Ozempic, Wegovy : l’OMS dit non aux médicaments anti-obésité avant 10 ans

Ce mercredi 7 octobre, l'OMS publie ses premières recommandations sur l'obésité des jeunes : pas de médicament comme Ozempic ou Wegovy avant 10 ans, et seulement en second recours chez les ados. Ce que ça change, et ce qu'on ne sait pas encore.

Santé et consultation médicale

Votre enfant a moins de 10 ans et des kilos en trop ? Ozempic, Wegovy ou un autre médicament amaigrissant ne sont pas la solution, selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Dans ses toutes premières recommandations sur l’obésité des enfants et des adolescents, publiées ce mercredi 7 octobre, elle déconseille tout médicament, toute chirurgie et tout appareil amaigrissant avant 10 ans.

Ce qu’il faut retenir

  • Avant 10 ans : pas de médicament anti-obésité, pas de chirurgie, pas d’appareil. Priorité à l’alimentation, au sport et à l’accompagnement.
  • De 10 à 19 ans : un médicament peut être envisagé, mais seulement si un suivi encadré n’a pas suffi.
  • Pour l’OMS, les preuves sur les GLP-1 (la famille d’Ozempic) chez les jeunes restent insuffisantes.
  • 170 millions d’enfants et d’adolescents vivent avec une obésité dans le monde, quatre fois plus qu’en 1990.

Que dit exactement l’OMS ?

L’OMS a publié ce 7 octobre deux textes de référence sur la prise en charge de l’obésité chez les jeunes. C’est une première : jusqu’ici, ses recommandations sur les traitements de l’obésité visaient les adultes. La présentation officielle a lieu cet après-midi, de 13 h à 14 h 10 (heure de Paris), lors d’un webinaire.

Le message tient en deux âges :

  • De 0 à 9 ans : l’OMS ne recommande ni médicament, ni chirurgie bariatrique (l’opération de l’estomac), ni appareil amaigrissant. Seuls l’alimentation, l’activité physique et un soutien pour changer ses habitudes sont recommandés, rapportent les agences AFP et Reuters.
  • De 10 à 19 ans : un médicament amaigrissant peut être envisagé, mais seulement après l’échec d’un programme encadré par des soignants. La chirurgie reste possible pour des adolescents arrivés à maturité, avec une obésité sévère, après six mois de traitement sans résultat.
« La base de la prise en charge de l’obésité chez les enfants et les adolescents, ce ne sont pas les médicaments ni la chirurgie, mais l’accès à un accompagnement complet qui permet de bien manger, de bouger et de changer durablement ses habitudes », résume Luz María De Regil, directrice du département Nutrition et sécurité sanitaire des aliments de l’OMS, citée par Reuters et l’AFP (traduit par nos soins).

Et Ozempic, Wegovy ou Mounjaro dans tout ça ?

Ces médicaments, appelés GLP-1, imitent une hormone qui coupe l’appétit. Ils ont révolutionné le traitement de l’obésité chez l’adulte. En 2025, l’OMS avait d’ailleurs recommandé leur usage chez les adultes obèses, sous conditions.

Chez les jeunes, elle est beaucoup plus prudente. Selon Reuters, l’OMS estime que les preuves sur les GLP-1 sont pour l’instant insuffisantes chez l’enfant. Elle dit suivre de près les essais en cours et pourrait revoir sa position quand de nouvelles données arriveront.

Un rappel utile : Ozempic n’est pas un médicament de l’obésité. Il est autorisé pour le diabète de type 2 chez l’adulte. Dans l’Union européenne, donc en France et en Belgique, Wegovy et Saxenda (un GLP-1 plus ancien) sont autorisés pour l’obésité dès 12 ans, et Saxenda aussi pour certains enfants de 6 à 11 ans, rappelle Reuters. Ces autorisations ne changent pas. Mais la position de l’OMS pèse sur les pratiques des médecins dans le monde.

Pourquoi cette prudence ?

Parce que l’usage explose, surtout aux États-Unis. Une étude publiée dans la revue Pediatrics a mesuré que les prescriptions de GLP-1 chez les enfants obèses de 8 à 11 ans y ont été multipliées par 310 depuis 2019. Cela reste rare : 0,6 % des 3,5 millions d’enfants obèses de cette tranche d’âge en ont reçu.

Tous les spécialistes ne voient pas ces traitements d’un mauvais œil. L’auteur de cette étude, le Dr Babak Orandi, professeur associé à NYU Langone (New York), souligne que 94 % des enfants traités avaient une obésité sévère avec des complications. « Ces enfants présentent déjà des maladies d’adultes liées à l’obésité : apnée du sommeil, prédiabète, hypertension, maladie du foie », écrivait-il le 1er octobre dans STAT (traduit par nos soins).

Le débat est donc ouvert : protéger les enfants de traitements encore mal connus, ou soigner tôt ceux qui sont déjà malades.

Ce qu’on ne sait pas encore

  • Le détail des textes : nous nous appuyons sur la page de publication de l’OMS et sur les dépêches de l’AFP et de Reuters. Les nuances (seuils, cas particuliers) seront précisées lors de la présentation de cet après-midi.
  • La réaction en France et en Belgique : la Haute Autorité de santé, l’ANSM et l’AFMPS belge ne se sont pas encore exprimées. Les recommandations de l’OMS ne sont pas contraignantes.
  • Les effets à long terme des GLP-1 chez un enfant en pleine croissance restent peu étudiés : c’est le cœur des réserves de l’OMS.

Qu’est-ce que ça change pour vous ?

Si votre enfant est en surpoids ou obèse, le premier interlocuteur reste le pédiatre ou le médecin traitant. En France, il existe des réseaux spécialisés dans l’obésité de l’enfant qui proposent un suivi alimentation, activité et accompagnement. Ne donnez jamais à un enfant un médicament prescrit à un adulte, et méfiez-vous des stylos vendus en ligne. Pour un adolescent déjà traité, n’arrêtez rien sans en parler à son médecin.

Le chiffre à retenir : dans le monde, 400 millions de jeunes de 5 à 19 ans étaient en surpoids en 2024, dont 170 millions obèses. Chez les 5-19 ans, l’obésité est passée de 2 % en 1990 à 8 % en 2024.

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Sources

Article publié à titre d’information, il ne remplace pas l’avis d’un professionnel de santé. Aucun produit non autorisé ne doit être utilisé hors cadre médical. Avertissement médical.

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