Ozempic et chocolat d’Halloween en baisse aux États-Unis : ce que l’on sait vraiment

Les ventes de chocolat d'Halloween reculent de 33,1 millions de dollars aux États-Unis, selon des chiffres publiés le 30 octobre. Ozempic est pointé du doigt, mais personne ne mesure sa part, et Hershey accuse surtout le budget des familles.

Assiette de légumes et salade

Moins de chocolat au lait dans les paniers d’Halloween aux États-Unis, et un suspect tout trouvé : Ozempic. Selon des chiffres publiés vendredi 30 octobre par l’agence Reuters, ces ventes reculent nettement cette année. Mais les médicaments amaigrissants sont-ils vraiment responsables ? La réponse est moins simple que le titre.

Ce qu’il faut retenir

  • Les ventes de chocolat d’Halloween ont perdu 33,1 millions de dollars aux États-Unis en neuf semaines
  • Reuters cite l’essor des traitements GLP-1 parmi les causes, mais aucun chiffre ne mesure leur part
  • Hershey, de son côté, met surtout en avant le budget serré des familles
  • Une étude de Cornell a bien observé environ 10 % de baisse sur les snacks salés chez les ménages sous traitement

Que disent les chiffres ?

Les données viennent de NIQ, une société qui mesure les ventes en magasin. Sur les neuf semaines terminées le 17 octobre, les ventes de chocolats d’Halloween ont baissé de 33,1 millions de dollars par rapport à l’an dernier. C’est le plus fort recul depuis au moins trois ans, rapporte Reuters.

Toute la baisse vient du chocolat au lait. Le chocolat blanc reste stable, et le chocolat noir progresse légèrement. Autre signe : les petits formats gagnent 24 % en valeur, alors que tous les formats plus grands reculent.

« Les consommateurs font des choix très différents selon le format, le prix et le produit », résume Chris Costagli, responsable des analyses alimentation chez NIQ, cité par Reuters (traduit par nos soins).

Ces chiffres s’arrêtent deux semaines avant Halloween. Or environ 35 % des ventes saisonnières se font la toute dernière semaine, selon le magazine Fortune. Le bilan final peut donc encore bouger.

Ozempic est-il vraiment le coupable ?

En partie peut-être, mais personne ne sait dans quelle proportion. Reuters range l’usage croissant des traitements GLP-1, la famille d’Ozempic et de Wegovy, parmi les moteurs de ces achats plus « sains », aux côtés de la campagne américaine « Make America Healthy Again ». Mais aucune des personnes citées dans l’article n’attribue un chiffre à ces médicaments.

Le premier concerné donne une autre explication. Selon Fortune, Hershey met en avant l’essence chère, autour de 4,29 dollars le gallon, soit près de 40 % de plus en un an, et une inflation qui pèse sur les familles. Le prix des friandises joue aussi : un sachet de 100 bonbons d’Halloween coûte en moyenne 16,96 dollars, 71 % de plus qu’en 2021.

Pour Dave Hulays, directeur financier de Hershey, il s’agit « davantage d’un problème de canal et de fréquence d’achat que d’un problème de catégorie » (traduit par nos soins, via Fortune).

Attention, Hershey a tout intérêt à dire que l’envie de chocolat reste intacte : c’est son métier d’en vendre.

Que sait-on de l’effet d’Ozempic sur les courses ?

Là, il existe de vraies données, plus anciennes. Une étude de l’université Cornell, publiée en décembre 2025 dans le Journal of Marketing Research, s’appuie sur un panel d’environ 150 000 ménages américains. Résultat : dans les six mois suivant le début d’un traitement, les dépenses d’épicerie baissent d’environ 5,3 %.

Les snacks salés reculent d’environ 10 %. Les sucreries, pâtisseries et biscuits baissent dans des proportions comparables. À l’inverse, les yaourts, les fruits frais et les barres nutritionnelles progressent un peu. Et ce n’est pas forcément durable : environ un tiers des utilisateurs ont arrêté pendant l’étude, et leurs dépenses sont revenues au niveau d’avant.

Nous détaillons ces changements dans notre dossier sur l’effet Ozempic sur la consommation.

Pourquoi rester prudent ?

  • Les chiffres de vente ne disent pas qui achète : impossible de savoir si les personnes sous traitement sont celles qui ont réduit le chocolat.
  • Plusieurs causes se mélangent : prix, budget, calendrier, modes alimentaires.
  • L’étude de Cornell porte sur des ménages américains et elle est observationnelle : elle montre une association, pas une preuve que le médicament explique tout.

Qu’est-ce que ça change pour vous ?

Rien d’immédiat si vous n’êtes pas concerné. Si vous êtes sous traitement et que vous mangez moins de sucreries, cela va dans le sens de ces données, mais ce n’est pas une règle : chacun réagit différemment. L’important reste de bien manger avec un appétit réduit. Parlez-en à votre médecin ou à un diététicien, surtout si vous mangez très peu, ou si vous envisagez d’arrêter. Pensez aussi à nos idées de recettes faciles.

Et en France ? Nous n’avons pas trouvé de chiffre équivalent sur le chocolat. Le sujet peut toutefois y prendre de l’ampleur : Novo Nordisk annonce environ 100 000 patients sous Wegovy, et la version en comprimé est commercialisée à partir de ce lundi 2 novembre, sur ordonnance et sans remboursement (prix et conditions ici). La forme injectable est remboursée sous conditions depuis juin.

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Sources

Article publié à titre d’information, il ne remplace pas l’avis d’un professionnel de santé. Aucun produit non autorisé ne doit être utilisé hors cadre médical. Avertissement médical.

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