Foundayo, la pilule anti-kilos de Lilly, pourrait-elle aussi éloigner le diabète ?

Une analyse associe la pilule Foundayo à un risque de diabète de type 2 réduit de plus de moitié (57 %) à dix ans. Attention : c'est une estimation calculée, aucun cas de diabète réellement évité n'a été compté.

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Moins 57 % de risque de diabète : le chiffre a de quoi frapper. Eli Lilly a publié le 1er octobre une nouvelle analyse de l’essai ATTAIN-1, celui qui a mené à l’autorisation de Foundayo (orforglipron), sa pilule anti-obésité à prendre une fois par jour. Selon ces travaux, parus dans la revue Diabetes, Obesity and Metabolism, le traitement est associé à une forte baisse du risque prédit de diabète de type 2 et, dans une moindre mesure, de maladie cardiovasculaire. Un résultat encourageant, mais qui repose sur une modélisation et non sur des cas observés.

Ce qu’il faut retenir

  • Analyse post hoc de l’essai de phase 3 ATTAIN-1 (3 127 adultes, 72 semaines), publiée dans Diabetes, Obesity and Metabolism.
  • Risque prédit de diabète de type 2 à 10 ans : -45 %, -50 % et -57 % selon la dose (5,5 mg, 9 mg, 17,2 mg) par rapport au placebo.
  • Risque cardiovasculaire prédit : -13 %, -15 % et -18 % selon la dose.
  • Il s’agit de projections par calculateurs de risque, pas de cas de diabète ou d’infarctus réellement évités.
  • Foundayo est autorisé aux États-Unis et au Royaume-Uni, pas encore dans l’Union européenne.

Ce que mesure vraiment l’analyse

ATTAIN-1 est un essai de phase 3 mené pendant 72 semaines chez 3 127 adultes en situation d’obésité ou de surpoids, dans dix pays. Nous en avions détaillé les résultats principaux dans notre décryptage de l’essai ATTAIN-1 : à la dose la plus élevée, la perte de poids moyenne atteignait 12,4 %. Contrairement au sémaglutide, l’orforglipron n’est pas un peptide : c’est une petite molécule de synthèse qui active le récepteur du GLP-1, ce qui permet de l’avaler sous forme de comprimé. Aux États-Unis, Medical Daily indique un prix de 149 dollars par mois pour les patients qui paient eux-mêmes.

La nouvelle analyse, dite post hoc car réalisée après coup, ne compte pas les diagnostics de diabète survenus pendant l’essai. Elle applique aux participants des calculateurs de risque validés : le moteur CMDS (Cardiometabolic Disease Staging) pour le diabète de type 2 et une version du score de Framingham fondée sur l’indice de masse corporelle pour les maladies cardiovasculaires. En intégrant l’évolution du poids, de la glycémie, de la tension et d’autres paramètres, ces outils estiment le risque de développer la maladie dans les dix ans.

Des baisses de 45 à 57 % selon la dose

Par rapport au placebo, le risque prédit de diabète de type 2 à dix ans diminue de 45 % avec la dose de 5,5 mg, de 50 % avec 9 mg et de 57 % avec 17,2 mg, la dose la plus forte testée. Pour le risque cardiovasculaire prédit, les baisses sont plus modestes : 13 %, 15 % et 18 % selon la dose. Ces doses sont celles évaluées dans l’essai et ne constituent pas une indication de traitement.

« Ces analyses complémentaires montrent que Foundayo était associé à un risque prédit à long terme plus faible pour ces deux maladies », a commenté le Dr Thomas Seck, de Lilly, dans le communiqué du laboratoire.

Une projection, pas une preuve

Le site américain Medical Daily le rappelle sans détour : aucun cas réel de diabète n’a été compté dans cette analyse, et 72 semaines sont bien trop courtes pour démontrer qu’un traitement prévient une maladie qui se développe sur des années. L’étude est financée par Lilly, menée sur ses propres données, et n’a pas été reproduite de façon indépendante. Le niveau de preuve est donc celui d’une modélisation à partir d’un essai de phase 3, pas d’un essai conçu pour mesurer la prévention du diabète.

Seul un suivi plus long, ou un essai dédié chez des personnes en prédiabète, permettrait de vérifier si ces projections se traduisent en diabètes réellement évités. Côté cœur, la pilule a passé avec succès un essai de sécurité cardiovasculaire chez des diabétiques, que nous avons détaillé dans notre article sur l’essai ACHIEVE-4.

Ce que ça change en France et en Belgique

  • Foundayo est autorisé par la FDA aux États-Unis dans la prise en charge du poids, et le Royaume-Uni est devenu le 10 août 2026 le premier pays européen à l’autoriser, dans l’obésité et le diabète de type 2.
  • Il n’est pas encore autorisé dans l’Union européenne : il n’est donc ni disponible ni remboursé en France ou en Belgique.
  • L’indication autorisée porte sur le poids, pas sur la prévention du diabète : le chiffre de 57 % ne peut pas être présenté comme un bénéfice démontré.
  • Pour les alternatives disponibles en comprimé, voir notre article sur les GLP-1 en comprimé.

Pour comparer les options actuelles, consultez notre comparatif des traitements GLP-1.

Sources

Article publié à titre d’information, il ne remplace pas l’avis d’un professionnel de santé. Aucun produit non autorisé ne doit être utilisé hors cadre médical. Avertissement médical.

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