Ozempic et ménopause : un traitement hormonal ferait perdre plus de poids, ce qu’on sait

Chez les femmes ménopausées sous traitement hormonal, le sémaglutide d'Ozempic et Wegovy ferait perdre plus de poids, selon une étude annoncée jeudi 8 octobre. Un simple lien statistique : les hormones ne sont pas un traitement pour maigrir.

Préparation d'une injection

Vous avez passé la cinquantaine, vous prenez un traitement hormonal pour vos bouffées de chaleur, et votre médecin vous a prescrit Ozempic ou Wegovy pour votre poids ? Une nouvelle étude américaine suggère que ce duo pourrait vous aider à perdre un peu plus de kilos. Mais attention : rien n’est encore prouvé, et le traitement hormonal ne se prend pas pour maigrir.

Ce qu’il faut retenir

  • Près de 2 400 femmes de plus de 45 ans sous sémaglutide et 1 500 sous tirzépatide, suivies dans les dossiers de la Mayo Clinic
  • Avec un traitement hormonal, perte de poids plus forte et durable sous sémaglutide
  • Sous tirzépatide (Mounjaro), l’écart final n’est pas significatif
  • Étude observationnelle : association, pas preuve ; la perte de poids n’est pas une indication des hormones

Qu’ont-ils découvert ?

L’annonce a été faite jeudi 8 octobre par la Menopause Society, une société savante américaine spécialisée dans la ménopause. Les résultats seront présentés lors de son congrès annuel, à San Diego, du 20 au 24 octobre.

L’équipe de la Mayo Clinic en Floride, un grand hôpital américain, a repris les dossiers médicaux de femmes de plus de 45 ans. Toutes étaient en surpoids ou obèses, avec un indice de masse corporelle (le rapport entre le poids et la taille) supérieur à 27. Près de 2 400 prenaient du sémaglutide, la molécule d’Ozempic et de Wegovy. Près de 1 500 prenaient du tirzépatide, la molécule de Mounjaro.

Ces deux médicaments imitent des hormones de l’intestin qui calment l’appétit. On les appelle les « GLP-1 ».

Résultat : sous sémaglutide, les femmes qui suivaient aussi un traitement hormonal de la ménopause ont perdu nettement plus de poids, et cet écart a tenu dans le temps. Sous tirzépatide, elles semblaient perdre davantage au début. Mais à la fin du suivi, la différence n’était plus assez nette pour être jugée significative, c’est-à-dire pour écarter le simple hasard. Le communiqué ne donne pas les chiffres précis de perte de poids.

Est-ce que les experts y croient ?

Ce n’est pas un coup isolé. En janvier 2026, la même équipe avait publié, dans la revue The Lancet Obstetrics, Gynaecology, & Women’s Health, une étude sur 120 femmes ménopausées traitées par tirzépatide pendant au moins un an. Celles qui prenaient un traitement hormonal avaient perdu environ 35 % de poids en plus.

Mais l’autrice principale, la Dre Regina Castaneda, reste mesurée. Selon elle, ces résultats doivent être confirmés par des essais conçus pour cela. Et elle insiste sur un point :

« Il est important de garder à l’esprit que la perte de poids n’est pas une indication du traitement hormonal de la ménopause. »

Autrement dit, on ne prescrit pas d’hormones pour faire fondre les kilos. La chercheuse ajoute : « Cela dit, il est trop tôt pour tirer des conclusions fermes » (citations traduites par nos soins).

Pourquoi rester prudent ?

  • Qui finance ? Le communiqué ne mentionne ni financement ni lien d’intérêts. L’étude de janvier était financée par un centre de recherche de la Mayo Clinic.
  • Quelle taille ? Près de 3 900 femmes au total, c’est solide. Mais il s’agit de dossiers relus après coup, pas d’un essai où l’on tire au sort qui reçoit quoi.
  • Association ne veut pas dire preuve. Les femmes sous traitement hormonal peuvent différer des autres : âge, suivi médical plus serré, mode de vie. Ce lien statistique ne prouve pas que les hormones causent la perte de poids. L’équipe le reconnaissait déjà en janvier.

Enfin, les résultats n’ont pas encore été présentés en détail ni publiés dans une revue après relecture par d’autres scientifiques.

Qu’est-ce que ça change pour vous ?

Pour l’instant, rien dans votre traitement. Ne commencez pas, n’arrêtez pas et ne modifiez pas un traitement hormonal en espérant maigrir plus vite. Ce traitement sert à soulager les symptômes gênants de la ménopause. Il se discute avec votre médecin ou votre gynécologue, en pesant les bénéfices et les risques selon votre histoire personnelle.

Si vous êtes concernée, quelques questions utiles à poser lors de votre prochain rendez-vous :

  • Mon traitement hormonal est-il toujours justifié pour mes symptômes ?
  • Les deux traitements sont-ils compatibles dans mon cas ?
  • Comment suivre ensemble ma perte de poids et mes éventuels effets indésirables ?

Les femmes réagissent d’ailleurs souvent différemment des hommes à ces médicaments, comme le montrait une autre étude récente. Et pour savoir à quoi s’attendre, voici combien de kilos on perd vraiment sous ces traitements.

Et en France ou en Belgique ?

En France, Wegovy et Mounjaro peuvent être remboursés depuis le 15 juin 2026 pour l’obésité, mais sous conditions strictes : un indice de masse corporelle d’au moins 40, ou d’au moins 35 avec une maladie liée au poids, et une première ordonnance réservée à certains spécialistes. En Belgique, le ministre de la Santé a refusé le 3 juin 2026 de rembourser Wegovy pour l’obésité. Les détails sont dans notre article sur les prix de Wegovy et Mounjaro.

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Sources

Article publié à titre d’information, il ne remplace pas l’avis d’un professionnel de santé. Aucun produit non autorisé ne doit être utilisé hors cadre médical. Avertissement médical.

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