Ozempic ou Mounjaro n’ont pas d’effet sur vous, ou vous les supportez mal ? La chirurgie de l’obésité peut quand même faire perdre du poids. C’est ce que suggère une étude de la Cleveland Clinic, un grand hôpital américain. Elle a été mise en ligne le mardi 3 novembre 2026 dans la revue Annals of Surgery. Attention : c’est une étude d’observation, et les groupes passés par ces médicaments sont petits.
Ce qu’il faut retenir
- 4 929 adultes opérés dans l’Ohio entre 2018 et 2024, dont 268 en échec ou intolérants au traitement
- Perte à 2 ans après échec ou intolérance : environ 18 à 23 % avec une sleeve, 26 à 33 % avec un bypass
- Étude d’observation mise en ligne le 3 novembre 2026, sans tirage au sort
- En France, chirurgie réservée à un IMC d’au moins 40, ou d’au moins 35 avec une maladie liée au poids
Que montre cette étude ?
Les chercheurs ont repris les dossiers de 4 929 adultes opérés entre 2018 et 2024 dans les hôpitaux de la Cleveland Clinic, dans l’Ohio. Tous avaient un IMC d’au moins 35. L’IMC, ou indice de masse corporelle, rapporte le poids à la taille.
Trois groupes ont été formés :
- 4 661 personnes n’avaient jamais pris de sémaglutide (Ozempic, Wegovy) ni de tirzépatide (Mounjaro).
- 61 personnes avaient arrêté à cause des effets secondaires.
- 207 personnes avaient trop peu maigri sous traitement.
Ces deux médicaments font partie des GLP-1, des traitements qui imitent une hormone intestinale et réduisent l’appétit. Avant l’opération, les patients qui en avaient peu profité avaient perdu environ 2 % de leur poids ou moins.
Deux ans après l’opération, après ajustement sur l’âge, le sexe, le diabète et d’autres facteurs, la perte de poids totale était la suivante :
- Arrêt pour effets secondaires : environ 23 % avec une sleeve, 26 % avec un bypass.
- Perte de poids insuffisante : environ 18 % avec une sleeve, 33 % avec un bypass.
- Jamais de médicament : environ 24 % avec une sleeve, 33 % avec un bypass.
Selon le communiqué, les complications étaient peu fréquentes avec les deux opérations. Il ne donne aucun chiffre sur ce point.
Ali Aminian, premier auteur, dirige l’institut de chirurgie de l’obésité de la Cleveland Clinic. Il résume (traduit par nos soins) :
« Ne pas perdre de poids avec un médicament GLP-1 ne veut pas dire qu’un patient ne perdra pas de poids après une chirurgie bariatrique. »
Sleeve ou bypass : pourquoi cet écart ?
Ce sont deux opérations différentes. La sleeve retire une partie de l’estomac. Le bypass réduit l’estomac et fait aussi passer les aliments par un raccourci dans l’intestin.
Chez les 207 patients qui avaient peu maigri sous traitement, l’écart atteint environ 15 points : 32,7 % avec le bypass, 17,8 % avec la sleeve. Les auteurs estiment que le bypass pourrait donc apporter davantage dans cette situation. Ils ne le prouvent pas. Personne n’a été réparti au hasard entre les deux opérations.
Pourquoi rester prudent ?
- Une étude d’observation. Elle montre un lien, pas une preuve de cause à effet. Elle ne compare pas non plus la chirurgie à la poursuite du médicament.
- De petits groupes, un seul réseau d’hôpitaux. Il n’y a que 61 et 207 patients dans les groupes concernés, face à 4 661. Le suivi s’arrête à deux ans. Et personne ne peut vérifier si les médicaments étaient pris régulièrement.
- Un financement non vérifié. Les auteurs travaillent à la Cleveland Clinic, qui pratique ces opérations. Le communiqué et le résumé que nous avons lus n’indiquent ni financement ni liens d’intérêts. Nous n’avons pas eu accès au texte intégral.
Qu’est-ce que ça change pour vous ?
Rien de direct pour l’instant. Le communiqué le dit lui-même : ces résultats ne signifient pas que la chirurgie est la bonne étape suivante pour tout le monde. La décision se prend au cas par cas. Parlez-en à votre médecin, sans arrêter seul un traitement. Voir aussi notre comparatif des traitements GLP-1 et nos fiches Ozempic et Mounjaro.
En France, la Haute Autorité de santé (HAS) réserve cette chirurgie aux personnes ayant un IMC d’au moins 40, ou d’au moins 35 avec une maladie liée au poids, comme le diabète de type 2 ou l’hypertension. Il faut aussi un échec d’une prise en charge médicale et nutritionnelle de 6 à 12 mois. L’Assurance maladie indique un âge de 18 à 60 ans et un suivi à vie. Wegovy et Mounjaro sont remboursés à 65 % dans l’obésité depuis le 15 juin 2026, sous conditions strictes. Détails dans notre guide sur les prix et le remboursement.
En Belgique, l’opération peut être prise en charge sous des conditions proches : plus de 18 ans, IMC d’au moins 40 ou de plus de 35 avec une maladie associée, au moins 12 mois d’échec des régimes, selon un document de l’hôpital Helora. Wegovy n’est pas remboursé dans l’obésité. Mounjaro non plus, selon la décision du ministre de la Santé rapportée le 21 octobre 2026. Il reste remboursé sous conditions dans le diabète de type 2.
Cet article informe et ne remplace pas l’avis de votre médecin ou de votre pharmacien.
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Sources
- Aminian A. et al., Bariatric Surgery as a Rescue Strategy After Semaglutide or Tirzepatide, Annals of Surgery, en ligne le 3 novembre 2026 (DOI 10.1097/SLA.0000000000007251)
- Métadonnées et résumé de l’étude (Crossref)
- Cleveland Clinic, communiqué du 3 novembre 2026
- Becker’s Hospital Review, 3 novembre 2026
- HAS, Obésité : prise en charge chirurgicale chez l’adulte (2009)
- Assurance maladie (ameli), Obésité de l’adulte : suivi, médicaments et chirurgie
- Service-public.fr, prise en charge de Wegovy et Mounjaro (15 juin 2026)
- Vidal, Obésité : prise en charge de Wegovy et Mounjaro à partir du 15 juin 2026
- Helora (Belgique), trajet de soin en chirurgie bariatrique
- Belga News Agency, Wegovy exclu du remboursement en Belgique
- The Brussels Times, 21 octobre 2026, Mounjaro et obésité
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