Vous avez peut-être pris un traitement anti-obésité et passé plus de temps au lit qu’à table ? C’est ce qu’a vécu l’humoriste américaine Amy Schumer avec Ozempic. Aujourd’hui, elle affirme peser 68 kg depuis un an grâce à Mounjaro. Son histoire illustre une réalité bien documentée : on ne réagit pas tous de la même façon à ces médicaments.
Ce qu’il faut retenir
- Amy Schumer, 45 ans, dit peser 150 livres (68 kg) depuis un an sous Mounjaro, après environ 23 kg perdus.
- Sous Ozempic, elle raconte avoir été clouée au lit et avoir vomi.
- Dans les essais, les nausées touchent 25 à 44 % des patients selon le médicament et la dose.
- Mounjaro est remboursé dans l’obésité sévère en France depuis le 15 juin 2026, pas en Belgique.
Qu’a annoncé Amy Schumer ?
Dans une story Instagram relayée jeudi 22 octobre par The Daily Beast, l’humoriste de 45 ans écrit : « Weighing in at 150 for a year now » (« je pèse 150 livres depuis un an maintenant », traduit par nos soins), soit environ 68 kg. Elle remercie au passage « monjouro », en écorchant le nom de Mounjaro, et se dit « en pleine forme ». Selon le magazine Parade, elle avait perdu environ 50 livres (près de 23 kg) en un an sous ce traitement.
Son parcours médical n’est pas banal : en 2024, on lui a diagnostiqué un syndrome de Cushing, une maladie hormonale rare liée à un excès de cortisol, l’hormone du stress, qui fait notamment gonfler le visage.
Pourquoi a-t-elle si mal supporté Ozempic ?
Elle l’a raconté dès 2023 à l’animateur Andy Cohen, expliquant qu’elle s’était sentie très malade et ne pouvait plus jouer avec son fils. Elle a précisé en janvier 2025 dans l’émission de Howard Stern :
« J’étais comme clouée au lit, je vomissais, et puis on n’a plus d’énergie, mais d’autres le prennent et ça se passe bien pour eux. » (traduit par nos soins)
Ce n’est pas un cas isolé. Les troubles digestifs sont les effets indésirables les plus fréquents de ces médicaments. Dans le grand essai de référence du sémaglutide (la molécule d’Ozempic et de Wegovy), mené sur près de 2 000 adultes pendant 68 semaines, 44 % des participants traités ont eu des nausées, contre 17 % sous placebo. Avec le tirzépatide (la molécule de Mounjaro), l’essai équivalent sur plus de 2 500 personnes a relevé des nausées chez 25 % à 33 % des participants selon la dose, et des vomissements chez 8 % à 12 %, contre moins de 2 % sous placebo.
Attention, ces deux essais ne sont pas directement comparables. Le seul face-à-face publié, mené sur 751 adultes pendant 72 semaines et financé par Lilly, le fabricant de Mounjaro, montre une perte de poids moyenne de 20,2 % avec le tirzépatide contre 13,7 % avec le sémaglutide. Ses auteurs notent que, dans les deux groupes, les effets digestifs dominent, restent le plus souvent légers à modérés et surviennent surtout pendant la montée progressive des doses. Autrement dit, aucune molécule n’est « douce » pour tout le monde : certains supportent mieux l’une, d’autres l’autre.
Faut-il prendre le traitement à vie ?
Souvent, oui, pour garder le bénéfice. Dans un essai publié en 2024 dans la revue médicale JAMA, 670 personnes ayant déjà perdu du poids sous tirzépatide ont soit poursuivi le traitement, soit basculé sous placebo. Après un an, celles qui avaient arrêté avaient repris 14 % de leur poids en moyenne, tandis que les autres en avaient encore perdu 5,5 %. Cet essai était lui aussi financé par Lilly. L’obésité est considérée comme une maladie chronique : stopper le médicament expose à une reprise de poids.
Pourquoi rester prudent ?
- Un témoignage de célébrité n’est pas une preuve : Amy Schumer a un parcours médical particulier (syndrome de Cushing) et un suivi auquel tout le monde n’a pas accès.
- Les grands essais comparatifs sont financés par les fabricants eux-mêmes, même s’ils sont publiés dans des revues sérieuses.
- Un poids affiché sur Instagram ne dit rien de l’état de santé global, ni des efforts ou des difficultés derrière.
Qu’est-ce que ça change pour vous ?
En France, Ozempic est réservé au diabète de type 2 ; dans l’obésité, ce sont Wegovy et Mounjaro qui sont autorisés. Depuis le 15 juin 2026, ils sont remboursés à 65 % pour les adultes atteints d’obésité sévère (indice de masse corporelle, ou IMC, d’au moins 35 avec une maladie associée, ou d’au moins 40), après l’échec d’un programme nutritionnel, et sur première prescription d’un centre spécialisé. En Belgique, le ministre de la Santé Frank Vandenbroucke a refusé, rapportait L’Avenir mercredi 21 octobre, de rembourser Mounjaro dans l’obésité : le patient paie tout, environ 179 euros par mois pour la plus petite dose.
Si vous supportez mal votre traitement, ne l’arrêtez pas et n’en changez pas seul. Les questions à poser à votre médecin : ces effets sont-ils liés à la montée des doses ? Peut-on ajuster le rythme ? Un autre médicament serait-il plus adapté à mon cas ? Et que se passera-t-il si j’arrête ? Voir aussi notre comparatif des traitements GLP-1.
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Sources
- The Daily Beast — Amy Schumer reveals her weight after 1 year on Mounjaro (22 oct. 2026, source primaire relayant la story Instagram)
- Fox News — citation d’Amy Schumer sur Ozempic au Howard Stern Show (23 mars 2025)
- CNN — Amy Schumer chez Andy Cohen (Watch What Happens Live, 2023)
- Parade via AOL — Amy Schumer et ses 50 livres perdues (7 févr. 2026)
- Eli Lilly — résultats SURMOUNT-1 (effets indésirables)
- American College of Gastroenterology — résumé de l’essai STEP 1 (sémaglutide)
- American College of Cardiology — résumé de SURMOUNT-5 (NEJM 2025)
- TheMednet — résumé NEJM SURMOUNT-5 (effets digestifs)
- Drug Topics — SURMOUNT-5, promoteur Eli Lilly
- JAMA — SURMOUNT-4, arrêt ou poursuite du tirzépatide (2024)
- Fréquence Médicale — Wegovy et Mounjaro remboursés à partir du 15 juin 2026
- L’Avenir — Frank Vandenbroucke refuse de rembourser le Mounjaro (21 oct. 2026)
Article publié à titre d’information, il ne remplace pas l’avis d’un professionnel de santé. Aucun produit non autorisé ne doit être utilisé hors cadre médical. Avertissement médical.
