ChatGPT et Copilot se trompent souvent sur les tensiomètres : ce qu’il faut savoir

Demander à ChatGPT, Copilot ou Gemini quel tensiomètre acheter est risqué : selon une étude présentée jeudi 8 octobre, ces assistants se trompent souvent pour dire si un appareil a été validé. Voici comment vérifier vous-même.

Smartphone

Vous voulez surveiller votre tension à la maison et vous hésitez entre dix modèles ? Le réflexe est tentant : demander à ChatGPT, Gemini ou Copilot lequel acheter. Mauvaise idée, selon une étude canadienne présentée jeudi 8 octobre au congrès de l’Association américaine du cœur consacré à l’hypertension. Ces assistants se trompent souvent sur un point essentiel : l’appareil a-t-il vraiment été testé pour sa précision ?

Ce qu’il faut retenir

  • 324 tensiomètres vendus au Canada passés au crible de quatre assistants d’IA.
  • ChatGPT, Copilot et Perplexity : 63 à 83 % de bonnes réponses ; Gemini : 86 à 91 %.
  • Les erreurs sont plus fréquentes sur les appareils réellement validés.
  • Résumé de congrès non relu par des pairs : résultats préliminaires.

Qu’ont fait les chercheurs ?

Un tensiomètre « validé » est un appareil dont la précision a été vérifiée lors d’un test clinique, en comparant ses chiffres à une mesure de référence. Un appareil non validé peut afficher une tension fausse, sans que vous le sachiez.

L’équipe a réuni 324 tensiomètres vendus au Canada : 145 validés et 179 non validés. Parmi eux, des meilleures ventes d’Amazon. Le statut de chaque modèle était vérifié dans trois registres officiels, dont STRIDE BP et ValidateBP.

Pour chaque appareil, ils ont posé la même question à quatre outils : ChatGPT, Gemini, Copilot et Perplexity. Avec trois formulations, de la plus simple à la plus détaillée. Tests réalisés en avril et mai 2026.

Qu’ont-ils découvert ?

Le chiffre mesuré est un taux de bonnes réponses : sur 100 questions « cet appareil est-il validé ? », combien de réponses justes. Il varie selon la formulation, d’où des fourchettes.

  • ChatGPT, Copilot et Perplexity ont donné la bonne réponse dans 63 % à 83 % des cas. Autrement dit, ils se trompent de près de 2 fois sur 10 à plus d’1 fois sur 3. Le communiqué ne détaille pas le score de chacun.
  • Gemini fait mieux : 86 % à 91 % de bonnes réponses. Il se trompe encore environ 1 fois sur 10.
  • Paradoxe : les quatre outils se trompent davantage sur les appareils validés. Ils ont parfois déclaré « non conforme » un modèle pourtant inscrit dans les registres.
  • Reposée un autre jour, ou depuis un autre ordinateur, la même question donnait souvent une réponse différente.

Attention à un piège de lecture : l’adresse web du communiqué de l’Association américaine du cœur contient « 23 », mais son titre dit en réalité « environ 2/3 du temps ». Il ne s’agit donc pas de 23 % de bonnes réponses.

« Nous avons constaté que la plupart des outils d’IA faisaient à peine mieux que si l’on avait tiré à pile ou face pour chaque question », résume Anna Soriano, médecin résidente en médecine interne à l’Université de Montréal, qui a présenté les travaux (traduit par nos soins).

Le risque, selon elle : croire à tort qu’un appareil est validé, puis prendre des décisions sur des chiffres faux.

Pourquoi rester prudent ?

  • Pas encore relu : c’est un résumé de congrès, non vérifié par d’autres experts. Il doit paraître le 17 novembre dans un supplément de la revue Hypertension. Le communiqué renvoie au résumé pour le financement et les liens d’intérêts des auteurs.
  • Un instantané : les assistants évoluent vite. Les chercheurs reconnaissent que leurs résultats changeront sans doute.
  • Un marché précis : les appareils testés sont vendus au Canada. Les modèles disponibles en France ou en Belgique ne sont pas tous les mêmes.

Le cardiologue Keith Ferdinand, expert bénévole de l’association, non impliqué dans l’étude, estime que ces résultats montrent que l’usage de l’IA pour des décisions médicales « demande de la prudence » (traduit par nos soins).

Qu’est-ce que ça change pour vous ?

Utilisez l’IA pour comprendre, pas pour trancher. Avant d’acheter, vérifiez vous-même :

  • Cherchez le modèle exact sur une liste d’appareils validés. La plus complète est celle de STRIDE BP, une organisation scientifique internationale à but non lucratif. Elle dit avoir approuvé 551 appareils sur plus de 5 000 en vente. Autre liste : validatebp.org, de l’Association médicale américaine.
  • Préférez un appareil au bras, avec un brassard autour du haut du bras plutôt qu’au poignet. C’est ce que recommande la Haute Autorité de santé, qui demande un appareil « validé et de préférence avec un brassard huméral ». STRIDE BP ne classe d’ailleurs comme « préférés » que des modèles au bras.
  • Demandez conseil à votre médecin ou à votre pharmacien, surtout si vous suivez un traitement.

En France, l’automesure fait partie du diagnostic de l’hypertension. La Haute Autorité de santé décrit la « règle des 3 » : trois mesures le matin, trois le soir, trois jours de suite. L’Assurance maladie et la Société française d’hypertension artérielle proposent une fiche de relevé à remplir et à montrer au médecin. En Belgique, les mêmes listes internationales permettent de vérifier un modèle avant l’achat.

La fiabilité des objets de santé connectés reste une vraie question, comme pour les bagues qui mesurent le sommeil.

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Sources

Article publié à titre d’information, il ne remplace pas l’avis d’un professionnel de santé. Aucun produit non autorisé ne doit être utilisé hors cadre médical. Avertissement médical.

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