MOTS-c : un premier vrai essai chez l’humain, mais le peptide reste interdit par l’AMA

Jusqu'ici, la réputation du MOTS-c reposait presque entièrement sur des études chez la souris. Un essai randomisé contre placebo vient d'être lancé chez 120 adultes prédiabétiques, au moment où un comité de la FDA soutient sa préparation en pharmacie.

Préparation d'une injection

Le MOTS-c fait partie de ces peptides dont la popularité a largement devancé les preuves. Présenté sur les réseaux sociaux et dans certaines cliniques « bien-être » comme un peptide minceur et « mimétique de l’exercice », il n’avait jusqu’ici fait l’objet d’aucun essai contrôlé publié chez l’humain. Cela pourrait changer : un essai de phase 2a randomisé contre placebo, baptisé MOTS-MET, a ouvert ses inclusions au printemps 2026. Il ne livrera pas de résultats avant 2027.

Ce qu’il faut retenir

  • L’essai MOTS-MET (NCT07505745), de phase 2a, recrute 120 adultes prédiabétiques en surpoids ou obèses.
  • Il compare 12 semaines de MOTS-c à un placebo ; critère principal : la sensibilité à l’insuline et la sécurité.
  • Fin des mesures principales visée en février 2027 ; aucun résultat n’est disponible à ce jour.
  • Le 23 juillet 2026, le comité consultatif de la FDA a voté pour sa préparation magistrale (7-5), contre l’avis des experts de l’agence.
  • Le MOTS-c figure explicitement sur la liste des interdictions de l’AMA (section S4).

Un peptide né dans la mitochondrie

Le MOTS-c est un petit peptide de 16 acides aminés codé non pas par l’ADN du noyau, mais par celui des mitochondries, les centrales énergétiques de nos cellules. Chez l’animal, il agit notamment sur l’AMPK, une enzyme qui joue le rôle de capteur énergétique et favorise l’utilisation du glucose. C’est de ces travaux sur des rongeurs, ainsi que d’études de mécanisme, qu’est née sa réputation. Comme le résume le site spécialisé Peptide Current, toute l’histoire publique du MOTS-c reposait jusqu’à présent sur l’animal et la biologie cellulaire.

MOTS-MET : ce que l’essai va mesurer

Enregistré sous la référence NCT07505745 et financé par la société Hudson Biotech, l’essai MOTS-MET prévoit d’inclure 120 adultes atteints de prédiabète et en surpoids ou obèses. Il est randomisé, en double aveugle et contrôlé par placebo. Les participants reçoivent le peptide ou un placebo pendant 12 semaines, suivies de quatre semaines de surveillance.

Le critère principal est la sensibilité à l’insuline, mesurée lors d’une hyperglycémie provoquée par voie orale, ainsi que la sécurité. Les chercheurs suivront aussi l’HbA1c (le marqueur du diabète sur trois mois), la glycémie à jeun, les lipides, le poids, le tour de taille et l’immunogénicité, c’est-à-dire la production éventuelle d’anticorps contre le peptide. Selon les informations publiées, le seul centre listé se trouve à Shenzhen, en Chine. Les inclusions ont commencé le 1er avril 2026, la fin des mesures principales est visée pour février 2027 et la clôture complète pour mai 2028.

Un point mérite d’être souligné : un essai de phase 2a reste un essai exploratoire, de taille modeste et de courte durée. Même positif, il ne suffirait pas à établir l’efficacité ni la sécurité à long terme du MOTS-c.

Un comité de la FDA favorable, des experts réticents

Ce lancement coïncide avec un épisode réglementaire important aux États-Unis. Le 23 juillet 2026, le comité consultatif de la FDA sur la préparation magistrale (PCAC) a voté par 7 voix contre 5 (deux abstentions) en faveur de l’inscription du MOTS-c sur la liste des substances utilisables par les pharmacies pour préparer des médicaments sur ordonnance. Les indications proposées étaient l’obésité et l’ostéoporose.

Ce vote est allé à l’encontre de l’avis écrit des scientifiques de la FDA, qui avaient recommandé de ne retenir aucun des sept peptides examinés. Parmi les points de vigilance cités pour le MOTS-c figurait justement son statut de substance interdite par l’Agence mondiale antidopage. Le vote ne vaut pas autorisation : la FDA doit encore conduire une procédure de réglementation avec consultation publique, qui pourrait s’étaler sur plusieurs mois ou années.

Interdit aux sportifs, en et hors compétition

Pour les athlètes, la question est tranchée depuis longtemps. Le MOTS-c figure nommément sur la liste des interdictions de l’AMA, dans la section S4 des « modulateurs hormonaux et métaboliques », comme exemple d’activateur de l’AMPK. L’agence antidopage américaine USADA a mis en garde les sportifs en rappelant que ce peptide est commercialisé par des cliniques et sur les réseaux sociaux comme produit amaigrissant, alors qu’il s’agit d’une molécule expérimentale non approuvée pour un usage thérapeutique humain.

En France, le MOTS-c n’a aucune autorisation de mise sur le marché. Les produits vendus en ligne comme « réactifs de recherche » n’offrent aucune garantie de pureté, de dosage ou de stérilité.

Ce qu’il faut retenir

  • Le niveau de preuve du MOTS-c chez l’humain reste quasi nul : l’essentiel des données vient de l’animal.
  • Le premier essai contrôlé de phase 2a (120 participants, 12 semaines) est en cours ; résultats principaux attendus au mieux en 2027.
  • Un comité de la FDA a soutenu sa préparation magistrale, mais rien n’est encore autorisé.
  • Le MOTS-c est explicitement interdit par l’AMA. Pour aller plus loin : notre fiche MOTS-c.

Sources

Article publié à titre d’information, il ne remplace pas l’avis d’un professionnel de santé. Aucun produit non autorisé ne doit être utilisé hors cadre médical. Avertissement médical.

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