Peptides : labo clandestin présumé en Australie, deux inculpés dont un ancien rugbyman

Deux hommes ont été inculpés en Australie dans une enquête sur un laboratoire clandestin présumé de peptides, dont un ancien rugbyman qui conteste les faits. Les urgences de l'État signalent une forte hausse des passages liés à ces produits, que l'ANSM déconseille aussi en France.

Médicaments en comprimés et gélules

La police de Nouvelle-Galles du Sud l’a annoncé ce mercredi 4 novembre. Deux hommes ont été inculpés dans une enquête sur un laboratoire clandestin présumé de peptides, en Australie. L’un est un ancien joueur australien de rugby à XIII, âgé de 37 ans. Ce sont des accusations. Son avocat annonce qu’il plaidera non coupable. Dans le même État, les passages aux urgences qui mentionnent ces produits sont en forte hausse. Alors, que risquent ceux qui en achètent ?

Ce qu’il faut retenir

  • Perquisition à Shell Cove le 24 juillet ; arrestations le 14 août et le 3 novembre ; audience le 24 novembre à Wollongong.
  • Ce sont des accusations : l’ex-joueur de 37 ans plaidera non coupable, selon son avocat. Peptides en cause non précisés.
  • NSW Health : 1 180 passages aux urgences en 15 mois, de 5 à 217 par mois, 18 % d’hospitalisations, sans preuve de causalité.
  • En France, l’ANSM rappelle que ces produits ne sont pas autorisés et demande de ne pas les utiliser.

Que reproche la police ?

L’enquête a été lancée en juillet 2026, avec l’appui de la TGA, l’autorité australienne du médicament. Elle vise la fabrication et la distribution illégales présumées de peptides.

Le 24 juillet, les policiers perquisitionnent à Shell Cove, au sud de Wollongong. Ils disent y avoir trouvé une installation clandestine et de grandes quantités de substances réglementées. Les peptides en cause ne sont pas précisés.

Un homme de 39 ans est arrêté le 14 août. Il est poursuivi pour quatre chefs de fabrication. Son dossier a depuis été clos devant le tribunal, selon la police. L’issue n’est pas indiquée.

L’ancien joueur est arrêté le 3 novembre, puis libéré sous caution. La police lui reproche la participation à un groupe criminel et cinq chefs de fabrication. ABC, le média public australien, compte quatre chefs de fabrication. Nous suivons ici la police. Il doit comparaître le 24 novembre à Wollongong.

Son avocat, Paul McGirr, réclame les pièces de l’accusation :

« Nous demanderons le dossier de l’accusation, et nous verrons ensuite. » (traduit par nos soins)

L’intitulé des chefs évoque des produits ayant causé « un préjudice ou une blessure ». Aucune des sources consultées n’identifie pourtant de personne blessée.

Que montrent les urgences ?

Les chiffres viennent de NSW Health, l’autorité sanitaire de l’État. Publication : octobre.

  • 1 180 passages aux urgences entre le 1er juillet 2025 et le 30 septembre 2026, chez les 16 ans et plus.
  • De 5 à 217 par mois entre juillet 2025 et septembre 2026.
  • 18 % ont abouti à une hospitalisation.
  • 71 % mentionnent le rétatrutide, une molécule toujours en essai et non autorisée.

Les motifs les plus fréquents : douleurs abdominales, nausées, vomissements, douleurs thoraciques et réactions allergiques. Les médecins signalent aussi des atteintes du rein et du foie.

La Dre Kerry Chant, médecin-cheffe de l’État, prévient :

« Un site d’apparence professionnelle, une étiquette, une allégation de pureté, des avis ou la recommandation d’un influenceur ne prouvent pas ce que contient le produit. » (traduit par nos soins)

Pourquoi rester prudent ?

  • Rien n’est jugé. L’ancien joueur conteste les faits et reste présumé innocent. L’issue du dossier du coaccusé n’est pas connue.
  • Aucun lien n’est établi. Rien, dans les sources, ne relie le site de Shell Cove aux passages aux urgences.
  • Les données ont des limites. Elles reposent sur des mentions notées au triage. NSW Health précise qu’elles ne prouvent pas que le peptide a causé la venue aux urgences. Certains cas ont aussi pu échapper au comptage.

Qu’est-ce que ça change pour vous ?

Le premier risque est sanitaire. Selon NSW Health, le produit peut contenir trop, trop peu, ou rien du tout de ce qui est annoncé. Il peut contenir autre chose et ne pas être stérile.

Le risque est aussi légal, selon les pays. En Australie, importer, fabriquer ou fournir ces produits est illégal. La TGA indique avoir déjà infligé 3 756 dollars d’amende à un particulier soupçonné d’avoir importé un peptide, après plusieurs avertissements.

Pourquoi ce cas compte en France ? Parce que les mêmes produits y sont visés. Dans une alerte du 2 juillet, mise à jour le 31 août, l’ANSM cite le rétatrutide, le BPC-157, le TB500 ou le GHK-Cu. Ces produits, écrit-elle, « n’ont pas été évalués par les autorités de santé et ne sont pas autorisés ». L’agence rapporte aussi des hospitalisations après usage de rétatrutide, et a ordonné le retrait de produits. L’alerte porte sur la santé : elle ne détaille pas de sanction pour l’acheteur.

En Belgique, la vente en ligne de médicaments est interdite, rappelait la RTBF le 24 octobre, en citant l’AFMPS, l’agence du médicament. Sur ces peptides, nous n’avons pas trouvé de texte de l’agence elle-même. Selon le site italien FPress, en juin, elle soulignait que la mention « usage de recherche » ne dispense pas des règles sur l’importation, la vente et la détention.

Le phénomène ne se limite pas à l’Australie : lisez notre enquête en Islande.

Vous avez acheté ou utilisé l’un de ces produits ? L’ANSM demande d’arrêter et de consulter rapidement en cas d’effet indésirable, même tardif. En cas d’urgence vitale : le 15 ou le 18. Pour tout projet de perte de poids, de performance ou de récupération, parlez-en à votre médecin ou à votre pharmacien.

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Sources

Article publié à titre d’information, il ne remplace pas l’avis d’un professionnel de santé. Aucun produit non autorisé ne doit être utilisé hors cadre médical. Avertissement médical.

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