Votre fils, votre conjointe ou un ami vous parle de « peptides » vus sur les réseaux sociaux, promis pour sécher, mincir ou bronzer ? En Islande, ce phénomène se lit désormais dans les ventes de seringues. Samedi 24 octobre, la radiotélévision publique islandaise RÚV a rapporté une « augmentation claire et significative » (traduit par nos soins) des ventes de seringues et d’aiguilles à insuline depuis le début de l’année, en lien possible avec ces injectables non réglementés.
Ce qu’il faut retenir
- Islande : hausse « claire et significative » des ventes de seringues à insuline en 2026, selon RÚV.
- Plus de 5 000 flacons de peptides de 34 types, venus de Chine, saisis par les douanes islandaises.
- Australie : 1 180 passages aux urgences liés aux peptides non autorisés en 15 mois.
- France et Belgique : peptides de recherche non autorisés chez l’humain ; BPC-157 interdit par l’antidopage.
Que se passe-t-il en Islande ?
Selon RÚV, repris dimanche par le magazine Iceland Review, des pharmacies et un grossiste en matériel médical constatent une nette hausse des ventes de seringues à insuline. Des professionnels de santé estiment que cette tendance pourrait en partie s’expliquer par l’essor des peptides injectables vendus pour la prise de muscle, la perte de poids ou le bronzage.
Un peptide, c’est une courte chaîne d’acides aminés, les briques des protéines. Certains entrent dans des médicaments autorisés, comme Ozempic. Mais ceux vendus hors des circuits officiels sont d’une autre nature : impossible de savoir ce que contient le flacon, à quelle concentration, ni s’il est stérile.
Les douanes islandaises avaient déjà donné l’alerte. En mars, elles annonçaient avoir saisi plus de 5 000 flacons de peptides illégaux, de 34 types différents, tous expédiés de Chine par la poste ou par messagerie express. Une première dans le pays, réalisée dans le cadre d’une opération coordonnée par Europol, l’office européen de police. D’après Iceland Review, les analyses chimiques n’ont pas toujours retrouvé la substance annoncée sur l’étiquette, et certains échantillons contenaient des contaminants.
Pourquoi une hausse des ventes de seringues inquiète-t-elle ?
Une seringue à insuline est fine, bon marché et vendue sans ordonnance. C’est aussi l’outil utilisé pour s’injecter ces produits. Sa hausse est donc un indicateur indirect de l’essor de l’auto-injection, au-delà des personnes diabétiques.
L’Islande n’est pas un cas isolé. En Australie, les autorités de santé de Nouvelle-Galles du Sud ont recensé 1 180 passages aux urgences liés à des peptides non autorisés entre juillet 2025 et septembre 2026. On est passé de 5 cas par mois à 217. Le rétatrutide, une molécule anti-obésité encore en essai clinique, était en cause dans 71 % des cas. Sa responsable sanitaire, Kerry Chant, a prévenu : « Un site d’apparence professionnelle, une étiquette, une promesse de pureté, des avis ou la recommandation d’un influenceur ne prouvent pas ce qu’il y a dans le produit. »
En Belgique, l’agence du médicament a elle aussi multiplié les saisies de médicaments minceur ce mois-ci.
Quels risques si un proche s’injecte ces produits ?
En France, l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) a publié le 2 juillet une mise en garde, mise à jour fin août. Elle vise notamment le rétatrutide, le TB-500, le GHK-Cu, le BPC-157 ou le NAD+. Parmi les effets signalés : nausées, vomissements, déshydratation, malaises, atteintes du foie visibles à la prise de sang, infection au point d’injection et réactions allergiques graves. L’agence est claire : « Ces risques sont plus élevés avec les produits injectables. »
À cela s’ajoutent les problèmes de qualité observés en Islande : un flacon peut contenir autre chose que prévu, une dose différente, ou des impuretés.
Qu’est-ce que ça change pour vous ?
En France comme en Belgique, ces « peptides de recherche » ne sont pas des médicaments. Ils ne sont pas autorisés chez l’humain ni remboursés. Le BPC-157 figure en outre sur la liste des substances interdites de l’Agence mondiale antidopage. Les seuls traitements de l’obésité autorisés, comme Wegovy ou Mounjaro, se prennent sur prescription et sous suivi médical.
Si un proche utilise ces produits :
- parlez-en sans le juger, et encouragez-le à consulter son médecin ou son pharmacien, même s’il ne ressent rien ;
- en cas de rougeur qui s’étend, de fièvre ou de gonflement au point d’injection, il doit consulter rapidement ; en cas d’urgence vitale, appelez le 15 (112 en Belgique) ;
- signalez tout effet indésirable sur signalement.social-sante.gouv.fr en France, ou auprès de la pharmacovigilance de l’agence fédérale du médicament en Belgique.
En Islande, Iceland Review rappelle l’existence de Frú Ragnheiður, un service mobile de réduction des risques présent à Suðurnes, qui fournit du matériel propre et des conseils confidentiels. En France, les centres d’accompagnement en réduction des risques pour les usagers de drogues jouent un rôle comparable.
Pourquoi rester prudent ?
- Qui parle ? Les constats viennent de pharmacies et de professionnels de santé cités par un média public, pas d’une étude.
- Quelle ampleur ? Il n’existe pas de données nationales sur les raisons de ces achats, et aucun chiffre de hausse n’a été communiqué.
- Quelles limites ? Une seringue vendue n’est pas forcément une injection de peptide : le lien reste une hypothèse plausible, pas une preuve.
👥 Vous êtes sous Ozempic, Wegovy ou Mounjaro ?
Rejoignez notre groupe Facebook d’entraide France & Belgique : questions, expériences, actus vérifiées, sans pub pour des médicaments.
Sources
- RÚV, « Augljós og marktæk aukning á sölu insúlínsprauta og nála », 24 octobre 2026 (source primaire)
- Iceland Review, Sales of Insulin Syringes Rise Amid Concern Over Unregulated Peptides, 25 octobre 2026
- Island.is (douanes islandaises), Large quantity of illegal peptides seized in international operation, 2 mars 2026
- ANSM, « Peptides » vendus en ligne : ne les utilisez pas, ils peuvent être dangereux (2 juillet 2026, mis à jour 31 août 2026)
- Newcastle Herald / AAP, Spike in emergency department visits due to peptide use (NSW Health), 19 octobre 2026
- The New Daily, données NSW Health, 19 octobre 2026
- Université du sport de Cologne, classe S0 de la liste AMA (BPC-157)
Article publié à titre d’information, il ne remplace pas l’avis d’un professionnel de santé. Aucun produit non autorisé ne doit être utilisé hors cadre médical. Avertissement médical.
