Ozempic, Mounjaro et bébé : quand arrêter, peut-on allaiter ? Ce qu’il faut savoir

Publié ce vendredi, le premier avis des gynécologues américains conseille d'arrêter Ozempic, Wegovy ou Mounjaro un à deux mois avant de concevoir et de s'en passer pendant la grossesse. En revanche, une reprise pendant l'allaitement est envisageable au cas par cas, avec un suivi du poids du bébé.

Femme enceinte

Vous êtes sous Ozempic, Wegovy ou Mounjaro et vous pensez à un bébé ? Deux questions reviennent toujours : combien de temps avant faut-il arrêter, et pourra-t-on reprendre le traitement en allaitant ? Le collège américain des gynécologues-obstétriciens, la principale société savante de la spécialité aux États-Unis, vient de publier ce vendredi 23 octobre son tout premier avis de pratique sur le sujet. Ses réponses sont prudentes, mais elles ouvrent une porte pour l’allaitement.

Ce qu’il faut retenir

  • Arrêt conseillé 1 à 2 mois avant de concevoir, pas de GLP-1 pendant la grossesse.
  • Allaitement : reprise possible au cas par cas, avec suivi du poids du bébé, mais pas pour un prématuré ou un nouveau-né.
  • En Europe, la notice impose au moins 2 mois d’arrêt pour le sémaglutide (Ozempic, Wegovy) et 1 mois pour Mounjaro.
  • Toute décision se prend avec votre médecin, votre gynécologue ou votre sage-femme.

Que recommandent les gynécologues américains ?

Ces médicaments imitent une hormone digestive, le GLP-1 (pour glucagon-like peptide-1), qui coupe l’appétit et fait baisser la glycémie. Selon le site spécialisé Becker’s Hospital Review, qui a détaillé l’avis, les gynécologues américains recommandent de les arrêter un à deux mois avant de concevoir, et de ne pas les utiliser pendant la grossesse, faute de données de sécurité suffisantes.

Le texte est plus ouvert sur l’allaitement. Une femme qui a stoppé son traitement pendant la grossesse pourrait le reprendre en allaitant, après une décision prise avec son médecin. Trois conditions sont posées :

  • surveiller de près la prise de poids du bébé, en lien avec son pédiatre ;
  • ne pas y recourir si l’enfant est né prématuré ou s’il s’agit d’un nouveau-né ;
  • éviter les versions en comprimés, car les additifs qui aident le médicament à passer la barrière de l’intestin n’ont pas été évalués chez le nourrisson.

Pourquoi cette ouverture ? Les données sur l’allaitement restent maigres, mais l’avis juge peu probable que ces grosses molécules passent dans le lait maternel. Nous n’avons pas pu consulter directement le texte sur le site de l’organisation : ces points reposent sur sa reprise par Becker’s.

Et en France, que disent les notices ?

En France comme en Belgique, c’est la notice européenne, validée par l’Agence européenne des médicaments, qui fait foi. Elle va dans le même sens, avec des nuances selon le produit. Pour le sémaglutide (Ozempic, Wegovy), elle demande une contraception pendant le traitement, interdit l’usage pendant la grossesse et impose un arrêt au moins 2 mois avant une grossesse programmée, en raison de la longue durée d’action du produit. Elle déconseille aussi de l’utiliser en allaitant : chez la rate, la molécule passe dans le lait, et un risque pour le bébé « ne peut être exclu ».

Pour le tirzépatide (Mounjaro), le délai est d’au moins 1 mois. La notice est plus souple sur l’allaitement : après une dose unique, le produit était indétectable ou à des taux très faibles dans le lait, et son usage « pourrait être envisagé ». L’agence britannique du médicament retient les mêmes délais.

Attention à la pilule. La notice européenne estime que la baisse d’efficacité de la pilule observée sous Mounjaro n’est pas cliniquement importante. L’autorité australienne du médicament est plus prudente : elle conseille d’utiliser une autre méthode, non orale, ou d’ajouter un préservatif pendant 4 semaines après le début du traitement et après chaque augmentation de dose. Le plus sûr est d’en parler avec votre médecin.

Pourquoi rester prudent ?

Une grande méta-analyse (une synthèse de dix études), publiée fin septembre dans la revue Med, portant sur plus de 2,1 millions de grossesses, n’a pas trouvé de hausse nette des fausses couches ou des malformations chez les 8 325 femmes exposées autour de la conception. Mais ces études sont observationnelles : elles montrent des associations, pas une preuve. Ashifa Trivedi, pharmacienne référente pour les médicaments des nouveau-nés à l’Evelina London Children’s Hospital, résume :

« Ne pas trouver de hausse détectable des complications de grossesse après une exposition autour de la conception, ce n’est pas la même chose que démontrer que ces médicaments sont sûrs pendant la grossesse » (traduit par nos soins).
  • Chez l’animal, ces molécules ont montré une toxicité sur la reproduction.
  • Les données humaines sur l’allaitement reposent sur très peu de femmes.
  • Les règles diffèrent selon le produit et le pays : ne transposez pas un avis américain à votre cas sans avis médical.

Les questions à poser à votre médecin

Avant d’arrêter ou de reprendre quoi que ce soit, parlez-en à votre médecin, à votre gynécologue ou à votre sage-femme. Quelques questions utiles :

  • Quand dois-je arrêter mon traitement par rapport à mon projet de grossesse ?
  • Ma contraception actuelle reste-t-elle fiable avec ce médicament ?
  • Comment éviter de reprendre trop de poids entre l’arrêt et l’accouchement ?
  • Puis-je reprendre en allaitant, et qui suivra la courbe de poids de mon bébé ?

Pour mieux connaître votre traitement, consultez nos fiches sur Ozempic et Mounjaro, notre foire aux questions sur les GLP-1, ou notre dossier sur la durée du traitement. Bon à savoir : depuis le 15 juin 2026, Wegovy et Mounjaro sont remboursés à 65 % en France, mais uniquement dans l’obésité sévère et après une première prescription par un spécialiste.

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Sources

Article publié à titre d’information, il ne remplace pas l’avis d’un professionnel de santé. Aucun produit non autorisé ne doit être utilisé hors cadre médical. Avertissement médical.

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