Faire passer un peptide par l’estomac sans qu’il soit détruit reste l’un des défis majeurs de la pharmacologie. Novo Nordisk y travaille depuis des années, et son candidat amycrétine, rebaptisé zénagamtide, vient de franchir une étape. Un essai de phase 2 publié dans The Lancet à la mi-août 2026 montre que la version en comprimé quotidien améliore nettement le contrôle du diabète et fait perdre du poids, au prix d’effets digestifs fréquents.
Ce qu’il faut retenir
- Le zénagamtide (ex-amycrétine) est une molécule unique qui active à la fois les récepteurs du GLP-1 et de l’amyline.
- Essai de phase 2 publié dans The Lancet (août 2026) : 186 adultes diabétiques de type 2, 36 semaines, comprimé quotidien contre placebo.
- Baisse de l’HbA1c jusqu’à 1,4 point et perte de poids allant jusqu’à 10,3 % dans le meilleur groupe.
- Effets digestifs fréquents : jusqu’à 47 % des participants dans le groupe à la plus forte dose, contre 23 % sous placebo.
- Novo Nordisk prévoit des essais de phase 3 dans le diabète de type 2 ; la molécule n’est autorisée nulle part.
Une seule molécule, deux hormones
Le zénagamtide est un agoniste « unimoléculaire » : une seule molécule qui active à la fois les récepteurs du GLP-1, la cible du sémaglutide, et ceux de l’amyline, une hormone sécrétée par le pancréas qui favorise la satiété. C’est la différence avec le CagriSema, le duo de Novo Nordisk qui associe deux molécules distinctes. Le laboratoire développe le zénagamtide à la fois en injection hebdomadaire et en comprimé quotidien.
Ce que montre l’essai du Lancet
L’étude, dirigée notamment par Julio Rosenstock et Vanita Aroda, a été menée dans 83 centres de 11 pays. Elle a inclus 186 adultes atteints de diabète de type 2 insuffisamment contrôlé sous metformine, avec ou sans inhibiteur de SGLT2. Les participants ont reçu pendant 36 semaines l’une des trois doses testées du comprimé ou un placebo.
À 36 semaines, l’HbA1c, le marqueur de l’équilibre glycémique sur trois mois, a baissé de 0,9 à 1,4 point selon la dose, contre une baisse bien plus faible sous placebo. Les différences avec le placebo étaient statistiquement significatives pour les trois doses. La perte de poids la plus importante, 10,3 % en moyenne par rapport au poids de départ, a été observée dans le groupe recevant la dose intermédiaire.
Les effets indésirables digestifs (nausées, vomissements, diarrhée…) ont été les plus fréquents et augmentaient avec la dose : 26 %, 41 % et 47 % des participants selon le groupe, contre 23 % sous placebo. Des effets indésirables graves ont touché 4 % des participants traités, aucun dans le groupe placebo. Les auteurs concluent à un profil de sécurité cohérent avec les autres traitements de cette famille. L’essai a été financé par Novo Nordisk.
L’injectable n’est pas en reste
La version injectable a, elle, été présentée en juin 2026 au congrès de l’American Diabetes Association, à La Nouvelle-Orléans. Dans un essai de phase 2b mené chez 262 adultes diabétiques de type 2, l’injection hebdomadaire a permis une baisse de l’HbA1c allant jusqu’à 1,71 point et une perte de poids allant jusqu’à 14,6 % à 36 semaines, contre 2,1 % sous placebo, selon le communiqué de Novo Nordisk. Ces résultats n’ont, à ce stade, été communiqués que sous forme de résumé de congrès.
Chez les personnes obèses sans diabète, une étude de phase 1b/2a sur 125 participants avait rapporté en 2025 une perte de poids allant jusqu’à 22 % à 36 semaines avec la forme injectable. Les diabétiques perdent généralement moins de poids que les non-diabétiques avec ces traitements, ce qui explique en partie l’écart.
Pourquoi le comprimé compte
Un traitement oral efficace éviterait les injections et pourrait simplifier la production et la distribution, à l’heure où l’accès aux traitements de l’obésité reste un enjeu majeur. Mais les peptides oraux ont un défaut connu : une grande partie de la molécule est détruite dans le tube digestif, ce qui impose des quantités de principe actif bien plus élevées que par injection. Ici, la perte de poids obtenue avec le comprimé reste inférieure à celle de l’injection dans des populations comparables.
Prochaine étape : la phase 3
Novo Nordisk a annoncé en novembre 2025 l’extension de son programme de phase 3 au diabète de type 2, avec un démarrage prévu en 2026. Dans son communiqué de juin, le laboratoire évoquait le second semestre 2026. Un programme de phase 3 dans l’obésité avait également été annoncé pour 2026. Le zénagamtide n’est autorisé dans aucun pays, et une éventuelle mise sur le marché n’est pas envisageable avant plusieurs années.
Ce qu’il faut retenir
- Le zénagamtide (amycrétine) combine en une molécule l’action du GLP-1 et de l’amyline.
- Sa forme orale réduit l’HbA1c jusqu’à 1,4 point et le poids jusqu’à 10,3 % en 36 semaines chez des diabétiques de type 2 (phase 2, The Lancet).
- Les effets digestifs sont fréquents et augmentent avec la dose.
- La molécule entre en phase 3 et n’est autorisée nulle part. Pour comprendre la famille des incrétines : notre dossier GLP-1.
Sources
- Mora P., Aroda V.R., Rosenstock J. et al., Efficacy and safety of once-daily oral zenagamtide… phase 2 trial, The Lancet, vol. 408, août 2026
- Novo Nordisk, zenagamtide shows significant A1C reductions with up to 14.6% weight loss, ADA 2026, 5 juin 2026
- Diabetes (supplément ADA 2026), 1730-P: Zenagamtide (Amycretin)… Phase 2b Results in T2D
- Fierce Biotech, Novo Nordisk expands pivotal amycretin program after dual agonist shines in diabetes, 25 novembre 2025
- Clinical Trials Arena, Novo Nordisk ramps up obesity fight, advances amycretin to Phase III, 13 juin 2025
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