Ozempic à moins de 14 $ par mois en Inde : pourquoi la France devra attendre 2031

Le brevet d'Ozempic a expiré en Inde en mars et les copies y coûtent moins de 14 dollars par mois. Une tribune de Fortune publiée samedi 10 octobre relance le débat sur les brevets. En Europe, l'exclusivité devrait courir jusqu'en 2031.

Billets et pièces en euros

En Inde, une copie d’Ozempic se vend désormais moins de 14 dollars par mois. En France, il faudra probablement attendre 2031. Une tribune publiée ce samedi 10 octobre par le magazine américain Fortune relance le débat sur les brevets des GLP-1, en partant d’une drôle d’histoire : celle d’un lézard venimeux. Voici ce qu’il faut savoir.

Ce qu’il faut retenir

  • Le brevet du sémaglutide, la molécule d’Ozempic et de Wegovy, a expiré en Inde le 20 mars 2026.
  • Douze fabricants y ont lancé des copies. Les moins chères démarrent à 1 290 roupies par mois, soit moins de 14 dollars selon Fortune.
  • En Europe, Novo Nordisk devrait garder l’exclusivité jusqu’en 2031.
  • Pour l’auteur de la tribune, les brevets favorisent la concurrence au lieu de la freiner. C’est un point de vue, pas une étude.
  • Acheter ces copies en ligne depuis la France ou la Belgique est risqué et sans suivi médical.

Quel rapport entre un lézard et Ozempic ?

Au début des années 1990, John Eng, endocrinologue dans un hôpital pour anciens combattants du Bronx, à New York, s’intéresse au venin du monstre de Gila. Ce gros lézard vit dans le désert du sud-ouest des États-Unis. Il y découvre une molécule, l’exendine-4. Elle imite une hormone de l’intestin, le GLP-1, qui coupe l’appétit et aide à réguler le sucre dans le sang. Mais là où notre GLP-1 disparaît en quelques minutes, celle du lézard agit pendant des heures.

Le chercheur dépose un brevet. Une petite société, Amylin, en obtient la licence et en tire l’exénatide (Byetta), premier médicament de la famille des GLP-1, autorisé aux États-Unis en 2005 contre le diabète de type 2. Précision importante : Ozempic n’est pas tiré du lézard. Le sémaglutide est une version modifiée de l’hormone humaine. L’auteur de la tribune le dit lui-même : « Le monstre de Gila ne nous a pas donné les GLP-1 » (traduit par nos soins). Selon lui, c’est la protection par brevet qui a permis ce parcours de quinze ans, de la découverte au médicament.

Pourquoi les copies arrivent-elles en Inde avant la France ?

Un brevet protège une invention pendant 20 ans. Le brevet principal du sémaglutide date de 2006. Il a donc expiré en 2026 en Inde, en Chine et au Brésil, explique le cabinet britannique de propriété intellectuelle Reddie & Grose. En Europe, des certificats complémentaires de protection prolongent l’exclusivité pour compenser la durée des autorisations. Résultat : la perte d’exclusivité de Novo Nordisk y est attendue en 2031.

En Inde, le marché a basculé en six mois. Selon un décompte du site spécialisé BioPharma APAC publié le 9 octobre, douze fabricants ont lancé vingt marques. Les flacons les moins chers coûtent 1 290 roupies par mois. Novo Nordisk a dû baisser son propre prix. Ailleurs, c’est plus lent : en Chine, aucune copie n’est encore autorisée, une dizaine de dossiers étant à l’examen. Au Canada, la première copie lancée en mai a été suspendue en juillet, avec une reprise annoncée d’ici novembre.

Les brevets freinent-ils l’accès au traitement ?

C’est le cœur du débat. Pour l’auteur de la tribune, le Dr Bowman Heiden, la réponse est non. « Contrairement aux idées reçues, les brevets n’étouffent pas la concurrence », écrit-il (traduit par nos soins). Selon lui, ils obligent les laboratoires concurrents à inventer leurs propres molécules, ce qui a fait baisser les prix aux États-Unis : plus de 1 000 dollars par mois l’an dernier, à partir de 149 dollars aujourd’hui.

Il faut lire ce texte pour ce qu’il est : une tribune d’opinion. Fortune précise que les idées exprimées n’engagent que leur auteur. Le texte ne donne pas la parole aux défenseurs d’un accès plus rapide aux génériques, qui estiment, eux, que les monopoles maintiennent des prix élevés pendant des années.

Ce qu’on ne sait pas encore

  • La date exacte en Europe. 2031 est une estimation tirée des protections connues. Des procédures juridiques peuvent l’avancer ou la retarder.
  • Le prix français après 2031. Il dépendra des négociations avec l’Assurance maladie, et aucun chiffre n’existe.
  • La qualité des copies indiennes. Elles sont autorisées en Inde, pas en Europe. Aucune évaluation européenne de ces produits n’existe.
  • La Chine. Novo Nordisk y invoque une protection de ses données jusqu’en avril 2027, selon BioPharma APAC.

Concrètement, pour vous

En France et en Belgique, Ozempic, Wegovy et Mounjaro restent des médicaments sur ordonnance. Seules les boîtes délivrées en pharmacie sont contrôlées. Les produits vendus en ligne sous le nom de « sémaglutide générique » échappent à tout contrôle : contenu incertain, dosage inconnu, pas de suivi médical. Si le prix de votre traitement pose problème, parlez-en à votre médecin : il peut vérifier si vous êtes éligible au remboursement. Pour le point complet sur les copies dans le monde, lisez notre article sur les génériques du sémaglutide.

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Sources

Article publié à titre d’information, il ne remplace pas l’avis d’un professionnel de santé. Aucun produit non autorisé ne doit être utilisé hors cadre médical. Avertissement médical.

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