Vous vous demandez ce que l’on ressent vraiment pendant les premiers mois sous Mounjaro, Wegovy ou Ozempic ? Les essais cliniques donnent des moyennes. Les patients, eux, parlent de faim qui recule, de nausées et d’une vie qui change. Voici cinq témoignages déjà publiés par des médias suisses et canadiens, comparés à ce que dit la science.
Ce qu’il faut retenir
- 5 témoignages déjà publiés par La Presse, Global News, la RTS et La Presse Canadienne (2023-2026)
- Essai de Wegovy : 14,9 % du poids perdu en moyenne en 68 semaines, contre 2,4 % sous placebo
- Mounjaro : environ 21 à 22 % en 72 semaines aux plus fortes doses testées (avis HAS 2024)
- Troubles digestifs chez 74 % des participants sous Wegovy, contre 48 % sous placebo
- ANSM, 7 octobre 2026 : 840 000 patients traités, 2 801 effets signalés dont 515 graves
Un rappel d’abord. Wegovy et Ozempic contiennent la même molécule, le sémaglutide. Mounjaro contient du tirzépatide. Ces médicaments se prennent uniquement sur ordonnance, avec un suivi médical. Et ce que vivent ces patients ne dit pas ce que vous vivrez.
Que racontent les patients ?
Brenda, 52 ans : des pensées qui tournent en boucle
Brenda, 52 ans, gère une entreprise en ligne à Vancouver. Elle a commencé Ozempic au printemps 2023. Interrogée par La Presse Canadienne en janvier 2026, elle décrit ce que les patients appellent le « food noise », ou « appel de la nourriture » : des pensées sur la nourriture qui ne s’arrêtent jamais. « On pense constamment à la nourriture, à la pénurie, à l’excès », dit-elle. « C’est épuisant de penser comme ça. » (lire l’article)
Nadine, 64 ans : « Mon addiction, c’est la nourriture. »
À Genève, Nadine, 64 ans, vit avec une obésité sévère, des problèmes cardiaques et un diabète. Selon la RTS, elle a perdu 25 kg en deux ans et demi avec l’un des nouveaux médicaments contre l’obésité (la chaîne ne précise pas lequel), avec un suivi aux Hôpitaux universitaires de Genève. Son constat est direct : « Mon addiction, c’est la nourriture. » Sans le soutien des médecins, dit-elle, elle aurait sans doute rechuté. (lire l’article)
Christian, 68 ans : « Déjà, mon appétit a beaucoup diminué »
Au Québec, Christian, 68 ans, vit avec une obésité sévère et de petits revenus. En attendant une chirurgie de l’obésité, il a commencé Ozempic environ six semaines avant de parler à La Presse, en septembre 2023. Premier changement : « Déjà, mon appétit a beaucoup diminué. » (lire l’article)
Valérie : « J’ai l’impression d’avoir retrouvé ma vie. »
Dans le même dossier de La Presse, Valérie, mère de famille de la Montérégie, raconte avoir perdu 33 kg sous Ozempic depuis l’été 2022, après une période de forte dépression. Son résumé : « J’ai l’impression d’avoir retrouvé ma vie. » (lire l’article)
Susanne, 40 ans : une vie transformée, mais pas sans effets
Susanne, 40 ans, massothérapeute originaire d’Edmonton, s’est vu proposer Ozempic en 2019 par son spécialiste, après une chirurgie de l’obésité puis une reprise de poids. À Global News, en juillet 2023, elle raconte la montagne et ses records sportifs : « Ça a complètement changé ma vie » (traduit de l’anglais par nos soins). Mais elle évoque aussi la fatigue, une anémie, une chute de cheveux et une période où elle mangeait dangereusement peu. (lire l’article)
Ces récits collent-ils avec les études ?
En grande partie. Dans le grand essai de Wegovy (1 961 adultes, publié en 2021), les participants ont perdu en moyenne 14,9 % de leur poids en 68 semaines, contre 2,4 % avec un placebo. Soit environ 15 kilos pour une personne de 100 kg. Avec Mounjaro, la perte atteint environ 21 à 22 % en 72 semaines aux plus fortes doses testées, selon l’avis de la Haute Autorité de santé (HAS) de juillet 2024. Ce sont des moyennes : certains perdent bien plus, d’autres bien moins.
La baisse de l’appétit est au cœur du mécanisme. Le « food noise » n’est pas un diagnostic officiel, rappelle le Dr Sanjeev Sockalingam, directeur scientifique d’Obésité Canada, cité par La Presse Canadienne. Mais, dit-il, « le traitement libère de nombreux patients qui souffraient et étaient profondément obsédés par la nourriture ».
Une petite étude publiée dans Nature Medicine en novembre 2025 nuance ce tableau. Des chercheurs de l’université de Pennsylvanie ont enregistré l’activité du « centre de la récompense » du cerveau chez une patiente de 60 ans sous Mounjaro. Ce signal s’est d’abord tu. Puis il est revenu environ cinq mois plus tard, avec les pensées obsédantes. Une seule patiente : c’est une piste, pas une preuve.
Les effets digestifs sont très fréquents au début. Dans l’essai de Wegovy, 74 % des participants ont eu des troubles digestifs (nausées, diarrhée, constipation, vomissements), contre 48 % sous placebo. Avec Mounjaro, 45 à 73 % des patients des essais en ont eu, contre 28 à 33 % sous placebo, le plus souvent légers à modérés selon la HAS.
Pourquoi rester prudent ?
- Cinq récits ne font pas une statistique. Ceux qui arrêtent tôt témoignent moins.
- Les contextes diffèrent. Plusieurs témoins vivent au Canada, où Ozempic est parfois prescrit pour le poids. En France, Ozempic est réservé au diabète ; Wegovy et Mounjaro sont les traitements de l’obésité.
- La surveillance continue. Le 7 octobre 2026, l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) a publié son troisième rapport de pharmacovigilance : plus de 840 000 patients traités en France, 2 801 effets indésirables signalés entre février 2025 et janvier 2026, dont 515 graves. L’ANSM juge le rapport bénéfice-risque favorable quand ces médicaments sont utilisés selon les recommandations.
Le Pr Zoltan Pataky, des Hôpitaux universitaires de Genève, le disait à la RTS : « On ne peut pas les considérer comme une baguette magique. »
Ce qu’il faut retenir
- Les premiers mois, les patients décrivent surtout une faim qui recule et des pensées alimentaires plus calmes.
- Les nausées et autres troubles digestifs sont fréquents, surtout au début du traitement.
- En France, Wegovy et Mounjaro sont remboursés à 65 % depuis le 15 juin 2026, seulement pour certaines obésités sévères et après une première prescription par un spécialiste.
- Pour toute question sur votre traitement, adressez-vous à votre médecin ou à votre pharmacien.
À lire aussi : Combien de kilos perd-on avec Wegovy, Mounjaro ou Ozempic ?, notre fiche Mounjaro, notre fiche Wegovy et notre dossier effets secondaires des GLP-1.
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Sources
- La Presse Canadienne (Nicole Ireland), « Pourquoi entend-on parler d’« appel de la nourriture » avec les médicaments GLP-1 ? », repris par L’Hebdo Mékinac/Des Chenaux, 11 janvier 2026 (témoignage de Brenda ; citation du Dr Sockalingam)
- RTS, « Les nouveaux médicaments contre l’obésité, des outils prometteurs mais insuffisants », 2024 (témoignage de Nadine ; citation du Pr Pataky)
- La Presse, dossier Ozempic, « S’appauvrir pour maigrir », 17 septembre 2023 (témoignages de Christian et Valérie)
- Global News (Kathryn Mannie), « ‘It changed my life’: Ozempic patient shares her good, bad and scary side effects », 5 juillet 2023 (témoignage de Susanne)
- Wilding et al., Once-Weekly Semaglutide in Adults with Overweight or Obesity (STEP 1), NEJM, 2021, DOI 10.1056/NEJMoa2032183
- The Hospitalist/MDedge, résumé chiffré de l’essai STEP 1
- HAS, Commission de la transparence, avis Mounjaro (obésité), juillet 2024
- Penn Medicine, « Tirzepatide may only temporarily quiet food noise », 17 novembre 2025 (étude de cas, Nature Medicine)
- ANSM, 3e rapport de pharmacovigilance sur les aGLP-1, 7 octobre 2026
- Vidal, « Obésité : prise en charge de Wegovy et Mounjaro à partir du 15 juin 2026, sous conditions », 28 mai 2026
Article publié à titre d’information, il ne remplace pas l’avis d’un professionnel de santé. Aucun produit non autorisé ne doit être utilisé hors cadre médical. Avertissement médical.
