultat : la combinaison exercice + médicament a donné la plus grande perte de poids par rapport au placebo (9,5 kg de plus). Et surtout, elle a réduit la part de graisse corporelle d’environ 3,9 points. C’est à peu près deux fois plus que l’exercice seul ou le médicament seul.
Niveau de preuve : un essai randomisé solide, mais avec le liraglutide, pas avec Mounjaro ou Ozempic. Les résultats vont dans le même sens que les recommandations, sans tout prouver pour les molécules récentes.
En 2025, quatre sociétés savantes américaines (dont The Obesity Society et l’American Society for Nutrition) ont publié un avis commun sur l’accompagnement des traitements GLP-1. Parmi leurs priorités : des apports en protéines suffisants et du renforcement musculaire pour préserver la masse maigre.
Cardio ou musculation : que privilégier sous Ozempic ou Wegovy ?
Les deux. Ce n’est pas un choix. Ils n’ont pas le même rôle.
Le cardio : pour le cœur et l’endurance
Marche rapide, vélo, natation, aquagym. C’est l’activité « d’endurance ». Elle fait travailler le cœur et les poumons. La marche reste la porte d’entrée la plus simple. Nous en parlons dans notre article sur les 5 000 à 7 000 pas quotidiens.
La musculation sous Ozempic : pour garder sa force
C’est le « renforcement musculaire ». Le principe : faire travailler un muscle contre une résistance. Ce peut être le poids du corps, des élastiques, des haltères ou des machines. C’est le levier mis en avant pour limiter la perte de masse maigre.
Inutile de soulever lourd. Se lever d’une chaise dix fois, ça compte déjà.
Combien de sport faut-il faire par semaine ?
Il n’existe pas de recommandation spécifique aux patients sous GLP-1. On applique donc les repères valables pour toute la population. Ceux de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), publiés en 2020, sont les suivants pour les adultes :
- 150 à 300 minutes par semaine d’activité d’endurance d’intensité modérée (ou 75 à 150 minutes d’intensité soutenue) ;
- 2 jours ou plus par semaine de renforcement musculaire, en sollicitant les grands groupes de muscles ;
- après 65 ans, 3 jours ou plus d’activités variées qui travaillent l’équilibre et la force, pour prévenir les chutes ;
- limiter le temps passé assis. Toute activité, même légère, vaut mieux que rien.
En France, Santé publique France (programme Manger Bouger) résume : au moins 30 minutes d’activité dynamique par jour, et du renforcement musculaire deux fois par semaine.
Comment savoir si l’intensité est « modérée » ? Vous êtes un peu essoufflé, mais vous pouvez encore parler. Si vous ne pouvez plus tenir une conversation, l’intensité est soutenue.
| Type d’activité | Exemples | Repère OMS (adultes) | Intérêt sous GLP-1 |
|---|---|---|---|
| Endurance modérée | Marche rapide, vélo, natation | 150 à 300 min/semaine | Cœur, souffle, dépense d’énergie |
| Renforcement musculaire | Élastiques, haltères, poids du corps | 2 jours ou plus/semaine | Limiter la perte de masse maigre |
| Équilibre et force (65 ans et plus) | Tai-chi, exercices sur une jambe | 3 jours ou plus/semaine | Prévenir les chutes |
| Moins de temps assis | Se lever toutes les heures, escaliers | Le plus possible | Bénéfice dès les premières minutes |
Comment reprendre le sport en douceur sous GLP-1 ?
Le début de traitement est souvent la phase la plus inconfortable.
- Commencez petit. Dix minutes de marche. Une série de mouvements simples. Puis augmentez peu à peu.
- Écoutez les jours « sans ». Les lendemains d’injection peuvent être plus difficiles chez certains. Une activité légère suffit ces jours-là.
- Ne vous entraînez pas l’estomac vide si vous ne le tolérez pas. Une collation légère peut aider. Demandez conseil à un diététicien.
- Faites-vous accompagner. Un kinésithérapeute ou un enseignant en activité physique adaptée (APA) peut construire un programme à votre mesure.
Bon à savoir : depuis un décret de 2017, un médecin peut prescrire de l’activité physique adaptée aux patients en affection de longue durée (ALD). Le remboursement n’est pas garanti au niveau national. Il dépend souvent des communes ou des mutuelles.
Si la fatigue vous freine, consultez notre guide sur la fatigue sous Mounjaro.
Diabétique sous Ozempic ou Mounjaro : attention à l’hypoglycémie pendant l’effort
L’hypoglycémie, c’est une baisse trop forte du sucre dans le sang. Signes possibles : sueurs, tremblements, faim brutale, vertiges.
Seuls, les GLP-1 en provoquent rarement. Le risque augmente quand ils sont associés à de l’insuline ou à un sulfamide hypoglycémiant (un autre médicament du diabète). La notice européenne de Mounjaro le précise. Dans les essais, une hypoglycémie notable est survenue chez 10 à 14 % des patients qui prenaient aussi un sulfamide, et 14 à 19 % de ceux sous insuline basale.
Or le sport fait lui aussi baisser la glycémie. Les conseils de l’Assurance maladie (Ameli) pour les personnes diabétiques :
- parler de votre projet sportif à votre médecin avant de commencer ;
- si vous surveillez déjà votre glycémie, la mesurer avant, pendant et après l’effort ;
- toujours avoir sur vous du sucre rapide (soda non « light », morceaux de sucre, miel) ;
- pour une sortie longue, partir avec quelqu’un qui sait reconnaître une hypoglycémie.
N’ajustez jamais seul votre insuline ou vos comprimés. C’est le rôle du médecin.
Faut-il boire plus quand on fait du sport sous Wegovy ?
Oui, l’hydratation est un point clé. Les GLP-1 réduisent souvent la sensation de soif et l’appétit. Les nausées, vomissements ou diarrhées font perdre de l’eau.
La notice de Mounjaro met en garde : ces troubles digestifs peuvent entraîner une déshydratation, avec un risque d’atteinte des reins. Les personnes âgées sont plus exposées. Ajoutez la transpiration pendant le sport, et le risque augmente.
Ameli recommande de boire avant, pendant et après l’activité. Pour aller plus loin : que boire sous Ozempic et faut-il prendre des électrolytes.
Comment savoir si vous gardez vos muscles ?
La balance seule ne dit rien de la composition du corps. Quelques repères simples :
- Votre force. Portez-vous vos courses aussi facilement ? Montez-vous les escaliers sans vous arrêter ?
- Une balance impédancemètre. Elle estime la masse grasse et la masse musculaire. C’est imprécis, mais utile pour suivre une tendance. Voir notre guide d’achat des balances impédancemètres.
Côté assiette, les protéines restent l’autre pilier. Notre guide des protéines sous GLP-1 fait le point. Et pour savoir à quoi vous attendre sur la balance : combien de kilos perd-on sous Wegovy, Mounjaro ou Ozempic.
Quand faut-il en parler à son médecin ?
Consultez rapidement si vous ressentez pendant ou après l’effort :
- une douleur ou une oppression dans la poitrine, un essoufflement inhabituel ;
- des malaises, des vertiges répétés ou des signes d’hypoglycémie ;
- une fatigue intense qui ne passe pas ;
- des vomissements ou diarrhées qui empêchent de boire ;
- une douleur abdominale forte et persistante.
Rappel réglementaire : Ozempic et Mounjaro sont autorisés dans l’Union européenne sur prescription médicale. Ozempic est indiqué dans le diabète de type 2, « en complément d’un régime alimentaire et d’une activité physique ». Wegovy et Mounjaro ont aussi une indication dans la prise en charge du poids. Le sport accompagne le traitement.
Les questions à poser à votre médecin ou pharmacien
- Mon état de santé permet-il de reprendre le sport ? Faut-il un bilan avant ?
- Avec mes autres traitements, ai-je un risque d’hypoglycémie à l’effort ?
- Dois-je surveiller ma glycémie avant et après le sport ?
- Puis-je bénéficier d’une prescription d’activité physique adaptée ?
- Quels signes doivent me faire arrêter l’effort et vous appeler ?
- Pouvez-vous m’orienter vers un kiné, un enseignant APA ou un diététicien ?
Ce qu’il faut retenir
- Sous GLP-1, environ un quart du poids perdu peut être de la masse maigre, selon l’étude SURMOUNT-1.
- Le renforcement musculaire, au moins 2 fois par semaine, est le levier recommandé pour la limiter.
- L’OMS conseille aussi 150 à 300 minutes d’endurance modérée par semaine.
- Reprenez progressivement, buvez régulièrement et adaptez l’effort aux jours difficiles.
- Diabétique sous insuline ou sulfamide ? Parlez-en à votre médecin avant de vous lancer.
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Élastiques de résistance
Pour débuter le renforcement musculaire à la maison, avec une résistance progressive et peu d’encombrement.
Haltères réglables ou en néoprène
Pour les exercices de renforcement des bras, des épaules et des jambes, en augmentant la charge petit à petit.
Gourde graduée
Pour suivre ce que vous buvez avant, pendant et après l’effort.
Tapis de sol
Pour les exercices au sol, d’équilibre et d’étirement en toute sécurité.
Questions fréquentes
Peut-on faire de la musculation sous Ozempic ?
Oui. Le renforcement musculaire est même encouragé par les sociétés savantes pour limiter la perte de masse maigre. Commencez léger et progressivement, et demandez l’avis de votre médecin si vous avez une maladie cardiaque ou un diabète traité par insuline.
Combien de séances de sport par semaine sous Mounjaro ?
Il n’existe pas de repère spécifique aux GLP-1. L’OMS recommande aux adultes 150 à 300 minutes d’endurance modérée par semaine et du renforcement musculaire au moins 2 jours par semaine.
Cardio ou musculation : que choisir sous GLP-1 ?
Les deux sont complémentaires. Le cardio entretient le cœur et l’endurance. La musculation aide à préserver la force et la masse musculaire. L’idéal est de combiner les deux au fil de la semaine.
Perd-on forcément du muscle sous Wegovy ou Mounjaro ?
Une partie du poids perdu est de la masse maigre, comme lors de tout amaigrissement. Dans SURMOUNT-1, elle représentait environ un quart du poids perdu. L’activité physique et des apports suffisants en protéines sont les leviers recommandés pour la limiter.
Le sport peut-il provoquer une hypoglycémie sous Ozempic ?
Le risque est faible avec un GLP-1 seul. Il augmente si vous prenez aussi de l’insuline ou un sulfamide hypoglycémiant. Parlez-en à votre médecin avant de commencer et gardez toujours du sucre rapide sur vous.
Faut-il boire plus quand on fait du sport sous GLP-1 ?
Oui. Les GLP-1 peuvent réduire la soif et les troubles digestifs font perdre de l’eau. La notice de Mounjaro signale un risque de déshydratation. Buvez avant, pendant et après l’effort.
Qui peut m’aider à reprendre le sport ?
Votre médecin, un kinésithérapeute ou un enseignant en activité physique adaptée (APA). Un médecin peut prescrire de l’APA aux patients en affection de longue durée, mais le remboursement n’est pas garanti partout.
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Sources
- OMS – Lignes directrices sur l’activité physique et la sédentarité (2020), NCBI Bookshelf
- Santé.fr / Santé publique France (Manger Bouger) – Augmenter l’activité physique
- Look M. et al., Body composition changes with tirzepatide in SURMOUNT-1, Diabetes Obes Metab 2025 (DOI 10.1111/dom.16275)
- Wilding J. et al., STEP 1 DXA substudy, résumé ENDO 2021
- Lundgren J.R. et al., Healthy Weight Loss Maintenance with Exercise, Liraglutide, or Both Combined, NEJM 2021 (PubMed)
- Résumé de l’essai Lundgren 2021 – McMaster Optimal Aging Portal
- The Obesity Society – Nutritional Priorities to Support GLP-1 Therapy for Obesity (avis conjoint ACLM, ASN, OMA, TOS, 2025)
- EMA – Mounjaro, résumé des caractéristiques du produit (FR)
- EMA – Ozempic, EPAR
- Ameli – Diabète et activité physique : les fondamentaux
- Ameli – Activité physique et diabète : la consultation médicale
- Vidal – Le sport sur ordonnance
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