BPC-157 sur ordonnance en ligne : 5 flacons achetés en 45 jours, ce qu’il faut savoir

Une ONG américaine a dévoilé ce mercredi 21 octobre avoir acheté cinq flacons de peptides, dont du BPC-157, via des sites de téléconsultation trouvés sur Google. Elle demande à la FDA de bloquer leur préparation en pharmacie.

Préparation d'une injection

Tapez « BPC-157 » sur Google, cliquez sur un site de téléconsultation, remplissez un questionnaire : quelques jours plus tard, un flacon injectable arrive chez vous, avec les seringues. C’est l’expérience menée aux États-Unis par une ONG américaine de sécurité des médicaments, qui l’a rendue publique ce mercredi 21 octobre, en même temps qu’une pétition adressée à l’Agence américaine du médicament (FDA). Elle lui demande de ne pas autoriser la préparation en pharmacie de sept peptides, dont le BPC-157.

Ce qu’il faut retenir

  • Cinq flacons de peptides, dont deux de BPC-157, achetés en 45 jours via des sites trouvés sur Google
  • Ordonnance fournie en ligne, livraison en Californie avec seringues et instructions d’injection
  • Une pétition déposée le 16 octobre demande à la FDA de bloquer la préparation de 7 peptides
  • En France, le BPC-157 n’est pas autorisé et sa vente pour usage humain est illégale

Qu’a réussi à acheter l’ONG ?

En 45 jours, l’équipe de Partnership for Safe Medicines (PSM) a acheté cinq flacons de peptides : deux de BPC-157, un de GHK-Cu, un de MOTS-c et un mélange CJC-1295 et ipamoréline. Sa méthode tient en une phrase : « Nous avons simplement cherché la substance sur Google et trouvé, dans les deux premières pages de résultats, des sites de télémédecine prêts à nous la vendre », écrit l’ONG (traduit par nos soins).

Pour chaque commande, un site de téléconsultation a fait établir une ordonnance par un médecin autorisé à exercer en Californie. Quatre pharmacies du Texas et de Pennsylvanie ont ensuite préparé les produits et les ont expédiés en Californie. Selon l’ONG, trois d’entre elles n’avaient aucune licence californienne qu’elle ait pu trouver, et la quatrième ne semblait pas avoir la licence exigée pour les préparations stériles. Les colis contenaient des seringues et des instructions d’injection. Aucun flacon ne portait la mention « usage de recherche uniquement », l’étiquette habituelle du marché gris.

Pourquoi cette pétition maintenant ?

Parce que Washington est en train d’ouvrir la porte. Les 23 et 24 juillet, un comité consultatif de la FDA a voté pour autoriser la préparation en pharmacie (le « compounding », c’est-à-dire la fabrication sur mesure d’un médicament par un pharmacien) de six des sept peptides examinés : BPC-157, KPV, TB-500, MOTS-c, sémax et épitalon. Seul l’émideltide a été écarté. Ce vote allait contre l’avis des scientifiques de l’agence.

Le jeudi 15 octobre, la FDA a transmis à la Maison-Blanche une « politique d’accès intérimaire ». Son contenu n’est pas public, mais elle permettrait aux pharmacies de préparer certains peptides, dont le BPC-157, sans être poursuivies. Nous avions détaillé ce plan examiné par la Maison-Blanche. Le ministre de la Santé, Robert F. Kennedy Jr, l’a défendu mardi sur Fox News au nom d’un « marché régulé », puisque, selon lui, les Américains en achèteront de toute façon.

L’ONG demande à la FDA d’interdire la préparation de ces sept peptides par toutes les voies et d’ignorer le vote de juillet, en raison de liens d’intérêts chez certains membres du comité. Une autre association, le Center for Science in the Public Interest, a fait la même demande, selon iHeart. Nous avions enquêté sur ces experts et leurs liens avec le business des peptides.

« Les seules personnes qui ont intérêt à ce que ces peptides puissent être préparés en pharmacie sont celles qui les vendent. »
Shabbir Imber Safdar, directeur exécutif de PSM (traduit par nos soins)

Pourquoi rester prudent ?

  • Qui parle ? PSM se présente comme un réseau de plus de 45 associations à but non lucratif. Mais sa liste de membres, qui paient une cotisation, inclut PhRMA, le lobby des grands laboratoires pharmaceutiques américains. L’industrie a donc tout intérêt à freiner ces produits concurrents.
  • Quelle preuve ? C’est un test d’achat sur cinq flacons, pas une étude. L’ONG n’indique pas avoir analysé leur contenu.
  • Et sur le fond ? Aucun de ces peptides n’est approuvé par la FDA. Pour le BPC-157, les données viennent surtout d’études chez l’animal : voir notre fiche BPC-157.

Qu’est-ce que ça change pour vous ?

En France, aucun médicament à base de BPC-157 n’est autorisé. En juillet, l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) a mis en garde contre ces peptides vendus en ligne, BPC-157 compris, présentés comme des médicaments « alors qu’ils n’ont pas été évalués ni autorisés ». Leur vente pour un usage humain est illégale, et à notre connaissance il en va de même en Belgique (notre dossier sur le statut du BPC-157). Le BPC-157 figure aussi sur la liste des produits interdits de l’Agence mondiale antidopage depuis 2022.

Le danger, c’est la confusion. Un site américain qui parle d’« ordonnance », de « médecin » et de « pharmacie » inspire confiance. Mais une ordonnance obtenue en ligne aux États-Unis ne rend pas le produit autorisé en France, et un colis peut être saisi à la douane. L’ANSM conseille de ne pas acheter de peptides injectables sur internet et de ne pas injecter un produit qui n’a pas été prescrit par un médecin. Si vous en avez déjà utilisé, parlez-en à votre médecin ou à votre pharmacien, surtout en cas d’effet inattendu.

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Sources

Article publié à titre d’information, il ne remplace pas l’avis d’un professionnel de santé. Aucun produit non autorisé ne doit être utilisé hors cadre médical. Avertissement médical.

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