Votre mère ou votre père vient d’apprendre qu’il a la maladie d’Alzheimer, avec quelques kilos en trop. Faut-il le mettre au régime ? Une étude américaine publiée ce lundi 5 octobre montre le contraire de ce qu’on imagine : au moment du diagnostic, les malades en surpoids vivent en moyenne plus longtemps que ceux qui ont un poids « normal ».
Ce qu’il faut retenir
- Près de 4 500 Américains de plus de 50 ans suivis pendant 24 ans.
- Au diagnostic, les malades en surpoids ont un risque de décès 16 % plus bas.
- La maladie fait souvent maigrir jusqu’à 10 ans avant d’être détectée.
- Ce n’est pas une raison pour grossir : il faut surtout surveiller l’alimentation.
Qu’ont découvert les chercheurs ?
Des chercheurs des universités Columbia et NYU, à New York, ont suivi 4 523 Américains de plus de 50 ans, de 1998 à 2022. Tous ont fini par développer une démence, comme la maladie d’Alzheimer.
Ils ont regardé leur poids au moment du diagnostic, puis combien de temps ils ont vécu. Résultat, par rapport aux malades de poids normal :
- en surpoids, le risque de décès est 16 % plus bas ;
- en cas d’obésité modérée, il est 27 % plus bas.
Les chercheurs ont tenu compte de l’âge, du sexe, du tabac et des autres maladies. L’étude est parue dans le Journal of Alzheimer’s Disease.
Pourquoi les kilos semblent-ils protéger ?
Surtout parce que la maladie fait maigrir, bien avant qu’on la détecte. Les mêmes chercheurs avaient montré en 2023 que la perte de poids peut commencer jusqu’à dix ans avant le diagnostic.
Autrement dit, ce n’est pas la minceur qui abîme le cerveau. C’est la maladie, déjà là en silence, qui fait fondre. Une personne « mince » au diagnostic a donc souvent déjà beaucoup perdu, et elle est plus fragile.
« La nutrition peut être un gros problème pour les personnes atteintes de démence », explique Virginia Chang, professeure à NYU et première autrice. Les malades perdent l’appétit, l’envie de manger et ont du mal à se nourrir seuls.
Mais attention : « Cela ne veut pas dire que les patients atteints de démence devraient chercher à devenir en surpoids ou obèses », prévient-elle (propos traduits par nos soins). Sur toute une vie, l’obésité reste un facteur de risque de démence.
Pourquoi rester prudent ?
- C’est une étude d’observation. Elle montre un lien, pas une preuve que les kilos protègent.
- Le poids ne dit pas tout. L’IMC (le poids rapporté à la taille) ne fait pas la différence entre la graisse et le muscle.
- Ce sont des Américains. Les résultats ne sont pas forcément les mêmes en France ou en Belgique. L’étude a été financée par les instituts publics de santé américains, sans laboratoire.
Qu’est-ce que ça change pour vous ?
Le message n’est pas « mangez plus », mais « surveillez une perte de poids » chez un proche âgé. Un parent qui maigrit sans raison mérite qu’on en parle au médecin.
Et si vous êtes âgé et sous Ozempic, Wegovy ou Mounjaro ? L’étude ne porte pas sur ces médicaments. Mais ils font perdre une partie de muscle, en plus de la graisse. Après 65 ans, c’est un vrai sujet : des médecins conseillent de mesurer la force musculaire avant de commencer, et d’y associer protéines et exercice. Nos conseils sont dans notre guide pour préserver ses muscles sous GLP-1.
La question touche beaucoup de familles : environ 1,2 million de personnes vivaient avec une démence en France selon la dernière estimation de Santé publique France, et près de 215 000 en Belgique en 2025. Avant de changer d’alimentation ou de traitement, parlez-en à votre médecin ou à votre pharmacien.
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Sources
- Communiqué Columbia Mailman / NYU, « Obesity is Associated with Lower Risk of Death in Dementia », EurekAlert, 5 octobre 2026
- Chang V., Zhang Y. et al., Journal of Alzheimer’s Disease, 2026, DOI 10.1177/13872877261491694
- Zhang Y.S., Chang V.W., « Time Path of Weight Status Before and After Incident Dementia », Journal of Aging and Health, 2023
- Prokopidis K., Daly R.M., Suetta C., « Weighing the risk of GLP-1 treatment in older adults », J Nutr Health Aging, 2025
- Endocrine News, « GLP-1 Agonists and Muscle Loss: A Hidden Risk for Older Adults », 18 septembre 2025
- Alzheimer Europe, commission du Lancet 2024 sur la prévention de la démence
- Santé publique France, Maladie d’Alzheimer et autres démences, en bref
- La Libre Belgique, « Forte hausse du nombre de cas de la maladie d’Alzheimer en Belgique à l’horizon 2050 », 15 juin 2026
Article publié à titre d’information, il ne remplace pas l’avis d’un professionnel de santé. Aucun produit non autorisé ne doit être utilisé hors cadre médical. Avertissement médical.
