Immunité des hommes : elle vieillit plus tôt que celle des femmes, ce qu’il faut savoir

Publiée ce vendredi dans Nature Aging, une étude explique pourquoi le système immunitaire des hommes s'use plus tôt : leurs « soldats de réserve » disparaissent plus vite. Chez la souris, bloquer les hormones mâles a inversé la tendance.

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Vous avez passé 45 ans et vous avez l’impression d’attraper tout ce qui passe ? Une étude publiée ce vendredi 9 octobre 2026 dans la revue Nature Aging apporte une piste : chez les hommes, une partie du système immunitaire vieillit plus tôt que chez les femmes. En cause, des globules blancs « de réserve » qui disparaissent plus vite, et le rôle des hormones mâles.

Ce qu’il faut retenir

  • Étude publiée le vendredi 9 octobre 2026 dans Nature Aging, menée au Massachusetts General Hospital (Harvard).
  • Chez les mâles, les lymphocytes T « naïfs », réserve du système immunitaire, déclinent plus tôt et plus vite.
  • Chez la souris d’âge moyen, bloquer les hormones mâles a restauré ces cellules et amélioré la réponse à une immunothérapie anticancer.
  • Chez l’humain, seules des corrélations : aucun traitement hormonal n’est recommandé.

Que montre cette étude ?

L’équipe de Timothy Padera, au Massachusetts General Hospital (Harvard Medical School, Boston), s’est intéressée aux lymphocytes T naïfs. Ce sont des globules blancs qui n’ont encore jamais combattu. Ils servent de réserve : quand un nouveau microbe ou une cellule cancéreuse apparaît, c’est parmi eux que l’organisme trouve le bon « soldat ».

Chez la souris, ces cellules commencent à baisser peu après l’âge adulte. Mais chez les mâles, la chute est plus précoce et plus forte. Résultat : les ganglions lymphatiques, ces petites « casernes » où les globules blancs repèrent l’ennemi, rétrécissent plus tôt. Et les souris mâles d’âge moyen repèrent moins bien certaines tumeurs.

Deux mécanismes sont en jeu. D’abord, chez les mâles, les cellules naïves se transforment plus vite en un autre type de cellules qui vieillissent et meurent plus tôt. Ensuite, le thymus, une glande placée derrière le sternum qui fabrique ces cellules, s’atrophie plus tôt.

Et chez l’humain ?

Les chercheurs ont mesuré au scanner les ganglions des aisselles de 54 femmes et 46 hommes : ceux des hommes étaient nettement plus petits. Ils ont aussi analysé le thymus de 535 femmes et 543 hommes d’âge moyen, issus d’une grande étude suédoise. Plus le thymus est remplacé par de la graisse, moins on a de cellules naïves dans le sang. Et à âge égal, ce vieillissement du thymus est plus avancé chez les hommes.

Le thymus « continue de contribuer à l’entretien de l’immunité chez les humains d’âge moyen, quoique de façon progressivement moindre chez les hommes », écrivent les auteurs (traduit par nos soins).

C’est important, car l’âge pèse lourd dans le cancer. Selon les chercheurs, les plus de 50 ans représentent 90 % des décès par cancer, et les hommes ont près de deux fois plus de risque d’en développer un ou d’en mourir. Aux États-Unis, l’Institut national du cancer relève 171,5 décès par cancer pour 100 000 hommes, contre 126,3 pour 100 000 femmes. Les hommes et les femmes réagissent aussi différemment aux infections et aux vaccins, rappelait déjà une synthèse de référence publiée en 2016.

Faut-il bloquer les hormones mâles ?

Non. Chez la souris mâle d’âge moyen, supprimer les androgènes (les hormones mâles, comme la testostérone) a fait repousser le thymus. Les cellules naïves sont revenues dans les ganglions. Et l’immunothérapie, un traitement qui « relâche les freins » du système immunitaire contre le cancer, a mieux fonctionné. Mais l’effet n’a pas été observé chez les souris âgées.

Chez l’humain, les auteurs le reconnaissent : « les preuves directes manquent » pour savoir dans quelle mesure bloquer les androgènes peut relancer le thymus (traduit par nos soins). Bloquer ces hormones est déjà utilisé contre certains cancers, comme le cancer avancé de la prostate, mais c’est un traitement médical, pas une cure de jouvence. Méfiez-vous aussi des produits vendus en ligne comme « régénérants du thymus », y compris certains peptides : cette étude ne les a pas testés.

Pourquoi rester prudent ?

  • L’essentiel des résultats vient de souris, pas d’humains.
  • Les données humaines sont des corrélations : un lien n’est pas une preuve de cause à effet.
  • Les effets du blocage hormonal n’ont pas été testés chez l’homme dans cette étude, et le financement n’est pas détaillé dans la partie de l’article que nous avons pu consulter.

Qu’est-ce que ça change pour vous ?

Si vous êtes un homme de plus de 40 ou 50 ans, cette étude ne dit pas que vous êtes en danger. Elle rappelle que votre réserve immunitaire s’use sans bruit. D’où l’intérêt de ce qui existe déjà. Les auteurs lient la baisse des cellules naïves à une moins bonne réponse aux vaccins : être à jour de ses vaccinations compte. Et comme le système immunitaire repère moins bien les tumeurs, les dépistages prévus pour votre âge gardent tout leur sens.

En France comme en Belgique, les vaccins recommandés et les dépistages organisés dépendent de l’âge et de votre santé. Le plus simple : demandez à votre médecin ou à votre pharmacien de vérifier votre carnet de vaccination et les dépistages qui vous concernent. Ne prenez jamais d’hormones ou de « bloqueurs » de testostérone sans avis médical. Pour aller plus loin, lisez notre article sur la prise de sang qui mesure le vieillissement immunitaire.

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Sources

Article publié à titre d’information, il ne remplace pas l’avis d’un professionnel de santé. Aucun produit non autorisé ne doit être utilisé hors cadre médical. Avertissement médical.

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