BPC-157, rétatrutide : un flacon testé contenait des bactéries, ce qu’il faut savoir

Dans une page datée du 26 octobre, une organisation américaine demande à la FDA de ne pas ouvrir la préparation en pharmacie du BPC-157 et de 5 autres peptides. Elle cite un flacon vendu comme rétatrutide, sans rétatrutide mais avec des bactéries. En France, ces produits restent non autorisés.

Médicaments en comprimés et gélules

Vous avez vu passer des vidéos vantant le BPC-157 pour « réparer » un tendon, ou un flacon de « rétatrutide » pour maigrir vite ? Aux États-Unis, une organisation de sécurité du médicament tire la sonnette d’alarme. Dans une page datée du 26 octobre, la Partnership for Safe Medicines demande à l’Agence américaine du médicament (FDA) de ne pas ouvrir la préparation en pharmacie de six de ces peptides. Et elle rappelle ce qu’un test a trouvé dans un flacon vendu comme du rétatrutide : pas de rétatrutide, mais 13 colonies de bactéries.

Ce qu’il faut retenir

  • La Partnership for Safe Medicines demande à la FDA de ne pas autoriser la préparation de six peptides, dont le BPC-157 et le TB-500 (pétition des 16 et 23 octobre).
  • La Maison-Blanche examine depuis mi-octobre un plan d’« accès provisoire » aux peptides.
  • Un flacon vendu comme rétatrutide, testé pour CBS, ne contenait aucun peptide mais 13 colonies de bactéries.
  • En France, l’ANSM rappelle que ces peptides ne sont ni évalués ni autorisés ; le BPC-157 est interdit par l’Agence mondiale antidopage.

Que demande cette organisation ?

Les six peptides visés sont le BPC-157, le TB-500, le MOTS-c, le KPV, l’émideltide et le Semax. Un peptide, c’est une petite chaîne d’acides aminés, les briques des protéines. En juillet, un comité d’experts consulté par la FDA a recommandé de lever les restrictions sur ces six produits. Les scientifiques de la FDA, eux, estimaient qu’aucun n’avait été assez étudié pour prouver sa sécurité et son efficacité, rapporte l’agence Associated Press.

L’organisation a donc déposé une pétition citoyenne, une demande officielle à la FDA. Une première version date du 16 octobre. Une version corrigée, datée du 23 octobre, vise même sept substances : elle ajoute l’épitalon. L’organisation résume sa position sans détour :

« Les peptides en question ne sont pas testés et mal définis, et faciliter leur préparation est une menace pour la santé publique. » (traduit par nos soins)

Le 15 octobre, Associated Press révélait que le ministère américain de la Santé avait transmis à la Maison-Blanche une « politique d’accès provisoire » aux peptides. Selon deux sources, elle permettrait aux pharmacies de préparer temporairement certains peptides, dont le BPC-157, sans être poursuivies. Nous avions déjà expliqué pourquoi ce scénario ressemble à une roulette russe pour les consommateurs.

Que trouve-t-on vraiment dans les flacons ?

L’organisation dit avoir acheté elle-même cinq flacons de peptides non autorisés auprès de services de téléconsultation en 45 jours. Ils venaient de pharmacies du Texas et de Pennsylvanie, dont aucune n’avait le droit de délivrer des injectables en Californie. Elle ne publie pas d’analyse de leur contenu.

Le flacon contaminé vient d’un autre test, mené par la chaîne CBS News. Elle a acheté des peptides dans une épicerie de New York et les a fait analyser par l’université de l’Iowa. Résultat pour le flacon « rétatrutide » : aucun peptide dedans, mais des bactéries.

Le rétatrutide est un médicament expérimental d’Eli Lilly contre l’obésité. Aucune autorité ne l’a autorisé. Pourtant, les centres antipoison américains ont enregistré 862 expositions au rétatrutide entre juillet et septembre, contre 249 au premier trimestre 2026. La FDA a aussi reçu deux signalements de décès chez des personnes ayant pris des produits vendus comme du rétatrutide. Attention : ces signalements ne sont pas vérifiés et ne prouvent pas que le produit a causé la mort.

Pour Pieter Cohen, professeur associé à la faculté de médecine de Harvard, interrogé par CBS : « C’est inquiétant, à cause de l’effondrement de notre processus d’autorisation des médicaments aux États-Unis » (traduit par nos soins).

Pourquoi rester prudent ?

  • Qui parle ? La Partnership for Safe Medicines a des liens anciens avec le lobby pharmaceutique américain (PhRMA), qui en est membre cotisant, selon une enquête de KFF Health News de 2017. Elle n’est pas neutre.
  • Un flacon n’est pas une statistique. Le test de CBS porte sur quelques produits achetés dans une seule boutique. Il montre un risque, pas l’état de tout le marché.
  • Peu de preuves chez l’humain. Pour ces peptides, l’essentiel des données vient d’études sur l’animal ou en laboratoire.

Qu’est-ce que ça change pour vous ?

En France, rien ne bouge : ces produits restent illégaux. Le 2 juillet, l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) a mis en garde contre des peptides présentés comme des médicaments « alors qu’ils n’ont pas été évalués ni autorisés », dont le BPC-157, le TB-500 et le rétatrutide. Elle signale des effets graves avec hospitalisation. Le BPC-157 est par ailleurs interdit par l’Agence mondiale antidopage depuis 2022 (voir notre dossier sur le BPC-157). En Belgique comme ailleurs, le rétatrutide n’est autorisé par aucune autorité. Aucun de ces flacons n’est contrôlé ni remboursé.

Concrètement, l’ANSM conseille de :

  • ne pas acheter de peptides en ligne, sur les réseaux sociaux ou via des connaissances ;
  • se méfier de toute étiquette « réservé à la recherche » ou « not for human use » ;
  • arrêter le produit et consulter rapidement en cas d’effet indésirable, et appeler le 15 en cas d’urgence.

Si vous envisagez un traitement pour maigrir ou pour une blessure, parlez-en à votre médecin ou à votre pharmacien. Pour faire le point sur chaque molécule, consultez notre guide des peptides.

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Sources

Article publié à titre d’information, il ne remplace pas l’avis d’un professionnel de santé. Aucun produit non autorisé ne doit être utilisé hors cadre médical. Avertissement médical.

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