Ozempic et chute de cheveux : pourquoi ça arrive et que faire ?

Sous Ozempic, Wegovy ou Mounjaro, certains voient leurs cheveux tomber quelques mois après le début du traitement. Ce que disent les notices et les études, combien de temps dure la chute et ce qui aide vraiment.

Ozempic et chute de cheveux : pourquoi ça arrive et que faire ?

Sous Ozempic, Wegovy ou Mounjaro, certains voient leurs cheveux tomber quelques mois après le début du traitement. Ce que disent les notices et les études, combien de temps dure la chute et ce qui aide vraiment.

Les points clés

  • Notice européenne de Wegovy : perte de cheveux chez 2,5 % des patients contre 1,0 % sous placebo.
  • Mounjaro : 4,9 à 5,7 % des participants de l’essai SURMOUNT-1, contre 0,9 % sous placebo.
  • La chute apparaît en général 2 à 4 mois après le déclencheur (perte de poids rapide).
  • Étude BMJ 2026 : risque relatif plus élevé, mais environ 7 cas pour 1 000 personnes par an.
  • La plupart des patients récupèrent, souvent sans arrêter le traitement.

Vous passez la main dans vos cheveux et elle ressort avec une mèche. Le bac de douche se remplit. Vous êtes sous Ozempic, Wegovy ou Mounjaro depuis quelques mois, et vous tapez « Ozempic cheveux » dans Google. Cette chute est bien réelle, et elle figure dans les notices. Mais elle est le plus souvent passagère.

Ozempic fait-il vraiment tomber les cheveux ?

Dans la notice européenne de Wegovy (sémaglutide, la même molécule qu’Ozempic, à dose plus forte, pour l’obésité), la « perte de cheveux » est listée parmi les effets indésirables. Les chiffres des essais : 2,5 % des patients sous sémaglutide contre 1,0 % sous placebo. Soit environ 1 personne sur 40, contre 1 sur 100 sans traitement actif. Dans les essais STEP UP, avec la dose de 7,2 mg, on monte à 5,3 %. La notice précise que les cas étaient surtout légers, que la plupart des patients ont récupéré sans arrêter le traitement, et que la perte de cheveux était plus fréquente chez ceux qui avaient perdu au moins 20 % de leur poids.

La notice européenne de Mounjaro (tirzépatide) mentionne aussi la perte de cheveux, surtout chez les personnes en surpoids ou obèses. Selon Lilly, c’est un effet « courant », c’est-à-dire entre 1 % et 10 % des patients. Dans l’essai SURMOUNT-1, entre 4,9 % et 5,7 % des participants sous tirzépatide ont signalé une chute de cheveux, contre 0,9 % sous placebo.

Et Ozempic, prescrit dans le diabète de type 2 ? Sa notice européenne ne liste pas la chute de cheveux. Aux États-Unis, en revanche, la FDA (l’agence américaine du médicament) a fait ajouter l’alopécie à la rubrique « effets indésirables » d’Ozempic, de Mounjaro et d’autres GLP-1 entre décembre 2024 et mai 2025.

Pourquoi les femmes semblent plus touchées

La notice américaine de Zepbound (le nom du tirzépatide dans l’obésité aux États-Unis) le dit clairement : la chute de cheveux a été signalée chez 7,1 % des femmes traitées, contre 1,3 % sous placebo. Chez les hommes : 0,5 % contre 0 %. Aucun patient n’a arrêté le traitement à cause de ses cheveux.

Pourquoi les cheveux tombent sous GLP-1 ?

Le principal suspect : l’effluvium télogène. Un nom barbare pour un mécanisme simple.

Un cheveu vit par cycles. La plupart du temps, il pousse (phase « anagène »). Puis il se met au repos (phase « télogène ») avant de tomber. Normalement, 85 à 90 % des cheveux sont en croissance. On en perd environ 100 par jour. Mais un choc pour l’organisme peut faire basculer d’un coup beaucoup de cheveux en phase de repos. Parmi ces chocs : une perte de poids importante, un changement brutal d’alimentation, une carence en fer, une opération, une forte fièvre. La chute peut alors grimper à environ 300 cheveux par jour.

Le piège, c’est le délai. Les cheveux ne tombent pas tout de suite. La chute apparaît en général deux à quatre mois après le déclencheur.

Avec un GLP-1, plusieurs facteurs s’additionnent. Vous mangez moins, parfois beaucoup moins. Vous maigrissez vite. Votre apport en protéines, en fer ou en zinc peut baisser sans que vous vous en rendiez compte. Or le site officiel Santé.fr cite justement les carences (fer, zinc, magnésium, calcium) et les régimes extrêmes parmi les causes de chute diffuse.

Le médicament lui-même est-il en cause ?

Le débat n’est pas tranché. En juillet 2026, une étude publiée dans le BMJ par une équipe de l’université de Pennsylvanie a comparé près de 40 000 adultes diabétiques. Résultat : les utilisateurs de GLP-1 avaient un risque d’alopécie 37 % plus élevé que ceux sous gliflozines (SGLT-2) et 68 % plus élevé que ceux sous gliptines (DPP-4), après prise en compte de l’âge et du poids. Mais en chiffres absolus, cela reste rare : environ 7 cas pour 1 000 personnes par an, contre 4 à 5 pour 1 000 avec les autres traitements. Les chercheurs jugent la perte de poids et la baisse des apports caloriques comme l’explication la plus probable. C’est une étude observationnelle : elle montre un lien, pas une cause.

Au congrès européen de dermatologie (EADV) d’octobre 2026, une équipe impliquant des chercheurs français a présenté des données sur 575 utilisateurs de GLP-1. Nous avons détaillé ces résultats dans notre article sur l’étude EADV 2026 sur les cheveux et les ongles. Point notable : la chute s’accompagnait souvent de démangeaisons ou de rougeurs du cuir chevelu, ce qui fait évoquer une piste inflammatoire. Ce sont des données déclarées par les patients.

À lire aussi : Protéines sous Ozempic, Wegovy ou Mounjaro : combien en manger, quelles poudres choisir ?

Est-ce que les cheveux repoussent après Ozempic ?

Dans la grande majorité des cas, oui. L’effluvium télogène ne détruit pas le follicule, la petite poche d’où sort le cheveu. Il le met en pause.

Selon Santé.fr, la chute dure en général trois à quatre mois, avec une repousse complète et spontanée. Selon Harvard Health, la plupart des cas se règlent en six à neuf mois.

L’étude du BMJ va dans le même sens : le lien concernait les alopécies « non cicatricielles », celles où le follicule reste intact et où le cheveu peut repousser. Elle n’a toutefois pas pu mesurer la durée ni la repousse.

Faut-il arrêter le traitement ? Pas de vous-même. La notice de Wegovy indique que la plupart des patients ont récupéré en poursuivant le traitement. C’est une décision à prendre avec votre médecin, en pesant le bénéfice du traitement.

Que faire contre la chute de cheveux sous Ozempic, Wegovy ou Mounjaro ?

1. En parler à votre médecin

C’est la première étape. Il vérifiera que la chute n’a pas une autre cause (thyroïde, carence, stress) et pourra prescrire une prise de sang si besoin. Le traitement est sur ordonnance en France comme en Belgique : votre prescripteur doit être informé de ce qui vous arrive.

2. Soigner votre assiette, surtout les protéines

Les sociétés savantes américaines de nutrition et d’obésité ont publié en 2025 un avis commun. Il insiste sur un bilan nutritionnel au départ, la prévention des carences en micronutriments et un apport suffisant en protéines pendant un traitement GLP-1. Notre guide que manger sous GLP-1 donne des idées concrètes. Pour les quantités, un(e) diététicien(ne) peut vous aider à ajuster.

3. Ménager vos cheveux

Santé.fr recommande d’éviter les coiffures qui tirent et de limiter les traitements agressifs (permanentes, colorations, défrisages). Cela n’arrête pas un effluvium. Mais cela évite de casser en plus les cheveux qui restent.

Encadré pratique : votre routine « cheveux fragiles »

  • Démêlez sur cheveux humides, des pointes vers les racines.
  • Évitez les queues-de-cheval serrées et les tresses tendues.
  • Espacez colorations et lissages pendant la phase de chute.
  • Notez la date de début de la chute : cela aidera le médecin.

Ce qui ne marche pas (ou pas prouvé)

La chute de cheveux sous GLP-1 est devenue un marché.

  • La biotine sans carence. Une revue publiée en 2017 dans Skin Appendage Disorders conclut qu’il n’y a pas assez de preuves pour recommander la biotine chez les personnes en bonne santé. Elle aide surtout en cas de carence, qui est rare. Autre problème : la FDA a averti que de fortes doses de biotine peuvent fausser certaines analyses de sang, dont le dosage de la troponine utilisé pour diagnostiquer un infarctus. Certains compléments « cheveux » en contiennent jusqu’à 100 mg, pour un besoin quotidien de 0,03 mg.
  • Les cures « spécial GLP-1 ». Aucune étude ne montre qu’un complément empêche l’effluvium télogène sous traitement. Si une carence est prouvée par une prise de sang, c’est au médecin de la corriger.
  • Les « peptides » vendus en ligne. Les peptides cosmétiques sont un autre sujet (voir notre guide peptides et chute de cheveux). Les injectables vendus « pour la recherche » ne sont pas des médicaments : à fuir.

Quand consulter un dermatologue ?

Un avis spécialisé est utile si :

  • la chute se fait par plaques et non de façon diffuse (Santé.fr cite la pelade et la teigne) ;
  • votre cuir chevelu démange, rougit ou pèle ;
  • la chute dure plus de six mois ;
  • vous voyez une raie qui s’élargit ou des golfes qui se creusent, signes possibles d’une alopécie androgénétique, que la perte de poids peut révéler.

Le dermatologue pourra poser un diagnostic. Selon la cause, il peut conseiller un traitement local comme le minoxidil, à utiliser seulement sur avis d’un professionnel de santé.

Récapitulatif : ce que disent les données

SourceMédicamentChute de cheveuxComparaison
Notice européenne (EMA)Wegovy (sémaglutide)2,5 %1,0 % sous placebo
Notice européenne, essais STEP UPWegovy 7,2 mg5,3 %1,0 % sous placebo
Lilly, essai SURMOUNT-1Mounjaro (tirzépatide)4,9 à 5,7 %0,9 % sous placebo
Notice américaine (FDA)Zepbound, femmes7,1 %1,3 % sous placebo
Notice européenne (EMA)Ozempic (diabète)Non listéeAjoutée à la notice américaine (2024-2025)
BMJ, juillet 2026GLP-1 (diabète)~7 cas / 1 000 / an4 à 5 / 1 000 avec d’autres antidiabétiques

Les questions à poser à votre médecin ou pharmacien

  • Ma chute de cheveux peut-elle venir du traitement, ou d’autre chose ?
  • Faut-il faire une prise de sang (fer, ferritine, thyroïde) ?
  • Mon rythme de perte de poids est-il trop rapide ?
  • Est-ce que je mange assez de protéines ? Puis-je voir un(e) diététicien(ne) ?
  • À partir de quand dois-je consulter un dermatologue ?

Ce qu’il faut retenir

  • La chute de cheveux figure dans les notices de Wegovy et de Mounjaro : elle touche quelques patients sur 100.
  • Elle est surtout liée à la perte de poids rapide (effluvium télogène) et apparaît 2 à 4 mois après le début.
  • Elle est en général passagère : repousse en quelques mois, souvent sans arrêter le traitement.
  • Ne stoppez pas votre traitement seul : parlez-en à votre médecin.
  • Misez sur les protéines, une alimentation variée et des soins doux, pas sur les compléments miracles.

Notre sélection pour prendre soin de vos cheveux

Cette sélection contient des liens affiliés Amazon : si vous achetez via ces liens, le site touche une petite commission, sans surcoût pour vous. En tant que Partenaire Amazon, nous réalisons un bénéfice sur les achats remplissant les conditions requises.

Brosse démêlante douce

Démêler sans tirer limite la casse des cheveux fragilisés pendant une phase de chute.

Voir les offres sur Amazon

Shampoing doux usage fréquent

Un lavage sans agresser le cuir chevelu, dans l’esprit des conseils de Santé.fr (éviter les traitements agressifs).

Voir les offres sur Amazon

Protéines en poudre et shaker

Un appoint pratique quand l’appétit est réduit, à intégrer à une alimentation variée et à discuter avec un(e) diététicien(ne).

Voir les offres sur Amazon

Taie d’oreiller en soie ou satin

Une surface lisse qui limite les frottements la nuit. Confort uniquement : aucun effet sur la chute elle-même.

Voir les offres sur Amazon

Questions fréquentes

Ozempic fait-il perdre ses cheveux ?

Cela peut arriver. La notice européenne d’Ozempic (diabète) ne liste pas cet effet, mais celle de Wegovy, la même molécule à plus forte dose, l’indique chez 2,5 % des patients contre 1,0 % sous placebo. Aux États-Unis, l’alopécie a été ajoutée à la notice d’Ozempic entre 2024 et 2025.

Combien de temps après le début du traitement les cheveux tombent-ils ?

En cas d’effluvium télogène, la chute apparaît en général deux à quatre mois après le déclencheur, ici la perte de poids rapide ou la baisse des apports alimentaires.

Les cheveux repoussent-ils ?

Dans la grande majorité des cas, oui. Le follicule n’est pas détruit. La chute dure souvent trois à quatre mois, et la plupart des cas se règlent en six à neuf mois. La densité revient progressivement.

Faut-il arrêter Ozempic, Wegovy ou Mounjaro si je perds mes cheveux ?

Pas de vous-même. La notice de Wegovy indique que la plupart des patients ont récupéré en poursuivant le traitement. Parlez-en à votre médecin, qui pourra chercher une autre cause et ajuster si besoin.

La biotine aide-t-elle contre la chute de cheveux sous GLP-1 ?

Pas si vous n’avez pas de carence, ce qui est rare. Les preuves manquent chez les personnes en bonne santé. Et à forte dose, la biotine peut fausser certaines analyses de sang, selon la FDA.

Mounjaro fait-il plus tomber les cheveux que Wegovy ?

Dans les essais, les chiffres sont un peu plus élevés pour le tirzépatide (4,9 à 5,7 % dans SURMOUNT-1) que pour le sémaglutide 2,4 mg (2,5 %). Mais ces essais ne sont pas directement comparables, et les pertes de poids diffèrent.

Quand consulter un dermatologue ?

Si la chute se fait par plaques, si le cuir chevelu démange ou rougit, si elle dure plus de six mois ou si votre raie s’élargit nettement. Le dermatologue posera un diagnostic et proposera, si besoin, un traitement adapté.

👥 Vous êtes sous Ozempic, Wegovy ou Mounjaro ?

Rejoignez notre groupe Facebook d’entraide France & Belgique : questions, expériences, actus vérifiées, sans pub pour des médicaments.

Rejoindre le groupe

Sources

Article publié à titre d’information, il ne remplace pas l’avis d’un professionnel de santé. Aucun produit non autorisé ne doit être utilisé hors cadre médical. Avertissement médical.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Retour en haut