Mort de Richard Norton : deux peptides anti-âge mis en cause, ce qu’il faut savoir

Le 28 octobre 2026, un coroner australien a conclu que la mort de l'acteur Richard Norton, 75 ans, avait été déclenchée par l'injection de CJC-1295 et d'ipamoréline. Ces peptides anti-âge ne sont autorisés ni en France ni en Belgique et leur efficacité n'est pas prouvée.

Préparation d'une injection

À 75 ans, l’ancien cascadeur voulait mieux récupérer, garder du muscle et soulager une épaule douloureuse. Richard Norton, vu dans Mad Max: Fury Road et aux côtés de Chuck Norris dans Walker, Texas Ranger, est mort le 30 mars 2025 à Melbourne. Mercredi 28 octobre 2026, la justice australienne a conclu que son décès avait été déclenché par l’injection de deux peptides vendus comme « anti-âge » : le CJC-1295 et l’ipamoréline.

Ce qu’il faut retenir

  • Le coroner David Ryan relie la mort de Richard Norton (mars 2025) à une réaction allergique grave après injection de CJC-1295 et d’ipamoréline.
  • L’acteur s’injectait plus que la dose prescrite ; asthme et maladie du cœur figurent comme facteurs associés.
  • Le coroner recommande à l’autorité australienne d’envisager de réserver ces peptides aux essais cliniques.
  • Non autorisés comme médicaments en France et en Belgique, interdits par l’Agence mondiale antidopage.

Que dit exactement le coroner ?

Le coroner (le magistrat chargé d’enquêter sur les morts inexpliquées) de l’État de Victoria, David Ryan, a rendu ses conclusions sans audience. Selon son rapport, l’acteur s’était vu prescrire ces deux peptides par un médecin le 19 mars 2025, après des analyses de sang et la signature d’un consentement mentionnant le caractère expérimental du traitement.

Le 28 mars, il a confié à une infirmière de la clinique qu’il s’injectait davantage que la dose prescrite. Quelques heures plus tard, après une nouvelle injection, il s’est senti brûlant, puis s’est effondré. Il est mort deux jours plus tard à l’hôpital Alfred de Melbourne. Le rapport retient une anaphylaxie (réaction allergique brutale et généralisée) ayant entraîné un arrêt cardiaque, avec deux facteurs associés : un asthme et une cardiomyopathie hypertrophique (épaississement du muscle cardiaque).

Le coroner va plus loin que ce seul cas : « Je ne suis pas convaincu qu’il soit approprié qu’ils puissent être prescrits par des médecins », écrit-il (traduit par nos soins). Et d’ajouter : « Je ne vois pas clairement comment leur usage sûr peut être médicalement justifié compte tenu des incertitudes reconnues. » Il recommande à l’autorité australienne du médicament, la Therapeutic Goods Administration (TGA), d’envisager de les classer dans l’annexe 10 de la réglementation sur les substances dangereuses, ce qui les réserverait de fait aux essais cliniques. Selon le rapport, la TGA avait déjà reçu six signalements de réactions allergiques graves liées à des peptides non autorisés (dont le BPC-157 et le TB-500), dont trois anaphylaxies avec l’association CJC-1295 et ipamoréline, sans compter le cas de Richard Norton.

CJC-1295, ipamoréline : de quoi parle-t-on ?

Ce sont deux sécrétagogues de l’hormone de croissance, c’est-à-dire des molécules qui poussent l’hypophyse (une petite glande à la base du cerveau) à libérer davantage d’hormone de croissance. Le CJC-1295 imite l’hormone qui déclenche naturellement cette libération ; l’ipamoréline imite la ghréline, l’« hormone de la faim ». Sur les réseaux, le duo est vanté pour le muscle, la récupération ou le « rajeunissement ».

Le niveau de preuve est très faible. L’expert indépendant sollicité par le Medical Board of Australia (l’équivalent de l’Ordre des médecins), le professeur Alistair Vickery, a estimé qu’il n’existe pas de preuves suffisantes que ce duo soit sûr, efficace ou bénéfique chez l’humain. Aucun de ces deux produits n’est autorisé comme médicament, ni en Australie, ni en France, ni en Belgique. Ils sont en outre interdits en permanence aux sportifs par l’Agence mondiale antidopage, qui les cite nommément dans sa liste 2026.

Pourquoi rester prudent ?

  • Un cas individuel : le coroner établit un lien pour une personne, avec un terrain particulier (âge, asthme, maladie du cœur) et une dose supérieure à la prescription. Cela ne permet pas de chiffrer le risque pour tous les utilisateurs.
  • Aucune étude solide : faute d’essais cliniques de qualité, on ne connaît ni la fréquence des effets indésirables ni un éventuel bénéfice.
  • Des produits incontrôlés : ici, les injections venaient d’une pharmacie australienne autorisée à fabriquer des préparations. Les flacons vendus en ligne comme « produits de recherche » n’offrent même pas cette garantie sur leur contenu ou leur stérilité.

Qu’est-ce que ça change pour vous ?

En France comme en Belgique, ces peptides ne sont pas des médicaments autorisés : aucun n’est remboursé, et ceux qui circulent proviennent du marché gris. Le message est simple : ne les utilisez pas en dehors d’un cadre médical encadré, comme un essai clinique. Si vous en avez déjà pris et ressentez des symptômes inhabituels (bouffées de chaleur, gonflement du visage, gêne respiratoire, malaise), appelez le 15 en France ou le 112 en Belgique. Tout effet indésirable peut être déclaré sur le portail officiel signalement-sante.gouv.fr en France, ou auprès de l’Agence fédérale des médicaments et des produits de santé (AFMPS) en Belgique. Et parlez-en à votre médecin : il doit savoir ce que vous vous injectez.

En Australie, l’affaire relance le débat. La députée indépendante Monique Ryan réclame une enquête parlementaire sur la téléconsultation et la prescription en ligne de peptides. Le médecin prescripteur, qui a présenté ses excuses à la famille, a reçu un avertissement du Medical Board pour la tenue de ses dossiers. La TGA dit continuer à évaluer les risques de ces produits.

La rédaction

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Sources

Article publié à titre d’information, il ne remplace pas l’avis d’un professionnel de santé. Aucun produit non autorisé ne doit être utilisé hors cadre médical. Avertissement médical.

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