BPC-157 et peptides « bien-être » : les États-Unis prépareraient une vente temporaire

Selon le Washington Post, l'administration Trump prépare depuis ce mercredi 7 octobre une mesure provisoire pour laisser des pharmacies vendre des peptides interdits. Les scientifiques de la FDA jugent les preuves insuffisantes.

Préparation d'une injection

Vous avez sans doute vu passer sur Instagram ou TikTok des vidéos qui vantent le BPC-157, le TB-500 ou le MOTS-c, ces « peptides » injectables censés réparer les tendons, faire fondre le gras ou freiner le vieillissement. Aux États-Unis, certains pourraient bientôt sortir de la zone grise. Selon le Washington Post, qui a révélé l’information ce mercredi 7 octobre, l’administration Trump prépare une solution provisoire pour permettre à des pharmacies de vendre certains peptides jusqu’ici interdits, le temps d’écrire de nouvelles règles.

Ce qu’il faut retenir

  • Révélé le 7 octobre par le Washington Post : plan non officiel, peptides concernés inconnus
  • En juillet, un comité de la FDA a voté de justesse (8 contre 6 pour BPC-157, KPV, TB-500) pour six peptides
  • Les scientifiques de la FDA jugent les essais du BPC-157 trop courts et trop petits
  • Aucun de ces peptides n’est autorisé comme médicament dans l’UE ; BPC-157 interdit par l’AMA depuis 2022

Que prépare exactement l’administration américaine ?

D’après le quotidien, qui cite deux personnes au fait du dossier, il s’agirait d’une mesure transitoire. Des pharmacies dites « de préparation », qui fabriquent des médicaments sur mesure à partir d’une ordonnance, pourraient temporairement préparer certains peptides restreints. Le plan n’a pas été annoncé officiellement, son calendrier reste flou et il peut encore changer. Le ministère américain de la Santé n’a pas fait de commentaire, rapporte Becker’s Hospital Review. Surtout, on ne sait pas encore quels peptides seraient concernés.

Le contexte, lui, est connu. Fin juillet, un comité consultatif de la FDA, l’agence américaine du médicament, a voté de justesse pour ajouter six peptides à la liste des substances que ces pharmacies peuvent utiliser : BPC-157, KPV, TB-500, MOTS-c, Semax et Epitalon. Pour les trois premiers, le score était de 8 voix contre 6, avec une abstention. Un septième, l’émideltide, a été rejeté. Ce vote n’oblige pas la FDA, qui doit normalement passer par une procédure de réglementation pouvant prendre jusqu’à un an.

L’association professionnelle de ces pharmacies, l’Alliance for Pharmacy Compounding, demande justement à la FDA de fermer les yeux temporairement, avec des garde-fous : information renforcée des patients, déclaration des effets indésirables graves et collecte de données sur l’usage. Le ministre de la Santé, Robert F. Kennedy Jr., se présente lui-même comme un grand amateur de peptides.

Est-ce que les experts y croient ?

Pas vraiment. Avant le vote, les scientifiques de la FDA avaient estimé que les preuves de sécurité et d’efficacité étaient insuffisantes. Pour le BPC-157, les évaluateurs de l’agence ont jugé ses cinq essais chez l’humain trop courts et trop petits pour conclure. Après le vote, deux organismes indépendants de sécurité des patients, l’ECRI et l’ISMP, ont prévenu que ces lacunes restaient entières.

« Ce n’est pas parce qu’un marché est important qu’un produit doit être légalisé », a résumé Adriane Fugh-Berman, professeure à l’université de Georgetown, lors des débats de juillet (traduit par nos soins).

La qualité des produits pose aussi question. Russell Wesdyk, responsable au centre d’évaluation des médicaments de la FDA, l’a dit sans détour pendant la réunion : « Si vous ne savez pas ce que c’est et que je ne sais pas ce que c’est, comment est-ce que je l’inscris sur la liste ? »

Pourquoi rester prudent ?

  • C’est une information de presse fondée sur des sources anonymes : rien n’est officiel, et la liste des peptides concernés n’est pas connue.
  • Le niveau de preuve reste faible : surtout des études chez l’animal et quelques petits essais courts chez l’humain.
  • Une tolérance réglementaire n’est pas une preuve d’efficacité ni de sécurité : ce serait une décision politique et administrative, pas scientifique.

Qu’est-ce que ça change pour vous ?

En France et en Belgique, rien pour l’instant. Aucun de ces six peptides n’est autorisé comme médicament dans l’Union européenne, et une décision américaine ne s’applique pas chez nous. Pour les sportifs, le BPC-157 figure en outre sur la liste des substances interdites de l’Agence mondiale antidopage depuis 2022. Notre fiche BPC-157 fait le point sur ce que dit la science.

Le vrai risque est ailleurs : qu’un feu vert américain soit présenté sur les réseaux sociaux comme une preuve que « ça marche » et que « c’est sans danger ». Les flacons vendus en ligne avec la mention « pour la recherche uniquement » ne deviennent pas légaux pour autant. Santé Canada rappelait en avril que ces produits peuvent contenir de mauvais ingrédients, être contaminés par des bactéries, des métaux lourds ou des solvants, et provoquer infections et réactions allergiques.

Si vous envisagez un peptide pour une douleur, une blessure ou pour vieillir mieux, parlez-en à votre médecin ou à votre pharmacien, qui pourra vous orienter vers des traitements évalués. Et si vous avez déjà utilisé un tel produit et ressentez un effet inhabituel, consultez sans attendre et signalez-le sur le portail officiel signalement-sante.gouv.fr. Pour mieux comprendre ces molécules, consultez notre dossier peptides.

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Sources

Article publié à titre d’information, il ne remplace pas l’avis d’un professionnel de santé. Aucun produit non autorisé ne doit être utilisé hors cadre médical. Avertissement médical.

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