Infarctus : le tour de ventre en dit plus que l’IMC, ce que l’on sait vraiment

Publiée dimanche, une étude sur 395 831 adultes britanniques montre qu'un indice combinant tour de taille et taille repère un peu mieux le risque d'infarctus que l'IMC. Un avantage réel mais modeste, préviennent les auteurs.

Mètre ruban

Votre balance indique un poids « normal », votre IMC aussi. Mais votre tour de ventre, lui, a pris quelques centimètres ces dernières années. Faut-il s’en soucier pour son cœur ? Une vaste étude publiée ce dimanche 11 octobre dans le Journal of Health, Population and Nutrition, menée sur près de 400 000 adultes britanniques, suggère que les mesures qui tiennent compte du ventre signalent un peu mieux le risque d’infarctus que le seul indice de masse corporelle.

Ce qu’il faut retenir

  • 395 831 adultes suivis 13 ans, 14 419 infarctus
  • Les plus « ronds » : +52 % de risque d’infarctus, contre +32 % pour les IMC les plus élevés
  • L’indice revient au rapport tour de taille sur taille
  • Gain de prédiction faible : les auteurs demandent une validation avant tout usage en routine

Qu’ont découvert les chercheurs ?

L’équipe de cardiologues de l’hôpital provincial du Sichuan (Chine), dirigée par Long Zhou, a utilisé la UK Biobank, une grande base de données de santé britannique. Elle a suivi 395 831 adultes de 40 à 70 ans pendant 13,3 ans en moyenne. Pendant cette période, 14 419 d’entre eux ont fait un infarctus du myocarde (une crise cardiaque).

Les chercheurs ont comparé six mesures du corps prises au départ : l’IMC (le poids divisé par la taille au carré), le tour de taille, et plusieurs indices plus récents. Le mieux classé s’appelle l’indice de rondeur corporelle (« body roundness index » en anglais). Il combine le tour de taille et la taille ; selon les auteurs, il revient mathématiquement au rapport entre tour de taille et taille.

Les chiffres parlent. Le quart des participants le plus « rond » selon cet indice avait 52 % de risque d’infarctus en plus que le quart le moins rond, une fois pris en compte d’autres facteurs. Avec le tour de taille seul, l’écart était de 40 %. Avec l’IMC, de 32 %. La surface corporelle, elle, ne prédisait rien.

Est-ce vraiment mieux que l’IMC ?

Oui, mais de peu. Pour mesurer la capacité à prédire qui fera un infarctus, les statisticiens utilisent un score allant de 0,5 (le hasard) à 1 (la prédiction parfaite). L’indice de rondeur obtient 0,710, contre 0,697 à 0,708 pour les autres mesures. Les auteurs eux-mêmes parlent d’améliorations « statistiquement significatives mais modestes par rapport aux autres indices ».

Ils restent prudents sur son usage en consultation : « Son utilité clinique nécessite une validation indépendante avant une adoption en routine », écrivent-ils (citation traduite par nos soins).

D’autres travaux vont dans le même sens, sans être unanimes. En 2021, une étude sur 17 360 adultes chinois concluait que cet indice était le plus lié à l’accumulation de facteurs de risque cardiaque. Mais en 2025, dans une cohorte iranienne suivie 17 ans, c’est le rapport tour de taille sur taille qui ressortait le plus nettement, et aucun indice n’était lié à la mortalité après prise en compte des autres facteurs.

Pourquoi rester prudent ?

  • Association n’est pas preuve : l’étude observe des liens statistiques ; elle ne démontre pas que réduire son tour de ventre éviterait à lui seul un infarctus.
  • Une seule mesure au départ : le tour de taille n’a été mesuré qu’une fois, il y a plus de dix ans, et les participants, volontaires et majoritairement blancs, ne représentent pas toute la population.
  • Qui finance ? Des programmes publics de recherche de la province du Sichuan ; les auteurs déclarent n’avoir aucun conflit d’intérêts.

Qu’est-ce que ça change pour vous ?

Le message est simple : votre IMC ne dit pas tout. Deux personnes au même poids peuvent stocker leur graisse très différemment, et c’est la graisse du ventre qui semble la plus liée au risque cardiaque. Un mètre ruban et votre taille suffisent pour suivre l’évolution de votre tour de taille au fil des années.

Cet indice n’est ni un examen remboursé ni un diagnostic, en France comme en Belgique : c’est un simple calcul. Il ne remplace pas le bilan du risque cardiaque fait chez le médecin traitant, qui tient compte de la tension, du cholestérol, du sucre dans le sang ou du tabac. Les bons réflexes restent les mêmes : bouger, manger équilibré, ne pas fumer. Pour ceux qui envisagent un traitement contre l’obésité, notre dossier sur la balance bénéfice-risque de Wegovy et Mounjaro fait le point.

Les questions à poser à votre médecin : mon tour de taille est-il élevé pour ma taille ? Quels sont mes autres facteurs de risque cardiaque ? Faut-il les contrôler plus souvent ?

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Sources

Article publié à titre d’information, il ne remplace pas l’avis d’un professionnel de santé. Aucun produit non autorisé ne doit être utilisé hors cadre médical. Avertissement médical.

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