Pour un sportif, le BPC-157 et le TB-500 sont des produits à haut risque, quel que soit le sort que leur réserve la FDA. Le vote d’un comité de l’agence américaine en faveur de leur préparation en pharmacie, fin juillet, ne change rien à leur statut antidopage : les deux substances restent interdites en permanence, en compétition comme hors compétition. Les dossiers des derniers mois montrent que les agences antidopage les poursuivent activement, y compris sans contrôle positif.
Ce qu’il faut retenir
- Janvier 2026 : un combattant de l’UFC suspendu 2 ans et 6 mois pour testostérone et BPC-157.
- Septembre 2025 : un triathlète américain suspendu 4 ans, notamment pour BPC-157 et TB-500, après un signalement.
- Avril 2025 : une volleyeuse universitaire canadienne suspendue 4 ans, sans contrôle positif.
- BPC-157 : catégorie S0 de l’AMA ; TB-500/thymosine bêta-4 : catégorie S2.
- Aucune autorisation d’usage à des fins thérapeutiques n’est possible.
Deux catégories d’interdiction
Le BPC-157 figure dans la catégorie S0 de la liste de l’Agence mondiale antidopage (AMA), celle des « substances non approuvées », qui vise toute substance sans autorisation de mise sur le marché pour un usage humain. La thymosine bêta-4 et son dérivé TB-500 relèvent de la section S2 (facteurs de croissance et modulateurs de facteurs de croissance), rappelle Sport Integrity Australia, qui précise qu’aucune autorisation d’usage à des fins thérapeutiques (AUT) ne peut être accordée pour ces produits. Aux États-Unis, l’USADA souligne en outre qu’il n’existe aucun essai clinique humain établissant l’efficacité du BPC-157, et le département de la Défense l’a inscrit sur sa liste d’ingrédients interdits pour les militaires.
UFC : le BPC-157 associé à la testostérone
Le 15 janvier 2026, l’UFC a annoncé la suspension de Mohammed Usman pour deux ans et six mois. Contrôlé hors compétition le 8 septembre 2025, le combattant avait été provisoirement suspendu avant un combat prévu en octobre à Rio de Janeiro. Les analyses ont révélé de la testostérone et du BPC-157. Selon le communiqué de l’organisation, il a d’abord fourni de fausses explications avant d’admettre l’usage des deux substances. La sanction a été alourdie de six mois pour circonstances aggravantes : usage de plusieurs substances interdites et comportement « trompeur ou obstructif ». Il est suspendu jusqu’au 9 avril 2028.
Triathlon : sanctionné pour avoir fait la promotion des peptides
Le cas d’Anthony McCauley, triathlète amateur de 46 ans, illustre une autre méthode. Selon l’USADA, qui a annoncé sa sanction le 17 septembre 2025, l’enquête est partie d’un signalement d’un lanceur d’alerte. L’agence a établi la possession et l’usage de BPC-157, de TB-500, de CJC-1295, d’ipamoréline et de tésamoréline. Le sportif faisait aussi la promotion de ces substances sur les réseaux sociaux auprès d’abonnés dont certains étaient soumis au code antidopage, ce que l’USADA a qualifié de tentative de complicité. Résultat : quatre ans de suspension et l’annulation de ses résultats depuis le 1er juin 2024.
Volley universitaire : quatre ans sans contrôle positif
Au Canada, le Centre canadien pour l’éthique dans le sport (devenu Sport Integrity Canada) a sanctionné le 7 avril 2025 Emma Brooks, joueuse de volley de l’université MacEwan, pour quatre ans. Des informations transmises à l’agence indiquaient qu’elle avait utilisé du BPC-157 et du TB-500 entre août et septembre 2024. L’athlète n’a pas contesté la violation dans les délais. Pendant sa suspension, elle ne peut même pas s’entraîner avec ses coéquipières.
Le piège de la prescription médicale
Plusieurs dossiers plus anciens montrent qu’une recommandation médicale ne protège pas. En 2023, la combattante de l’UFC Cortney Casey avait déclaré spontanément un usage de BPC-157 prescrit par un médecin : quatre mois de suspension, réduits grâce à sa coopération. En 2024, la patineuse de vitesse Kamryn Lute, 19 ans, avait reçu un an de suspension pour un complément contenant du BPC-157 recommandé par un professionnel de santé, sans jamais avoir été contrôlée positive. « Vous ne savez même pas ce que vous achetez dans ce flacon », avertit Matthew Fedoruk, directeur scientifique de l’USADA, cité par STAT.
Ce qu’il faut retenir
- BPC-157 (S0) et TB-500 (S2) sont interdits en permanence par l’AMA, sans AUT possible.
- Les sanctions vont de quelques mois (aveux spontanés) à quatre ans (usage multiple, promotion).
- Les agences s’appuient sur des enquêtes et des signalements, pas seulement sur des contrôles.
- Le vote de la FDA sur les préparations magistrales ne modifie en rien le statut antidopage.
Sources
- UFC, « Statement On Mohammed Usman », 15 janvier 2026
- USADA, « Anthony McCauley Accepts Doping Sanction », 17 septembre 2025
- Sport Integrity Canada, « U SPORTS Volleyball Athlete Suspended for the Use of BPC-157 and TB-500 », 7 avril 2025
- USADA, « Cortney Casey Accepts Doping Sanction », 14 septembre 2023
- USADA, « Independent Arbitrator Imposes Doping Sanction for Kamryn Lute », 22 août 2024
- Sport Integrity Australia, fiche « Thymosin Beta-4 »
- OPSS (département de la Défense américain), « BPC-157: A Prohibited Peptide and an Unapproved Drug… », 29 avril 2025
- STAT, « BPC-157: The peptide with big claims and scant evidence », 3 février 2026
Article publié à titre d’information, il ne remplace pas l’avis d’un professionnel de santé. Aucun produit non autorisé ne doit être utilisé hors cadre médical. Avertissement médical.
