Maigrir sous Wegovy sans perdre ses muscles : un traitement expérimental à l’essai

Quand on maigrit sous Wegovy, on perd aussi du muscle. Ajouté au traitement, un anticorps expérimental a réduit cette perte de 42 % en un an. Mais il n'est autorisé nulle part et ne fait pas maigrir davantage.

Sport et musculation

C’est l’une des grandes inquiétudes des personnes sous Wegovy ou Mounjaro : perdre du muscle en même temps que la graisse. Le laboratoire américain Regeneron a présenté le 1er octobre, au congrès européen du diabète (EASD) à Milan, les résultats à un an de l’essai COURAGE. Ajouté au sémaglutide, son anticorps expérimental trevogrumab a réduit de 42 % la perte de masse maigre, sans pour autant faire maigrir davantage.

Ce qu’il faut retenir

  • Essai de phase 2 COURAGE (Regeneron) : 975 participants au total, présenté à l’EASD le 1er octobre 2026.
  • Sous sémaglutide 2,4 mg seul, la masse maigre a baissé de 7,3 % en un an ; de 4,2 % avec trevogrumab 75 mg (42,5 % de masse maigre préservée).
  • À 25 mg, l’effet est plus modeste (5,8 %) ; à l’IRM, la perte de muscle de la cuisse est réduite d’environ 69 à 72 %.
  • Le trevogrumab n’augmente pas la perte de poids obtenue avec le sémaglutide seul.
  • Produit expérimental, non autorisé ; publication annoncée dans The Lancet.

Un anticorps contre la myostatine

Le trevogrumab est un anticorps monoclonal qui bloque la myostatine, une protéine qui freine naturellement la croissance des muscles. L’idée est simple : neutraliser ce frein pendant la perte de poids induite par un GLP-1, pour que l’organisme puise davantage dans la graisse et moins dans le muscle. Précision utile : il ne s’agit pas d’un peptide, mais d’une grosse protéine fabriquée par biotechnologie, injectée en complément du sémaglutide.

L’essai COURAGE, de phase 2, a inclus 975 participants au total. La partie présentée à Milan porte sur 376 personnes suivies pendant un an, réparties en trois groupes : sémaglutide 2,4 mg (la dose de Wegovy) associé à un placebo, sémaglutide associé à 25 mg de trevogrumab, et sémaglutide associé à 75 mg de trevogrumab. Ces doses sont celles testées dans l’essai et ne valent pas recommandation.

Les chiffres de l’essai COURAGE

Au bout de 52 semaines, les participants traités par sémaglutide et placebo avaient perdu 7,3 % de leur masse maigre. Avec la dose de 75 mg de trevogrumab, cette perte tombe à 4,2 %, ce qui correspond, selon Regeneron, à 42,5 % de masse maigre préservée. Avec 25 mg, la perte est de 5,8 %, soit 20,5 % de préservation, un résultat que le site Medical Daily décrit comme non statistiquement significatif.

Une sous-étude par IRM, menée chez 76 participants, a mesuré directement le volume musculaire des cuisses. Avec l’une ou l’autre dose de trevogrumab, la perte de muscle y était réduite d’environ 69 à 72 % par rapport au sémaglutide seul. Regeneron indique aussi que les participants présentant une sarcopénie (une masse et une force musculaires déjà diminuées) perdaient davantage de masse maigre sous sémaglutide seul, et bénéficiaient d’une meilleure préservation avec l’anticorps.

En revanche, le laboratoire reconnaît que le trevogrumab à faible dose n’a pas amélioré de façon notable la perte de poids obtenue avec le sémaglutide seul. Autrement dit, la balance affiche à peu près la même chose : c’est la composition des kilos perdus qui change.

Tolérance : pas de signal majeur à ce stade

Selon Regeneron, 77 % des participants sous trevogrumab à faible dose ont présenté au moins un effet indésirable, contre 82 % sous placebo. Les plus fréquents étaient les troubles digestifs déjà connus avec le sémaglutide : nausées, constipation, diarrhée, vomissements. Les données complètes, notamment sur les arrêts de traitement, devront être examinées dans la publication, annoncée comme acceptée par The Lancet.

« COURAGE a démontré que le trevogrumab peut préserver la masse maigre et le muscle pendant la perte de poids induite par le sémaglutide », a déclaré le Dr Julio Rosenstock, investigateur principal de l’essai, dans le communiqué de Regeneron. Le laboratoire prévoit un nouvel essai de phase 2 chez des personnes âgées obèses dont la masse et la force musculaires sont déjà réduites, la population où l’enjeu est le plus important.

Ce que ça change en France et en Belgique

  • Rien dans l’immédiat : le trevogrumab est un produit expérimental, disponible uniquement dans le cadre d’essais cliniques, et n’est autorisé dans aucun pays.
  • Le niveau de preuve reste celui d’une phase 2 : une confirmation en phase 3, sur des critères fonctionnels (force, chutes, autonomie), sera nécessaire.
  • La question de la fonte musculaire sous GLP-1 est réelle mais nuancée, comme le montre la méta-analyse de 2026 sur la masse musculaire.
  • En attendant, les recommandations restent l’activité physique, notamment le renforcement musculaire, et des apports suffisants en protéines, à discuter avec son médecin : voir notre guide pour préserver sa masse musculaire sous GLP-1.

Pour suivre les traitements en développement, consultez notre page nouveaux traitements GLP-1.

Sources

Article publié à titre d’information, il ne remplace pas l’avis d’un professionnel de santé. Aucun produit non autorisé ne doit être utilisé hors cadre médical. Avertissement médical.

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