Ozempic, Mounjaro : 1 Américain sur 5 a déjà essayé, la majorité pour maigrir

Selon un sondage du cabinet EY-Parthenon publié jeudi 22 octobre, 21 % des adultes américains ont déjà pris un GLP-1, contre 8 % en 2024, et 54 % des utilisateurs le font d'abord pour maigrir. En France, on est loin de ces niveaux.

Assiette de légumes et salade

Vous ouvrez votre placard et les biscuits apéritifs ont disparu, votre jean tombe, vous ne finissez plus votre verre de vin. Aux États-Unis, ce scénario n’a plus rien d’exceptionnel : selon un sondage publié jeudi 22 octobre par le cabinet de conseil EY-Parthenon, 21 % des adultes américains ont déjà essayé un médicament de la famille d’Ozempic ou de Mounjaro. Ils n’étaient que 8 % en 2024.

Ce qu’il faut retenir

  • 21 % des adultes américains ont déjà essayé un GLP-1 (8 % en 2024)
  • Pour la première fois, 54 % des utilisateurs le prennent d’abord pour maigrir
  • Sondage déclaratif d’un cabinet de conseil, pas une étude médicale
  • En France, plus de 840 000 patients traités en un an selon l’ANSM

Que dit ce sondage, exactement ?

Ces médicaments, appelés GLP-1 (ils imitent une hormone intestinale qui calme l’appétit), ont d’abord été conçus contre le diabète de type 2. Le basculement est net : pour la première fois, la majorité des utilisateurs américains (54 %) les prennent d’abord pour gérer leur poids, devant le diabète ou d’autres maladies.

Le cabinet a interrogé 14 883 personnes, dont 3 602 utilisateurs actuels ou passés, entre mars et mai 2026. C’est sa troisième enquête annuelle sur le sujet. Il projette qu’en 2033, 35 à 40 % des adultes américains auront pris un GLP-1 à un moment de leur vie.

Parmi les utilisateurs, les changements déclarés touchent le quotidien :

  • 63 % mangent moins de snacks sucrés, 57 % moins de snacks salés ;
  • 45 % boivent moins d’alcool et 40 % ont carrément arrêté ;
  • 72 % ont changé de taille de vêtements, et 46 % ont changé, en tout ou partie, de marques.

« Avec des prix plus abordables, un meilleur accès et une meilleure connaissance de ces traitements, les GLP-1 changent la façon dont les consommateurs vivent, font leurs courses et dépensent », résume Katie Johnson, responsable consommation et santé pour les Amériques chez EY-Parthenon (citations traduites par nos soins). Interrogé par la chaîne CBS, son collègue Don Johnson va plus loin :

« Tout le monde admet qu’il s’agit d’un changement structurel qui ne va pas disparaître. »

Ces effets sur l’alcool et sur la garde-robe rejoignent ce que les industriels observent déjà dans leurs ventes.

Pourquoi rester prudent ?

  • Qui parle : EY-Parthenon est un cabinet de conseil dont le rapport s’adresse aux industriels de l’alimentation et de la distribution. Ce n’est pas une étude médicale.
  • Déclaratif : ce sont les personnes interrogées qui disent manger ou boire moins. Rien n’a été mesuré, et le sondage ne dit rien de l’efficacité ni de la sécurité des traitements.
  • Une projection n’est pas une certitude : le chiffre de 2033 dépend des prix, du remboursement et des effets secondaires, qui peuvent évoluer.

Un regard extérieur va toutefois dans le même sens. La fondation indépendante KFF, spécialiste des questions de santé, a mesuré fin 2025 (1 350 adultes interrogés) que 18 % des Américains avaient déjà pris un GLP-1 et 12 %, soit environ 1 sur 8, en prenaient au moment de l’enquête. L’ordre de grandeur est proche. Autre élément de contexte : un accord passé l’an dernier entre l’administration Trump, Eli Lilly et Novo Nordisk a fait baisser le prix d’Ozempic et de Wegovy à 150 à 350 dollars par mois, contre environ 1 000 auparavant, selon CBS.

Et en France, ça peut arriver ?

On en est loin. L’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) estime à plus de 840 000 le nombre de patients traités par un GLP-1 en France entre février 2025 et janvier 2026, soit un peu plus d’un habitant sur cent. Les deux chiffres ne mesurent pas exactement la même chose, mais l’écart reste énorme.

Depuis le 15 juin 2026, Wegovy et Mounjaro sont remboursés à 65 % dans l’obésité, mais seulement pour les formes sévères ou massives, avec une première prescription par une structure spécialisée. Les autres patients doivent avoir une ordonnance et payer de leur poche. Dans son rapport publié le 7 octobre, l’ANSM rappelle aussi que le mésusage persiste : dans deux cas sur trois, les produits venaient d’internet, de l’entourage ou de l’étranger.

En Belgique, le ministre de la Santé Frank Vandenbroucke a refusé de rembourser Mounjaro dans l’obésité, a rapporté L’Avenir le 21 octobre, après un refus similaire pour Wegovy en juin. Seul le diabète de type 2 ouvre droit à un remboursement, sous conditions. La plus faible dose de Mounjaro coûte environ 179 euros par mois. Le pays fait aussi face à des saisies de faux médicaments minceur.

Qu’est-ce que ça change pour vous ?

Rien dans l’immédiat. Ces chiffres décrivent un marché américain, avec des prix et des règles différents. Si vous vous interrogez sur ces traitements, parlez-en à votre médecin : êtes-vous concerné au vu de votre poids et de votre santé ? Pouvez-vous être remboursé ? Quels effets secondaires surveiller, et que se passe-t-il à l’arrêt ? N’achetez jamais ces produits hors pharmacie, et signalez tout effet indésirable à votre médecin ou à votre pharmacien.

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Sources

Article publié à titre d’information, il ne remplace pas l’avis d’un professionnel de santé. Aucun produit non autorisé ne doit être utilisé hors cadre médical. Avertissement médical.

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