Vous avez déjà vu passer sur les réseaux sociaux des stylos « minceur » vendus sans ordonnance, bien moins cher qu’en pharmacie ? Mercredi 14 octobre, la police britannique en a trouvé plus de 12 000 dans un entrepôt de Birmingham, en Angleterre. L’agence britannique du médicament a révélé la saisie ce jeudi 15 octobre.
Ce qu’il faut retenir
- Plus de 12 000 faux stylos de tirzépatide et de rétatrutide saisis le 14 octobre à Birmingham
- Emballages pour environ 30 000 produits de plus, stock estimé à 2 millions de livres
- Le rétatrutide n’est autorisé nulle part : il est encore en essai clinique
- En France, l’ANSM note que 2 usages détournés sur 3 impliquent un produit obtenu hors pharmacie
Qu’a-t-on trouvé dans cet entrepôt ?
L’opération a été menée par la MHRA, le gendarme du médicament au Royaume-Uni, avec la police des West Midlands. Les enquêteurs ont saisi plus de 12 000 faux stylos injectables. Ils étaient présentés comme de la tirzépatide, la molécule du Mounjaro, ou du rétatrutide, un futur médicament anti-obésité du laboratoire Lilly encore en essai.
Ce n’est pas tout. Les policiers ont aussi trouvé de quoi emballer environ 30 000 produits de plus. Valeur estimée du stock : environ 2 millions de livres sterling, selon l’agence. Son communiqué ne mentionne aucune arrestation à ce stade.
Le responsable du renseignement de l’unité anti-fraude de l’agence, Tim Duffield, décrit un « entrepôt crasseux » sur une zone industrielle. Il met en garde : « Ces produits n’ont pas été évalués pour leur sécurité, leur qualité ou leur efficacité, et rien ne garantit ce qu’ils contiennent ni qu’ils n’ont pas été contaminés par des substances nocives » (traduit par nos soins).
Pourquoi le rétatrutide attire-t-il les trafiquants ?
Le rétatrutide fait rêver sur les réseaux sociaux, où on le surnomme « Reta ». Mais il n’est autorisé nulle part dans le monde. Lilly le teste encore dans de grands essais cliniques, et le laboratoire répète qu’on ne peut l’obtenir que dans ce cadre. « Le rétatrutide n’est pas autorisé au Royaume-Uni », insiste Tim Duffield. Hors essais, tout produit vendu sous ce nom est illégal.
Ce trafic n’est pas une première outre-Manche. En octobre 2025, l’agence avait démantelé ce qu’elle présente comme le premier atelier clandestin de médicaments minceur du pays, avec 5 000 stylos saisis. En février 2026, environ 2 000 doses prêtes à être expédiées avaient été découvertes. En mai, une descente dans une propriété à la campagne avait permis de récupérer environ 12 000 doses et d’arrêter deux personnes.
Aux États-Unis aussi, ce « Reta » du marché noir inquiète : deux morts ont été signalés à l’agence américaine du médicament, sans lien de cause à effet établi à ce jour.
Et en France ?
Le problème existe aussi chez nous. Dans son dernier rapport de surveillance des effets indésirables, publié le 7 octobre, l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) a recensé 36 cas d’effets indésirables liés à un usage détourné de ces médicaments pour maigrir, dont 17 graves. Parmi eux, cinq pancréatites aiguës, une inflammation brutale du pancréas.
Deux chiffres frappent. Dans 2 cas sur 3, le produit avait été obtenu hors des circuits officiels : internet, entourage ou étranger. Et dans plus de 9 cas sur 10, les doses étaient trop fortes ou augmentées trop vite. Nous avions détaillé ce rapport de l’ANSM à sa sortie.
Pourquoi rester prudent ?
- Contenu inconnu : l’agence britannique n’a pas publié d’analyse des stylos saisis. On ne sait pas ce qu’ils contiennent, ni à quelle dose.
- Molécule non autorisée : le rétatrutide n’a fini aucun examen par une autorité de santé. Ses effets à long terme ne sont pas connus.
- Pas de lien direct prouvé : rien n’indique à ce stade que ces stylos de Birmingham étaient destinés à la France ou à la Belgique. Mais les achats hors pharmacie existent bel et bien chez nous.
Qu’est-ce que ça change pour vous ?
En France, Wegovy et Mounjaro ne s’obtiennent que sur ordonnance. Depuis le 23 juin 2025, tout médecin peut les prescrire, selon l’ANSM. Ils sont remboursés sous conditions depuis le 15 juin 2026. En Belgique aussi, ces traitements ne sont délivrés que sur prescription. L’ANSM le résume ainsi : ces médicaments doivent « toujours être obtenus avec une ordonnance, en pharmacie, jamais sur internet ».
Quelques signaux doivent vous alerter : un vendeur qui ne demande pas d’ordonnance, un prix très inférieur à celui de la pharmacie, une vente par messagerie ou sur les réseaux sociaux, ou un produit qui n’existe pas en pharmacie, comme le rétatrutide.
Si vous avez déjà utilisé un stylo acheté hors pharmacie, ne restez pas seul. Parlez-en à votre médecin ou à votre pharmacien, sans crainte d’être jugé. Signalez tout effet indésirable sur signalement-sante.gouv.fr en France, ou auprès de l’agence fédérale des médicaments (AFMPS) en Belgique. Pour comparer les options autorisées, consultez notre comparatif des traitements GLP-1.
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Sources
- MHRA (GOV.UK), Counterfeit weight loss pens worth £2 million seized by MHRA and West Midlands Police, 15 octobre 2026
- Chemist+Druggist, Around £2m of fake weight loss jabs seized in MHRA raid, 15 octobre 2026
- Mirror via AOL, Fake weight-loss jabs worth £2m seized from ‘filthy Birmingham warehouse’, 16 octobre 2026
- ANSM, 3e rapport de pharmacovigilance sur les aGLP-1, 7 octobre 2026
- ANSM, Analogues du GLP-1 dans l’obésité : évolution des conditions de prescription (mise à jour 1er avril 2026)
- RNPC, Wegovy et Mounjaro remboursés depuis le 15 juin 2026
- Test Achats, Prescription d’Ozempic, Wegovy et Mounjaro en Belgique, 9 octobre 2025
Article publié à titre d’information, il ne remplace pas l’avis d’un professionnel de santé. Aucun produit non autorisé ne doit être utilisé hors cadre médical. Avertissement médical.
