Vous avez passé 45 ans, vous mangez à peu près comme avant, et pourtant la balance grimpe. Beaucoup de femmes se demandent si les nouveaux traitements contre l’obésité marchent aussi bien une fois la ménopause arrivée. Une nouvelle analyse, présentée ce mardi 20 octobre au congrès annuel de la Menopause Society à San Diego (États-Unis), apporte un premier élément de réponse pour CagriSema, le futur traitement de Novo Nordisk.
Ce qu’il faut retenir
- -25,0 % de poids en 68 semaines chez les femmes, contre -3,0 % sous placebo
- Avant / pendant / après la ménopause : -26,7 %, -24,8 % et -23,1 %
- Nausées chez 55 % des participants, contre 12,6 % sous placebo
- Non autorisé en France ni en Belgique ; décision américaine attendue fin 2026
CagriSema est une injection hebdomadaire qui associe deux molécules : le sémaglutide, celle d’Ozempic et de Wegovy, et le cagrilintide, une copie de l’amyline, une hormone produite par le pancréas qui aide à se sentir rassasié.
Qu’ont-ils découvert ?
Les chercheurs ont repris les données d’un grand essai mené par Novo Nordisk sur 68 semaines, et n’ont regardé que les 2 309 femmes en surpoids ou en obésité qui y participaient. Résultat : celles sous CagriSema ont perdu en moyenne 25,0 % de leur poids, contre 3,0 % sous placebo (une injection sans principe actif). Pour une femme de 100 kg, cela représente environ 25 kilos. À titre de comparaison, le sémaglutide seul a fait perdre 19,0 % et le cagrilintide seul 13,4 %.
Autre chiffre parlant : 93,3 % des femmes sous CagriSema ont perdu au moins 10 % de leur poids, et 68,7 % au moins 20 %, soit plus de 2 sur 3. Le tour de taille a fondu de 20,5 cm en moyenne, contre 4,7 cm sous placebo.
La seconde analyse a classé 1 902 de ces femmes selon leur étape de vie. Avant la ménopause, la perte moyenne atteint 26,7 %. Pendant la transition (la périménopause, ces années où les règles deviennent irrégulières), elle est de 24,8 %. Après la ménopause, de 23,1 %. Sous placebo, les femmes perdaient entre 1,7 % et 2,6 %.
Est-ce que les experts y croient ?
L’autrice principale, Maria Hurtado Andrade, enseignante-chercheuse à la Mayo Clinic, aux États-Unis, juge que « la perte de poids observée dans chaque groupe est encourageante » (traduit par nos soins). Mais elle ajoute aussitôt que les écarts entre les groupes montrent qu’il faut davantage de recherche sur l’effet du vieillissement hormonal. Attention : elle signe ces travaux, présentés par Novo Nordisk. Ce n’est donc pas un regard extérieur, et le communiqué ne détaille pas ses liens éventuels avec le laboratoire. Nous n’avons pas trouvé, à ce stade, de réaction d’un expert indépendant sur ces données.
Côté laboratoire, Michelle Skinner Moore, vice-présidente chargée des affaires médicales chez Novo Nordisk, estime qu’il est « important d’étudier des produits expérimentaux comme CagriSema tout au long de la vie reproductive » (traduit par nos soins).
Un bémol, relevé par l’agence Reuters : sur l’ensemble de l’essai (plus de 3 400 adultes, hommes compris), CagriSema a fait perdre 22,7 %, en dessous des 25 % que Novo Nordisk visait au départ.
Pourquoi rester prudent ?
- Qui finance ? L’essai a été mené par Novo Nordisk, qui présente lui-même ces résultats.
- Quel type d’étude ? C’est une analyse « post hoc », faite après coup sur des données existantes. Elle sert à poser des hypothèses, pas à les prouver. Et le statut de ménopause n’a pas été mesuré : il a été déduit de l’âge, des antécédents et des symptômes, sans prise de sang.
- Quel scénario ? Les 25 % correspondent à un cas idéal où toutes les patientes suivent le traitement jusqu’au bout. Or les effets digestifs sont fréquents : dans l’essai complet, 55 % des participants sous CagriSema ont eu des nausées, contre 12,6 % sous placebo, et près de 6 % ont arrêté à cause d’effets indésirables.
Qu’est-ce que ça change pour vous ?
Pour l’instant, rien de concret : CagriSema n’est autorisé nulle part. Novo Nordisk a déposé une demande d’autorisation aux États-Unis en décembre 2025, et la décision de l’agence américaine du médicament est attendue d’ici la fin de l’année 2026. Le traitement n’est autorisé ni en France ni en Belgique. En France, seuls Wegovy et Mounjaro sont remboursés depuis le 15 juin 2026, sous conditions strictes, dans l’obésité sévère.
Le message le plus utile est ailleurs : ces données suggèrent que la ménopause ne rend pas ces traitements inefficaces, même si l’effet semble un peu moindre après. Nous avions déjà vu que le traitement hormonal pourrait influencer la perte de poids sous Ozempic, et que CagriSema calme les envies de manger dans le cerveau.
Si vous prenez du poids à la ménopause, parlez-en à votre médecin. Questions utiles : ma prise de poids justifie-t-elle un traitement ? Mon traitement hormonal joue-t-il un rôle ? Comment gérer les nausées si je commence un traitement de ce type ? N’achetez jamais en ligne un produit présenté comme du « CagriSema » : il n’existe aucune version autorisée.
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Sources
- Novo Nordisk, communiqué (PR Newswire), 20 octobre 2026
- Reuters (via 93.3 The Drive), 20 octobre 2026
- Quartz, 20 octobre 2026
- TCTMD, résultats complets de REDEFINE 1 (NEJM, juin 2025)
- Fréquence Médicale, remboursement de Wegovy et Mounjaro au 15 juin
Article publié à titre d’information, il ne remplace pas l’avis d’un professionnel de santé. Aucun produit non autorisé ne doit être utilisé hors cadre médical. Avertissement médical.
