Mounjaro : en Inde, des stylos jugés non conformes, faut-il s’inquiéter en France ?

L'alerte qualité de septembre du régulateur indien, relayée depuis le 23 octobre, classe non conformes six lots de stylos Mounjaro. On ignore encore s'il s'agit de vrais lots ou de contrefaçons, et aucune alerte n'a été trouvée en Europe.

Préparation d'une injection

Vous êtes sous Mounjaro et vous avez vu passer l’information : en Inde, des stylos de ce médicament ont été jugés « non conformes ». L’alerte qualité mensuelle de l’autorité indienne du médicament, le CDSCO (Central Drugs Standard Control Organisation), portant sur septembre 2026, a été relayée par la presse indienne entre le 23 et le 26 octobre. Faut-il vérifier votre propre stylo ?

Ce qu’il faut retenir

  • Six lots de Mounjaro KwikPen (2,5 à 15 mg) échouent au dosage du principe actif en Inde.
  • Vrais lots Lilly ou contrefaçons : la question n’est pas tranchée, Lilly n’a pas réagi publiquement.
  • Aucune alerte trouvée à l’ANSM, à l’AFMPS ni à l’Agence européenne des médicaments.
  • Seul réflexe sûr : un stylo délivré en pharmacie sur ordonnance, jamais acheté en ligne.

Que dit l’alerte indienne ?

Au total, le CDSCO recense 330 échantillons « not of standard quality » (non conformes aux normes de qualité) en septembre : 42 repérés par les laboratoires centraux et 288 par les laboratoires des États, selon le site indien The News Mill. Parmi eux figurent six lots de Mounjaro KwikPen, un pour chacun des six dosages vendus en Inde, de 2,5 mg à 15 mg, rapporte The South First.

Le motif commun : un échec au test de « dosage » (assay), qui mesure la quantité de principe actif, le tirzépatide. Certains lots échouent aussi aux tests de stérilité ou d’impuretés, dont le 2,5 mg pour la stérilité. Selon le tableau publié par Medical Dialogues, les échantillons ont été analysés par le laboratoire public de l’État d’Haryana. L’alerte ne donne aucun chiffre : on ignore de combien les résultats s’écartent des normes.

Le document présente ces stylos comme fabriqués par Eli Lilly Italy et importés par la filiale indienne du laboratoire. Le CDSCO rappelle de son côté, selon l’agence ANI, que l’échec concerne uniquement le lot testé et ne vaut pas pour les autres produits du marché.

Vrais stylos Lilly ou contrefaçons ?

C’est la question clé, et elle n’est pas tranchée. Lundi 26 octobre, nous n’avons trouvé aucune réaction publique d’Eli Lilly sur ces lots. Aucun des articles consultés n’indique s’il s’agit de stylos authentiques mal conservés ou de faux.

Le contexte invite à la prudence. En avril, les autorités de l’Haryana ont saisi à Gurugram plus de 260 stylos Mounjaro suspects, du 2,5 mg au 15 mg, selon Reuters et Medical Dialogues. Lilly avait alors affirmé que ces produits saisis n’avaient pas été fabriqués par lui. « Les produits contrefaits ne sont pas fabriqués selon des contrôles qualité approuvés », avait déclaré Winselow Tucker, président de Lilly India (traduit par nos soins).

Autre leçon, venue du Royaume-Uni : en février, l’agence britannique du médicament (MHRA) a signalé de faux Mounjaro KwikPen 15 mg portant un numéro de lot réellement utilisé par Lilly pour des stylos 7,5 mg. Un numéro de lot crédible ne garantit donc rien. Lire notre article sur les faux stylos saisis à Birmingham.

Qu’est-ce que ça change pour vous en France et en Belgique ?

A priori, rien pour un stylo délivré en pharmacie : ces lots concernent le marché indien. À ce jour, nous n’avons trouvé aucune alerte sur ces lots de l’ANSM (Agence nationale de sécurité du médicament), de l’AFMPS (Agence fédérale des médicaments et des produits de santé, en Belgique) ni de l’Agence européenne des médicaments.

En Europe, un verrou existe : depuis le 9 février 2019, la plupart des médicaments sur ordonnance portent un code-barres en deux dimensions unique et un dispositif anti-effraction. Les pharmacies scannent chaque boîte pour vérifier son authenticité avant de la remettre au patient, explique l’Agence européenne des médicaments.

Ce verrou ne protège pas les achats hors circuit. L’ANSM est claire : « Tout aGLP-1 acheté sur internet est illégal ». Elle ajoute que ces produits vendus en ligne sont souvent contrefaits.

Côté prix et remboursement, les deux pays diffèrent. En France, Mounjaro est remboursé depuis la mi-juin 2026 dans l’obésité, pour certains adultes et sur prescription initiale d’un centre spécialisé, selon l’AFP. En Belgique, le ministre de la Santé a décidé que Mounjaro ne serait pas remboursé dans l’obésité, rapporte le Brussels Times ; la plus petite dose coûte environ 179 euros par mois. Voir aussi notre article sur les saisies de médicaments minceur en Belgique.

Concrètement :

  • Achetez uniquement en pharmacie, avec une ordonnance.
  • N’achetez jamais en ligne ni sur les réseaux sociaux.
  • Un stylo vous semble suspect (emballage abîmé, étiquette inhabituelle, numéro de lot absent) ? Ne l’utilisez pas et montrez-le à votre pharmacien.
  • Vous avez un doute sur votre traitement ? Parlez-en à votre médecin. Notre FAQ sur les GLP-1 répond aux questions les plus fréquentes.

Pourquoi rester prudent ?

  • Qui publie : l’alerte vient du régulateur indien, mais nous n’avons lu que des comptes rendus de presse et des extraits du tableau, pas le document intégral.
  • Quelle taille : six lots sur un marché où Mounjaro est vendu depuis mars 2025, sans chiffre sur l’ampleur des écarts.
  • Quelles limites : ni Lilly ni le CDSCO n’ont dit publiquement, à notre connaissance, si ces stylos sont authentiques ou contrefaits.

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Sources

Article publié à titre d’information, il ne remplace pas l’avis d’un professionnel de santé. Aucun produit non autorisé ne doit être utilisé hors cadre médical. Avertissement médical.

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