Mounjaro remboursé pour 1 million d’Irlandais ? Et en France : ce qu’il faut savoir

Ce dimanche 11 octobre, le responsable du programme obésité du service de santé irlandais a chiffré à plus de 3 milliards d'euros un remboursement de Mounjaro pour environ 1 million de personnes. En France, il est remboursé depuis juin, mais seulement dans l'obésité sévère.

Billets et pièces en euros

Faut-il rembourser Mounjaro à grande échelle ? L’Irlande se pose la question. Ce dimanche 11 octobre, sur la radio publique RTÉ, le Pr Donal O’Shea, responsable clinique du programme national obésité du HSE (le service de santé public irlandais), a avancé un chiffre : environ 1 million de personnes pourraient y avoir droit, pour un coût de plus de 3 milliards d’euros pour l’État.

Ce qu’il faut retenir

  • Irlande : environ 1 million de personnes pourraient être éligibles, pour un coût de plus de 3 milliards d’euros, selon le Pr Donal O’Shea.
  • Un groupe d’experts du service de santé irlandais se réunit ce lundi 12 octobre ; la décision finale reviendra à sa direction.
  • France : Mounjaro est remboursé à 65 % depuis le 15 juin 2026, avec un IMC d’au moins 40, ou d’au moins 35 avec une maladie associée.
  • Belgique : remboursé seulement dans certains diabètes de type 2, pas dans l’obésité.

Mounjaro, c’est le nom commercial du tirzépatide, du laboratoire américain Eli Lilly. C’est un médicament injectable autorisé en Europe contre le diabète de type 2 et l’obésité. Il imite deux hormones de la digestion qui coupent l’appétit. En Irlande, il est vendu sur ordonnance, mais il n’est pas remboursé pour perdre du poids.

Que se passe-t-il en Irlande ?

Un groupe d’experts du HSE se réunit ce lundi 12 octobre. Il doit dire si les patients éligibles pourraient obtenir Mounjaro gratuitement ou à prix réduit. C’est ensuite la direction du HSE qui tranchera, selon le site TheJournal.ie.

Le Pr O’Shea juge cette décision potentiellement décisive et estime que cet argent serait très bien dépensé. Selon lui, le traitement peut faire baisser la tension et réduire le risque de diabète et de cancer. Mais il pointe un vrai casse-tête budgétaire :

« Le problème, c’est que vous dépensez de l’argent, potentiellement des milliards, pour économiser de l’argent, et vous ne voyez jamais l’argent économisé dans le système de santé. » (traduit par nos soins)

Il précise : « Vous ne voyez pas la hanche qu’on n’a pas eu besoin de remplacer, le diabète qui ne s’est pas développé. »

Pourquoi le prix fait débat ?

Le regard le plus indépendant vient du Centre national de pharmaco-économie irlandais (NCPE), l’organisme qui évalue si un médicament vaut son prix. En décembre 2025, selon l’Irish Examiner, il jugeait qu’un remboursement à tous les patients éligibles n’était pas rentable au prix d’alors. Son directeur clinique, le Pr Michael Barry, évoquait 5 000 à 6 000 euros par patient et par an. Il donnait aussi deux ordres de grandeur : jusqu’à 900 000 personnes concernées avec un IMC (indice de masse corporelle, le poids divisé par la taille au carré) de plus de 30, environ 80 000 avec un IMC de plus de 40. Aujourd’hui, selon TheJournal.ie, il estime le médicament rentable. Entre-temps, en juin, Eli Lilly a annoncé une baisse de prix importante en Irlande.

Côté efficacité, le Pr Barry rappelait qu’un essai a montré une perte moyenne d’environ 20 kg en 72 semaines, avec une baisse de la tension et une amélioration du cholestérol et du sucre dans le sang.

Et en France ou en Belgique, qui est remboursé ?

En France, Mounjaro et Wegovy sont remboursés à 65 % depuis le 15 juin 2026 dans l’obésité, sous conditions strictes, selon le Vidal. Il faut un IMC de départ d’au moins 40, ou d’au moins 35 avec une maladie liée au poids. Il faut aussi avoir perdu moins de 5 % de son poids en six mois malgré un suivi nutritionnel sérieux. La première ordonnance est réservée à des spécialistes, souvent liés à un centre de l’obésité. Le prix public d’une boîte de Mounjaro va de 176,10 € à 433,80 € selon le dosage. Pour la Haute Autorité de santé, c’est un traitement de seconde intention : il vient après l’échec des mesures diététiques.

En Belgique, Mounjaro est remboursé depuis le 1er juillet 2025 seulement pour certains diabètes de type 2 mal équilibrés, avec un IMC d’au moins 30. Dans l’obésité seule, il n’est pas remboursé : Test-Achats relevait fin 2025 un coût de 179 € à 411 € par mois, à la charge du patient. Pour comparer les options, voyez notre comparatif des traitements GLP-1.

Pourquoi rester prudent ?

  • Le chiffre de 3 milliards d’euros est une estimation orale d’un médecin, pas un budget officiel.
  • Rien n’est décidé : le groupe d’experts ne fait que conseiller la direction du HSE.
  • Les prix négociés en Irlande ne sont pas publics, et le tirzépatide est fabriqué par Eli Lilly près de Kinsale, dans le comté de Cork : l’enjeu est aussi économique.

Qu’est-ce que ça change pour vous ?

Pour un patient français ou belge, rien dans l’immédiat : la décision irlandaise ne s’applique pas chez nous. Elle montre surtout que les pays européens hésitent entre un accès large et un accès réservé aux cas les plus graves. Si vous vous demandez si vous avez droit à un remboursement, posez la question à votre médecin : votre IMC, vos maladies associées et vos essais passés comptent. Ne commencez jamais ce traitement sans ordonnance, et méfiez-vous des produits vendus en ligne.

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Sources

Article publié à titre d’information, il ne remplace pas l’avis d’un professionnel de santé. Aucun produit non autorisé ne doit être utilisé hors cadre médical. Avertissement médical.

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