Ozempic, Mounjaro : 1 928 pancréatites signalées aux États-Unis, faut-il s’inquiéter ?

Selon une enquête de NPR publiée ce samedi 10 octobre, plus de 4 000 Américains attaquent les fabricants d'Ozempic, Wegovy et Mounjaro pour des atteintes digestives graves. La pancréatite est un risque connu et rare, mais ces signalements ne mesurent pas sa fréquence.

Santé et consultation médicale

Vous prenez Ozempic, Wegovy ou Mounjaro et vous avez lu qu’aux États-Unis, des milliers de patients attaquent les fabricants pour des problèmes de ventre ? Ce samedi 10 octobre 2026, la radio publique américaine NPR a publié une enquête qui chiffre ces plaintes et analyse elle-même la base de signalements de l’Agence américaine du médicament (FDA).

Ce qu’il faut retenir

  • Plus de 4 000 plaignants américains pour pancréatite ou calculs biliaires, selon NPR.
  • 1 928 signalements de pancréatite depuis 2024 dans la base de la FDA, dont 135 nécrosantes.
  • Ces déclarations ne sont pas vérifiées : elles ne prouvent pas un lien ni une fréquence.
  • Douleur intense au ventre, irradiant dans le dos : consultez en urgence.

Nous avons déjà raconté les plaintes pour perte brutale de la vue. Cette fois, on parle du ventre : la pancréatite, une inflammation du pancréas (la glande qui aide à digérer), et les calculs biliaires, des petits « cailloux » qui se forment dans la vésicule, la poche qui stocke la bile.

Que révèle l’enquête américaine ?

L’avocat Jonathan Orent est l’un des avocats principaux désignés par la justice dans les deux grandes procédures collectives contre les fabricants de ces médicaments. Selon NPR, ses dossiers comptent plus de 4 000 plaignants pour des atteintes digestives graves, comme une pancréatite ou des calculs biliaires. C’est bien plus que les 247 plaignants pour perte de vue.

NPR a aussi fouillé la base de signalements de la FDA. Depuis 2024, elle y a compté 1 928 signalements de pancréatite, dont 135 cas de pancréatite dite « nécrosante », une forme sévère où une partie du pancréas se détruit. Sur la même période, la base contient près de 190 000 signalements liés à ces médicaments. La plupart concernent des troubles digestifs bénins, des erreurs de dose ou des rougeurs au point d’injection.

Les fabricants contestent. D’après NPR, les porte-parole de Novo Nordisk (Ozempic, Wegovy) jugent ces effets graves « extrêmement rares » dans les essais cliniques et estiment les plaintes sans fondement. Eli Lilly (Mounjaro) affirme qu’il va « se défendre vigoureusement contre ces accusations » (traduit par nos soins).

Ces signalements prouvent-ils que le médicament est en cause ?

Non. Un signalement est une déclaration spontanée, le plus souvent volontaire, que la FDA ne vérifie pas. Ce n’est donc ni une preuve, ni une fréquence : on ne sait pas combien de personnes ont pris le traitement sans problème.

À l’inverse, certains cas ne sont jamais déclarés. Le diabétologue Mohammed Ali, de l’université Emory, a raconté à NPR ne pas avoir signalé trois patients qui avaient eu de graves problèmes, faute d’être sûr que le médicament était responsable. « Ils avaient peut-être une maladie qui ne se voyait pas encore », explique-t-il.

Ce qui est établi, en revanche, c’est que ces risques sont connus. La pancréatite figure dans les documents officiels européens d’Ozempic et de Mounjaro. Dans les grands essais d’Ozempic, la pancréatite aiguë confirmée a touché 0,3 % des patients, soit environ 3 personnes sur 1 000. Pour Mounjaro, la pancréatite, les calculs biliaires et l’inflammation de la vésicule sont classés « peu fréquents » : moins d’1 personne sur 100.

Pourquoi rester prudent ?

  • Les signalements américains ne sont pas vérifiés et ne permettent pas de calculer un risque.
  • Les chiffres des plaintes viennent d’un avocat des plaignants, partie prenante au procès.
  • Les fréquences fiables viennent des essais cliniques, financés par les laboratoires, et du suivi des autorités sanitaires.

Et en France ?

Ces médicaments ont une autorisation européenne : la notice est la même en France et en Belgique. Le 7 octobre, l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) a publié son 3e rapport de surveillance. Sur un an, environ 840 000 personnes ont été traitées en France, et 2 801 effets indésirables ont été déclarés, dont 515 graves. L’agence cite la pancréatite parmi les risques graves déjà connus, et place les infections et inflammations de la vésicule sous surveillance renforcée.

Elle alerte surtout sur le mésusage : utilisation pour maigrir hors cadre médical, souvent avec un produit acheté hors des circuits officiels et à doses trop fortes. Parmi ces cas, 5 pancréatites aiguës graves, dont deux ont pu contribuer à un décès. L’ANSM juge néanmoins le rapport bénéfice/risque favorable quand le traitement est utilisé comme prévu.

Qu’est-ce que ça change pour vous ?

N’arrêtez pas votre traitement de vous-même. Mais connaissez le signal d’alerte : selon la notice et le service de santé britannique, une douleur intense et persistante au ventre, pouvant aller dans le dos. Consultez alors sans attendre ou appelez le 15 (112 en Belgique). En cas de pancréatite suspectée, le traitement doit être arrêté.

Les questions à poser à votre médecin :

  • Ai-je déjà eu une pancréatite ou des calculs biliaires ?
  • Quels symptômes doivent me faire consulter en urgence ?

Et ne prenez ces produits qu’avec une ordonnance, en pharmacie, jamais sur internet. Pour aller plus loin, lisez notre dossier sur les signes d’alerte de la pancréatite et nos fiches Ozempic et Mounjaro.

👥 Vous êtes sous Ozempic, Wegovy ou Mounjaro ?

Rejoignez notre groupe Facebook d’entraide France & Belgique : questions, expériences, actus vérifiées, sans pub pour des médicaments.

Rejoindre le groupe

Sources

Article publié à titre d’information, il ne remplace pas l’avis d’un professionnel de santé. Aucun produit non autorisé ne doit être utilisé hors cadre médical. Avertissement médical.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Retour en haut