Ozempic et cancer : un risque 38 % plus bas que sous insuline, ce que l’on sait vraiment

Une étude publiée mardi 3 novembre dans JAMA Network Open lie les traitements de la famille d'Ozempic à 38 % de cancers liés à l'obésité en moins qu'avec l'insuline, sur trois ans. Mais pas d'avantage net face à la metformine, et aucune preuve de cause à effet.

Santé et consultation médicale

Vous avez un diabète de type 2 et vous prenez Ozempic, Mounjaro ou un traitement de la même famille ? Vous vous êtes peut-être déjà demandé si ces médicaments augmentent ou réduisent le risque de cancer. Une nouvelle étude américaine, publiée ce mardi 3 novembre, apporte un élément de réponse. Plutôt rassurant, mais à lire avec soin.

Ce qu’il faut retenir

  • Chez des diabétiques de type 2, environ 1,25 cas en moins pour 100 personnes en trois ans, comparé à l’insuline.
  • Aucune différence claire face à la metformine et à deux autres familles de traitements.
  • Une étude d’observation : elle montre un lien, pas une protection prouvée.
  • Les auteurs ne conseillent pas de choisir un traitement pour prévenir un cancer.

Qu’ont-ils découvert ?

Des chercheurs du centre médical UT Southwestern, à Dallas, ont étudié les dossiers médicaux de 359 595 adultes américains, suivis entre 2010 et 2025. Tous avaient un diabète de type 2 et commençaient un nouveau traitement. Aucun n’avait de cancer lié à l’obésité au départ.

Ces cancers forment un groupe de 13 types, parmi lesquels ceux du côlon et du rectum, du foie, du pancréas, du rein, de l’utérus et le cancer du sein après la ménopause. Aux États-Unis, ils représentent environ 40 % des cancers diagnostiqués chaque année, rappelle Medical Daily.

Les chercheurs ont comparé les personnes qui démarraient un médicament de la famille d’Ozempic, appelée GLP-1, à celles qui démarraient un autre traitement du diabète. Voici le résultat :

  • Face à l’insuline : 38 % de risque en moins à trois ans et 39 % à cinq ans.
  • Face aux sulfamides (une autre famille de comprimés contre le diabète) : 33 % de moins à trois ans et 25 % à cinq ans.
  • Face à la metformine et à deux autres familles récentes : pas de différence claire.

Ces pourcentages paraissent élevés. En valeur réelle, l’écart est plus modeste : environ 1,25 cas de moins pour 100 personnes en trois ans par rapport à l’insuline.

Est-ce que les chercheurs y croient ?

Pas au point d’en tirer une consigne de prescription. Les auteurs écrivent eux-mêmes que leurs résultats « ne plaident pas pour le choix d’un traitement du diabète dans le but de prévenir un cancer » (traduit par nos soins, cité par Medical Daily). Pour eux, ce sont les bénéfices déjà établis sur le cœur, les reins et le métabolisme qui doivent continuer à guider le choix.

Un détail compte : l’avantage se voit surtout chez les personnes dont le diabète est le moins sévère. Chez celles dont le diabète est le plus sévère, la comparaison à trois ans penche même dans l’autre sens face à une autre famille de médicaments, les inhibiteurs SGLT2. Les auteurs qualifient toutefois ces analyses par niveau de sévérité d’exploratoires.

Nous n’avons pas trouvé, à ce stade, de réaction d’un expert indépendant de l’étude.

Pourquoi rester prudent ?

  • Association, pas preuve. Personne n’a été tiré au sort. Les personnes mises sous insuline ont souvent un diabète plus avancé, et les chercheurs ont dû corriger ces écarts par le calcul.
  • Un format court. C’est une « research letter », et les cancers sont analysés en groupe, sans résultat par type de cancer.
  • Le financement. L’étude est financée par des organismes publics américains, qui n’ont joué aucun rôle dans sa conduite. Un des auteurs, le Dr Jaime Almandoz, déclare des honoraires de plusieurs laboratoires, dont Novo Nordisk et Eli Lilly.

Qu’est-ce que ça change pour vous ?

Rien dans l’immédiat. Cette étude ne justifie ni de demander un changement de traitement, ni d’arrêter l’insuline. Comme le rappelle l’Institut américain du diabète (NIDDK), cité par Medical Daily : « Les médicaments GLP-1 ne remplacent pas l’insuline » (traduit par nos soins).

Elle apporte surtout un élément rassurant de plus sur le sujet, et complète d’autres grands travaux sur les bénéfices et les risques de ces traitements.

Quelques questions à poser à votre médecin :

  • Mon traitement actuel est-il toujours le mieux adapté à mon diabète ?
  • Quels dépistages du cancer dois-je faire à mon âge ?
  • Comment agir sur mon poids, qui reste un facteur de risque en soi ?

Et en France et en Belgique ?

En France, Ozempic est un médicament du diabète de type 2, sur ordonnance. Wegovy et Mounjaro sont remboursés depuis la mi-juin pour certaines personnes atteintes d’obésité, selon franceinfo. En Belgique, Mounjaro et Ozempic sont remboursés sous conditions pour le diabète de type 2, mais pas pour l’obésité, rapporte la RTBF.

Ces médicaments ne sont autorisés nulle part comme traitement préventif du cancer. Pour toute décision, parlez-en à votre médecin ou à votre pharmacien.

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Sources

Article publié à titre d’information, il ne remplace pas l’avis d’un professionnel de santé. Aucun produit non autorisé ne doit être utilisé hors cadre médical. Avertissement médical.

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