Vous venez de commencer Wegovy ou Mounjaro et vous vous demandez si vous tiendrez sur la durée ? Vous n’êtes pas seul. Aux États-Unis, plus d’un patient sur deux arrête son traitement dans l’année. Face à ce constat, la chaîne de pharmacies américaine Walgreens a annoncé mardi 27 octobre que ses pharmaciens contacteront chaque patient qui commence un médicament de la famille des GLP-1.
Ce qu’il faut retenir
- 53,6 % des 125 474 adultes suivis aux États-Unis ont arrêté leur GLP-1 en moins d’un an (64,8 % sans diabète).
- Effets indésirables et prix sont les raisons les plus citées.
- Après l’arrêt, environ 0,4 kg repris par mois selon une méta-analyse du BMJ.
- Walgreens fera appeler chaque nouveau patient GLP-1 par un pharmacien.
Que propose Walgreens ?
Les GLP-1 sont des médicaments qui imitent une hormone de la satiété. Ce sont eux qui se cachent derrière Ozempic, Wegovy ou Mounjaro. Selon le communiqué de Walgreens, après le premier retrait en pharmacie, un pharmacien prendra contact avec le patient pour répondre à ses questions et l’orienter vers des ressources utiles.
L’enseigne lance aussi une page d’information sur les traitements, leurs coûts et les produits contre les effets secondaires comme la nausée. Elle propose enfin des consultations à distance avec un médecin ou une infirmière praticienne, facturées 49 dollars, hors prix du médicament.
« Rester sous GLP-1 peut être difficile pour beaucoup de patients. Plus de la moitié des patients qui commencent un traitement GLP-1 pour perdre du poids l’arrêtent dans l’année, pour diverses raisons. » Rick Gates, directeur pharmacie de Walgreens (traduit par nos soins)
Pourquoi tant de gens arrêtent-ils ?
Le chiffre cité par Walgreens vient d’une étude publiée en janvier 2025 dans la revue médicale JAMA Network Open. Les chercheurs ont suivi les dossiers médicaux de 125 474 adultes américains en surpoids ou obèses, qui ont commencé un GLP-1 entre 2018 et 2023.
Résultat : 53,6 % avaient arrêté au bout d’un an. Chez les personnes sans diabète, celles qui prennent le traitement pour maigrir, c’est encore plus : près de 2 sur 3 (64,8 %). Chez les diabétiques, c’est un peu moins d’une sur deux (46,5 %).
Les raisons les plus souvent notées dans les dossiers : les effets indésirables et le prix. Les troubles digestifs modérés à sévères (nausées, vomissements, diarrhée) augmentaient le risque d’arrêt. À l’inverse, ceux qui perdaient le plus de poids arrêtaient moins. Si vous êtes concerné par ces désagréments, notre guide sur la nausée sous Ozempic fait le point.
Que se passe-t-il quand on arrête ?
Le problème, c’est que le poids revient. Une méta-analyse, c’est-à-dire une synthèse de plusieurs études, publiée en janvier 2026 dans le BMJ, a rassemblé 37 études et plus de 9 300 participants. Elle estime une reprise d’environ 0,4 kg par mois après l’arrêt. Le retour au poids de départ interviendrait en 1,7 an environ.
Ces durées sont des projections calculées, pas des observations directes. Marie Spreckley, chercheuse à l’université de Cambridge sans lien déclaré avec l’industrie, le rappelle : « il est important de distinguer les données observées des projections modélisées » (traduit par nos soins). Nous détaillons ces chiffres dans notre dossier sur la reprise de poids à l’arrêt.
Pourquoi rester prudent ?
- Qui a mené l’étude ? L’autrice principale travaille pour Truveta, une société américaine de données de santé, et plusieurs auteurs déclarent des liens avec l’industrie.
- Quelles données ? Ce sont des dossiers médicaux américains, avec un système de prix et d’assurance très différent du nôtre.
- Arrêter n’est pas toujours abandonner : dans l’étude, une partie des patients ont repris leur traitement dans l’année qui a suivi l’arrêt.
Qu’est-ce que ça change pour vous ?
En France, Wegovy et Mounjaro sont remboursés à 65 % depuis le 15 juin 2026 dans l’obésité, mais sous conditions strictes : obésité sévère, échec d’une prise en charge nutritionnelle et première prescription par un médecin spécialiste lié à un centre de l’obésité. Hors de ce cadre, le patient paie seul, environ 300 euros par mois selon Euronews. En Belgique, le ministre de la Santé Frank Vandenbroucke a décidé en octobre que Mounjaro ne serait pas remboursé dans l’obésité, comme Wegovy avant lui. Il reste remboursé sous conditions dans le diabète de type 2.
Aucun dispositif comparable à celui de Walgreens n’a été annoncé en France. Mais votre pharmacien est déjà en première ligne : n’hésitez pas à lui parler de vos effets secondaires dès la première boîte. Avec votre médecin, voici les questions à poser avant de commencer :
- Combien de temps devrai-je prendre ce traitement ?
- Que faire si les nausées ou les troubles digestifs deviennent difficiles ?
- Suis-je dans les conditions du remboursement, et sinon, combien cela me coûtera-t-il chaque mois ?
- Que se passera-t-il pour mon poids si j’arrête, et comment préparer l’arrêt ?
Ne stoppez jamais seul votre traitement : parlez-en d’abord à votre médecin. Pour comparer les options, consultez notre comparatif des traitements GLP-1.
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Sources
- Walgreens, communiqué du 27 octobre 2026
- Pharmacy Times, Walgreens adds pharmacist outreach (résumé de l’étude Rodriguez et al., JAMA Netw Open 2025;8(1):e2457349)
- HealthDay, Many with overweight, obesity discontinue GLP-1 receptor agonists within one year
- Science Media Centre España, méta-analyse du BMJ sur la reprise de poids (réactions d’experts)
- Vidal, prise en charge de Wegovy et Mounjaro à partir du 15 juin 2026
- Euronews, la France premier pays d’Europe à rembourser les médicaments anti-obésité
- Brussels Times, Belgian Health Minister halts reimbursement for obesity drug Mounjaro
Article publié à titre d’information, il ne remplace pas l’avis d’un professionnel de santé. Aucun produit non autorisé ne doit être utilisé hors cadre médical. Avertissement médical.
