Vous avez vu passer une publicité pour de l’Ozempic ou du Mounjaro « sans ordonnance » sur Facebook ou TikTok ? Vous n’êtes pas seul, et les autorités belges le voient dans leurs filets. Selon des chiffres de l’Agence fédérale des médicaments (AFMPS) diffusés ce samedi 24 octobre par l’agence Belga, les saisies de médicaments antidiabétiques détournés pour maigrir ont fortement rebondi en 2026. Une hausse qui tombe quelques jours après le refus du remboursement du Mounjaro contre l’obésité en Belgique.
Ce qu’il faut retenir
- 5 185 unités d’antidiabétiques, dont des GLP-1, saisies en Belgique de janvier à septembre 2026
- C’est déjà 80 % de plus que sur toute l’année 2025 (2 869 unités)
- Ces produits représentent près de 58 % des médicaments minceur saisis, contre 18 % en 2025
- En Belgique, la vente en ligne de ces médicaments est interdite : ils ne s’obtiennent que sur ordonnance, en pharmacie
Que disent exactement les chiffres ?
L’AFMPS saisit chaque année des milliers de colis postaux contenant des médicaments illégaux. Parmi eux, une catégorie grimpe : les antidiabétiques, la famille à laquelle appartiennent les analogues du GLP-1 comme le sémaglutide (Ozempic, Wegovy) ou le tirzépatide (Mounjaro), utilisés pour perdre du poids.
- Janvier à septembre 2026 : 5 185 unités saisies.
- Toute l’année 2025 : 2 869 unités.
- Toute l’année 2024 : 6 644 unités.
Autrement dit, en neuf mois, 2026 dépasse déjà largement 2025, sans atteindre pour l’instant le niveau de 2024. Le poids de ces produits a surtout changé : ils représentent près de 58 % des médicaments amaigrissants saisis sur les neuf premiers mois de l’année, contre 18 % en 2025 et 27 % en 2024. Le reste ? Des diurétiques, des laxatifs, des hormones thyroïdiennes et des stimulants, dont la sibutramine, un coupe-faim interdit.
Pourquoi ce rebond maintenant ?
Les chiffres ne disent pas tout, mais le contexte est parlant. Le 21 octobre, le ministre fédéral de la Santé, Frank Vandenbroucke, a refusé de rembourser le Mounjaro dans l’obésité, comme cela avait déjà été le cas en juin pour le Wegovy, selon L’Avenir. La dose la plus faible de Mounjaro coûte environ 179 euros par mois. Eli Lilly, son fabricant, regrette que « l’accès en Belgique reste réservé aux patients qui peuvent financer eux-mêmes leur traitement ».
Du côté des patients, l’association Vox Obesity constate une multiplication des demandes de personnes qui cherchent ces traitements sur le marché parallèle.
« On remarque que beaucoup de personnes sont déçues que ce remboursement ne soit pas accordé. »
C’est ce qu’a déclaré Pascale Brughmans, présidente de Vox Obesity, citée par La DH (dépêche Belga). Elle déplore aussi que des personnes qui commentent publiquement ses vidéos sur le sujet « se font par la suite démarcher en privé par des arnaqueurs ».
Quels sont les risques de ces produits ?
Un stylo ou un flacon acheté hors pharmacie, c’est une loterie. L’AFMPS rappelle que ces produits sont régulièrement proposés sur des sites frauduleux et sur les réseaux sociaux, et que leur composition et leur traçabilité ne peuvent pas être garanties. Dès août 2025, l’agence prévenait que ces publicités utilisent parfois sans autorisation les logos de l’AFMPS, du SPF Santé publique ou de l’INAMI pour paraître officielles.
En France, l’ANSM a mis à jour le 7 octobre 2026 une alerte commune avec l’Agence européenne des médicaments (EMA) : les GLP-1 achetés sur internet peuvent ne pas contenir la substance annoncée, ou contenir des substances toxiques à des concentrations dangereuses. Nous avons déjà raconté le cas de flacons de « reta » sans peptide et contaminés et la saisie de 12 000 faux stylos en Angleterre.
Ce qu’on ne sait pas encore
- Quelles molécules exactement ? Selon la dépêche, les chiffres ne permettent pas de distinguer précisément les molécules : impossible de dire combien de « faux Ozempic » ou de « faux Mounjaro » figurent dans le lot.
- Combien de vrais et de faux ? Une saisie concerne un produit vendu illégalement ; cela ne dit pas s’il était authentique, sous-dosé ou contrefait.
- Le lien avec le refus de remboursement est évoqué par l’association de patients, mais aucune donnée ne le mesure à ce stade. Et une hausse des saisies peut aussi refléter davantage de contrôles.
Qu’est-ce que ça change pour vous ?
Le statut est simple. En Belgique comme en France, Ozempic, Wegovy et Mounjaro sont des médicaments autorisés, mais uniquement sur ordonnance et délivrés en pharmacie. Toute offre en ligne sans ordonnance est illégale. En France, Wegovy et Mounjaro sont remboursés depuis le 15 juin 2026 dans l’obésité sévère, sous conditions et avec une première prescription par un spécialiste de l’obésité. En Belgique, ils ne le sont pas dans cette indication.
- Ne cliquez pas, ne payez pas : signalez l’annonce (en Belgique, au point de contact officiel des consommateurs ; en France, sur Pharos).
- Vous avez déjà acheté un produit en ligne ? Ne l’utilisez pas et montrez-le à votre pharmacien ou à votre médecin.
- Le coût vous bloque ? Parlez-en à votre médecin : d’autres prises en charge de l’obésité existent, et il peut vous orienter.
Pour tout comprendre sur cette famille de médicaments, lisez notre dossier GLP-1.
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Sources
- AFMPS via Belga, « Médicaments amaigrissants : les saisies rebondissent, le marché parallèle inquiète », La DH, 24 octobre 2026
- RTBF, « Wegovy, Mounjaro : les saisies des médicaments amaigrissants se multiplient, gare au marché parallèle », 24 octobre 2026
- L’Avenir, « Médicaments amaigrissants : les saisies rebondissent, le marché parallèle inquiète », 24 octobre 2026
- AFMPS (source primaire), « L’AFMPS met en garde contre la vente illégale d’analogues du GLP-1 sur les réseaux sociaux », communiqué, 25 août 2025
- ANSM (source primaire), « Alerte sur les risques associés à l’achat sur internet d’aGLP-1 contrefaits », mise à jour du 7 octobre 2026
- L’Avenir, « Frank Vandenbroucke refuse de rembourser le Mounjaro, médicament contre l’obésité », 21 octobre 2026
- Service-public.fr, « Deux médicaments contre l’obésité remboursés depuis le 15 juin 2026 »
Article publié à titre d’information, il ne remplace pas l’avis d’un professionnel de santé. Aucun produit non autorisé ne doit être utilisé hors cadre médical. Avertissement médical.
