Les fringales disparaissent sous CagriSema : le futur traitement de Novo agit sur le cerveau

Vous pensez à manger toute la journée ? Après un an de CagriSema, des personnes en surpoids rapportent moins de fringales et de pensées obsédantes autour de la nourriture. Leur cerveau réagit même autrement aux images d'aliments gras. Des données encore partielles.

Assiette de légumes et salade

Ceux qui l’ont vécu le décrivent comme un bruit de fond permanent : penser au prochain repas, au placard à biscuits, à ce qu’on mangera ce soir. Les anglophones l’appellent le food noise, et les utilisateurs de GLP-1 sont nombreux à raconter qu’il s’atténue sous traitement. Novo Nordisk a voulu objectiver ce phénomène avec son candidat CagriSema. Les résultats, présentés le 30 septembre 2026 au congrès de l’Association européenne pour l’étude du diabète (EASD) à Milan, suggèrent que le médicament modifie la façon dont le cerveau réagit à la nourriture.

Ce qu’il faut retenir

  • Données présentées par Novo Nordisk le 30 septembre 2026 au congrès EASD de Milan
  • Étude en IRM fonctionnelle sur 52 semaines : réponse cérébrale modifiée face à des images d’aliments très caloriques
  • Moins de faim, d’envies et de « food noise » rapportés à 22 et 52 semaines ; 22,4 % de poids en moins par rapport au placebo
  • Le nombre de participants de l’étude IRM n’est pas précisé dans le communiqué
  • CagriSema n’est autorisé nulle part : décision de la FDA attendue au 4e trimestre 2026

Le cerveau observé face à des images de nourriture

CagriSema associe deux molécules en une injection hebdomadaire : le sémaglutide, principe actif d’Ozempic et Wegovy, et le cagrilintide, un analogue à longue durée d’action de l’amyline, une hormone pancréatique impliquée dans la satiété. L’étude présentée a suivi des adultes en surpoids ou obèses pendant 52 semaines, en mesurant par IRM fonctionnelle l’activité cérébrale face à des photos d’aliments très caloriques.

Selon Novo Nordisk, le traitement a modifié la réponse de régions cérébrales associées aux envies, à la récompense, au traitement sensoriel et au contrôle du comportement. Les participants ont aussi déclaré moins de faim, d’appétit, de préoccupations alimentaires et de fringales, avec un meilleur contrôle des envies à 22 et à 52 semaines. La perte de poids associée atteint 22,4 % par rapport au placebo à 52 semaines. Le travail a reçu un prix du meilleur résumé (Best Abstract Award) au congrès.

« Ce qui frappe dans ces données comportementales et d’IRM, c’est qu’après 52 semaines, sur toutes les mesures de l’appétit et du comportement alimentaire, les personnes en surpoids ou obèses avaient des envies nettement réduites et des modifications durables de la réponse cérébrale aux images d’aliments caloriques », souligne le professeur Tony Goldstone (Imperial College London), cité dans le communiqué.

Ce que ces résultats ne disent pas encore

Il faut garder la tête froide. Il s’agit d’un résumé de congrès, pas d’une publication évaluée par des pairs. Le communiqué de Novo Nordisk ne précise ni le nombre de participants de l’étude IRM, ni les questionnaires utilisés, ni l’ampleur chiffrée des changements cérébraux. Les études d’IRM fonctionnelle portent généralement sur de petits effectifs et leurs résultats demandent à être reproduits.

Surtout, rien ne permet à ce stade d’attribuer l’effet spécifiquement à l’amyline plutôt qu’au sémaglutide, dont l’action sur les circuits de l’appétit est déjà documentée. Novo Nordisk évoque lui-même des « preuves émergentes » d’un rôle de la composante amyline, une formulation prudente.

Graisse du foie et os : deux autres analyses

Novo a présenté deux autres analyses issues du programme REIMAGINE, consacré au diabète de type 2. Dans une sous-étude IRM de REIMAGINE 1 (189 adultes avec un diabète de type 2 débutant, 40 semaines), CagriSema a réduit la graisse abdominale, hépatique et pancréatique par rapport au placebo, avec une perte de poids de 14,3 %. Les valeurs chiffrées de graisse d’organe n’ont pas été communiquées.

Une analyse post hoc de REIMAGINE 2 (2 713 adultes diabétiques, 68 semaines, 14,2 % de perte de poids) a porté sur des marqueurs biologiques du remodelage osseux. Ses auteurs y voient une « réassurance préliminaire », mais sans données de densité osseuse ni de fractures. Une question importante, la fonte musculaire et osseuse étant l’un des sujets de vigilance des traitements anti-obésité.

Un candidat sous pression

Ces données tombent à un moment délicat pour CagriSema. En février 2026, l’essai REDEFINE 4 n’a pas démontré sa non-infériorité face au tirzépatide (Zepbound, vendu en Europe sous le nom de Mounjaro) : 23,0 % de perte de poids sous CagriSema contre 25,5 % sous tirzépatide après 84 semaines. Novo Nordisk mise donc aussi sur des bénéfices au-delà de la balance.

Côté réglementaire, CagriSema reste un médicament expérimental. Une demande d’autorisation a été déposée en décembre 2025 auprès de la FDA américaine, qui doit se prononcer au 4e trimestre 2026, ainsi qu’auprès de Santé Canada. Il n’est autorisé ni en France ni en Belgique.

Ce qu’il faut retenir

  • Sous CagriSema, la réponse du cerveau aux aliments caloriques change et les participants rapportent moins d’envies et de « food noise » après 52 semaines.
  • Données de congrès, non publiées, sans effectif précisé pour l’étude IRM : niveau de preuve encore limité.
  • Des réductions de graisse hépatique et pancréatique et des signaux rassurants sur l’os sont rapportés, sans chiffres détaillés.
  • CagriSema n’est autorisé nulle part ; une décision de la FDA est attendue d’ici fin 2026.

Sources

Article publié à titre d’information, il ne remplace pas l’avis d’un professionnel de santé. Aucun produit non autorisé ne doit être utilisé hors cadre médical. Avertissement médical.

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