Votre jean tient avec une ceinture serrée au dernier cran, vos chemises flottent, vos chaussures baillent ? Si vous suivez un traitement comme Ozempic, Wegovy ou Mounjaro, vous n’êtes pas seul. Aux États-Unis, couturiers et cordonniers croulent sous les demandes de retouches, raconte une dépêche de l’agence Reuters publiée ce jeudi 22 octobre. Le même jour, le cabinet de conseil EY-Parthenon a publié un vaste sondage qui confirme le phénomène.
Ce qu’il faut retenir
- Pour la première fois, 54 % des usagers américains de GLP-1 les prennent d’abord pour maigrir (sondage EY-Parthenon publié le 22 octobre 2026).
- 72 % ont changé de taille de vêtements ; près de 8 sur 10 portent des habits qui ne leur vont plus, selon un autre sondage.
- Couturiers, cordonniers et sites de seconde main profitent du phénomène aux États-Unis.
- Environ 60 % du poids perdu revient dans l’année qui suit l’arrêt : mieux vaut attendre la stabilisation avant de tout racheter.
Que disent ces nouveaux chiffres ?
Les médicaments de la famille des GLP-1 (ils imitent une hormone de la satiété et coupent l’appétit) sont désormais pris d’abord pour maigrir. Selon EY-Parthenon, 54 % des usagers américains les utilisent avant tout pour gérer leur poids, devant le diabète et les autres maladies. C’est la première fois que cette raison devient majoritaire. Le sondage a été mené de mars à mai 2026 auprès de 14 883 personnes, dont 3 602 usagers actuels ou anciens.
Les effets sur la vie quotidienne sont nets : 72 % des usagers ont changé de taille de vêtements (vers une taille plus petite, précise CBS News) et 46 % ont changé, en tout ou partie, de marques de vêtements. Côté assiette, 63 % mangent moins de sucreries et 57 % moins de snacks salés.
« Vous perdez beaucoup de poids avec ces médicaments, donc vous devez acheter différemment », résume Don Johnson, d’EY-Parthenon, interrogé par CBS News (traduit par nos soins).
Pourquoi les couturiers sont-ils débordés ?
Environ 11 % des adultes américains prennent un GLP-1 pour maigrir, selon l’institut Gallup cité par Reuters. Un sondage de Trimi, une plateforme de téléconsultation, mené auprès de plus de 700 usagers, avance que près de 8 sur 10 portent des vêtements qui ne leur vont plus. Ils attendent en moyenne six mois avant d’en racheter. Le jean arrive en tête des plaintes, cité par 90 % d’entre eux.
Résultat : plutôt que de tout racheter, beaucoup font retoucher. Une habitante d’Atlanta interrogée par Reuters, qui a perdu environ 27 kilos en un an, a déjà dépensé au moins 300 dollars en retouches de pantalons et de jeans. Le patron de Cobblers Direct, une chaîne de cordonneries du Texas, dit raccourcir jusqu’à 500 ceintures par semaine. La seconde main profite aussi du mouvement : chez le site de revente ThredUp, 43 % des acheteurs qui partaient d’un tour de taille de jean supérieur à 28 pouces achètent désormais plus petit. Chez Stitch Fix, au moins 20 % des nouveaux clients prendraient un GLP-1.
Pourquoi rester prudent ?
- Des sondages, pas des études médicales. Les chiffres viennent d’un cabinet de conseil (EY) et d’entreprises qui ont intérêt à parler du sujet : Trimi vend des consultations pour ces traitements, ThredUp et Stitch Fix vendent des vêtements.
- Des déclarations, pas des mesures. Personne n’a pesé les participants ni vérifié leurs tailles : ce sont leurs réponses.
- Un tableau américain. Prix, accès et habitudes ne sont pas les mêmes en France ou en Belgique.
Qu’est-ce que ça change pour vous ?
Quelques réflexes de bon sens pour ne pas vider votre portefeuille :
- Attendez que votre poids se stabilise avant de renouveler votre garde-robe.
- Faites retoucher les pièces auxquelles vous tenez : un ourlet, une taille reprise ou une ceinture raccourcie coûtent bien moins cher que du neuf.
- Pensez à la seconde main, pour acheter des tailles de transition et revendre ce qui ne vous va plus.
- Ne jetez pas tout. L’arrêt du traitement s’accompagne souvent d’une reprise de poids.
Ce dernier point est solide. Une analyse de 48 études menée par des chercheurs de l’université de Cambridge, publiée en mars 2026 dans la revue eClinicalMedicine, montre qu’en moyenne environ 60 % du poids perdu revient dans l’année qui suit l’arrêt. « Quand les gens arrêtent de les prendre, ils lèvent en quelque sorte le pied du frein », explique Brajan Budini, l’un des auteurs (traduit par nos soins). Selon leurs projections, environ un quart de la perte serait conservé à long terme. Ne modifiez jamais votre traitement sans en parler à votre médecin.
En France, Wegovy et Mounjaro sont autorisés dans l’obésité. Ils sont remboursés à 65 % depuis le 15 juin 2026, mais seulement dans un cadre très restreint : obésité sévère (indice de masse corporelle d’au moins 40, ou 35 avec une maladie associée), après six mois de prise en charge nutritionnelle sans résultat suffisant, et première ordonnance par un spécialiste. Hors de ce cadre, ils restent à la charge du patient : de 146,91 à 195,10 euros par mois pour Wegovy, de 176,10 à 433,80 euros pour Mounjaro, selon le dosage. En Belgique, aucun des deux n’était remboursé dans l’obésité fin 2025, selon Test-Achats.
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Sources
- Reuters via FashionNetwork, « Ozempic wave boosts US cobblers and tailors as Americans tighten their belts », 22 octobre 2026
- EY (communiqué), EY-Parthenon GLP-1 Consumer Impact Report, 22 octobre 2026
- PR Newswire, communiqué EY-Parthenon, 22 octobre 2026
- CBS News, « More people now use GLP-1s for weight loss than for other health conditions, research finds », 22 octobre 2026
- Supermarket News, « A first: majority of GLP-1 users want weight loss », 22 octobre 2026
- Université de Cambridge, reprise de poids après l’arrêt des GLP-1 (eClinicalMedicine), 4 mars 2026
- Fréquence Médicale, Wegovy et Mounjaro remboursés à partir du 15 juin dans un cadre très restreint, 29 mai 2026
- AP-HP, médicaments contre l’obésité : le remboursement ouvre de nouvelles perspectives, mis à jour le 3 juillet 2026
- Test-Achats, prescription d’Ozempic, Wegovy et Mounjaro en Belgique, 9 octobre 2025
Article publié à titre d’information, il ne remplace pas l’avis d’un professionnel de santé. Aucun produit non autorisé ne doit être utilisé hors cadre médical. Avertissement médical.
