Ozempic, Mounjaro après un cancer du sein : 3 fois moins de lymphœdème ? Ce que l’on sait

Deux études mises en ligne les 26 et 27 octobre 2026 associent les GLP-1 à près de trois fois moins de lymphœdème du bras après un cancer du sein. Mais sous hormonothérapie, la perte de poids n'atteint que 4,5 % en un an : des pistes, pas des preuves.

Santé et consultation médicale

Vous avez été opérée d’un cancer du sein et votre médecin vous parle d’Ozempic ou de Mounjaro ? Deux études américaines, mises en ligne ce lundi et ce mardi, posent deux questions concrètes. Ces traitements protègent-ils du « gros bras » après la chirurgie ? Et font-ils autant maigrir quand on prend une hormonothérapie ? Les réponses sont nuancées.

Ce qu’il faut retenir

  • Lymphœdème noté chez 0,88 % des utilisatrices de GLP-1, contre 2,58 % (61 630 patientes comparées)
  • Sous hormonothérapie : 4,5 % de poids perdu en moyenne à 12 mois, contre 10 à 20 % dans les grands essais
  • Deux études rétrospectives, sans financement de laboratoire : une association, pas une preuve
  • Aucun GLP-1 n’est autorisé pour prévenir le lymphœdème

Moins de « gros bras » après l’opération ?

Le lymphœdème, c’est un gonflement du bras. Il survient quand la lymphe, le liquide qui circule dans les ganglions, s’accumule dans les tissus. Le retrait des ganglions de l’aisselle, la radiothérapie de cette zone et l’obésité en augmentent le risque. Une fois installé, il est souvent durable.

La première étude a été publiée ce mardi 27 octobre dans la revue Supportive Care in Cancer. Une équipe de l’hôpital Jefferson Einstein de Philadelphie a fouillé les dossiers médicaux anonymisés de 113 organismes de santé, réunis dans la base TriNetX. Elle a comparé des femmes opérées d’un cancer du sein (ablation du sein ou chirurgie des ganglions de l’aisselle). D’un côté, 30 815 patientes qui prenaient un médicament de la famille du GLP-1 (sémaglutide, la molécule d’Ozempic et Wegovy, tirzépatide, celle de Mounjaro, ou d’autres). De l’autre, 30 815 patientes qui n’en prenaient pas, choisies pour leur ressembler (âge, maladies, etc.).

Résultat, sur un peu moins de deux ans de suivi : un lymphœdème a été noté dans le dossier de 0,88 % des utilisatrices, contre 2,58 % des autres. Soit environ 1 femme sur 114, contre 1 sur 40. Près de trois fois moins. Autrement dit, la différence représente un cas pour 59 patientes.

Les auteurs restent prudents. « Ces résultats permettent seulement de formuler des hypothèses et doivent être confirmés par des études prospectives avec un dépistage systématique du lymphœdème », écrivent-ils dans leur résumé (traduit par nos soins). Une étude prospective suit les patientes dans le temps, avec des mesures prévues à l’avance.

Maigrit-on autant sous hormonothérapie ?

La seconde étude a été mise en ligne ce lundi 26 octobre dans Breast Cancer Research and Treatment. Elle vient de l’hôpital Mount Sinai, à New York. Keri Morgan Cronin et Amy Tiersten, oncologues spécialistes du sein, ont suivi 269 patientes. Toutes prenaient un GLP-1 en même temps qu’une hormonothérapie, ce traitement qui bloque l’effet des hormones sur la tumeur, pendant au moins un an. Selon les autrices, ces traitements ont des effets défavorables sur le métabolisme.

Au bout de 12 mois, la perte de poids moyenne n’est que de 4,5 %, soit environ 3,9 kg. Les grands essais des laboratoires affichaient 10 à 20 % chez les femmes ménopausées. Le sémaglutide fait un peu mieux (5,8 %) que le tirzépatide (4,7 %). Le dulaglutide (Trulicity) ne fait rien perdre en moyenne. Environ 1 patiente sur 5 a tout de même perdu au moins 10 % de son poids.

Les autrices concluent que ces médicaments « produisent une perte de poids statistiquement significative mais nettement atténuée » chez ces patientes (traduit par nos soins). Point à noter : 7 patientes sur 10 étaient aussi diabétiques.

Pourquoi rester prudent ?

  • Qui finance ? Aucun laboratoire. Les deux équipes déclarent n’avoir reçu aucun financement et n’avoir aucun lien d’intérêts.
  • Quel type d’étude ? Deux études rétrospectives, qui relisent des dossiers existants. La seconde est petite (269 femmes) et vient d’un seul hôpital. La première repose sur des codes de diagnostic, qui peuvent oublier des cas.
  • Chez l’humain ? Oui, ce sont des patientes réelles, pas des animaux.
  • Association n’est pas preuve. Les utilisatrices de GLP-1 n’étaient pas tout à fait comparables, notamment pour le poids, reconnaissent les chercheurs. Rien ne prouve que le médicament lui-même protège le bras.

Qu’est-ce que ça change pour vous ?

Pour l’instant, rien dans votre traitement. Aucune autorité ne recommande un GLP-1 pour prévenir le lymphœdème. Ce n’est pas une indication de ces médicaments. Si votre bras gonfle, devient lourd ou serré, parlez-en vite à votre médecin ou à votre kinésithérapeute : plus on agit tôt, mieux c’est.

Si vous êtes sous hormonothérapie et sous Ozempic ou Mounjaro, une perte de poids modeste n’est pas forcément un échec. Ne changez rien seule : votre oncologue et votre médecin traitant peuvent en parler ensemble.

En France, Mounjaro et Wegovy sont remboursés à 65 % dans l’obésité depuis le 15 juin 2026, sous conditions strictes. Il faut notamment un indice de masse corporelle d’au moins 40, ou d’au moins 35 avec une complication comme le diabète, et une première ordonnance d’un médecin spécialisé. Ozempic reste réservé au diabète de type 2. En Belgique, le ministre de la Santé a refusé en juin le remboursement de Wegovy dans l’obésité. Pour vos autres questions, consultez notre FAQ sur les GLP-1.

👥 Vous êtes sous Ozempic, Wegovy ou Mounjaro ?

Rejoignez notre groupe Facebook d’entraide France & Belgique : questions, expériences, actus vérifiées, sans pub pour des médicaments.

Rejoindre le groupe

Sources

Article publié à titre d’information, il ne remplace pas l’avis d’un professionnel de santé. Aucun produit non autorisé ne doit être utilisé hors cadre médical. Avertissement médical.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Retour en haut