C’est l’un des messages les plus forts du bilan publié par l’ANSM le 7 octobre 2026 : malgré les alertes, des personnes plutôt jeunes continuent d’utiliser Ozempic, Wegovy ou Mounjaro pour maigrir sans indication médicale, souvent avec des produits achetés hors pharmacie. Et ce mésusage se paie : 17 cas graves, dont 5 pancréatites.
L’essentiel
- 36 cas d’effets indésirables liés à un mésusage pour maigrir ont été déclarés entre février 2025 et janvier 2026, dont 17 graves.
- Dans 2 cas sur 3, le produit avait été obtenu hors des circuits officiels : internet, entourage, étranger.
- Dans plus de 9 cas sur 10, les doses étaient trop fortes ou augmentées trop vite.
- Les cas graves comprennent 5 pancréatites aiguës.
- Le message de l’ANSM : ces médicaments doivent toujours être obtenus « avec une ordonnance, en pharmacie, jamais sur internet ».
Ce que révèle le rapport
Le 3e bilan de pharmacovigilance des analogues du GLP-1, réalisé par le centre régional de pharmacovigilance de Montpellier pour l’ANSM, porte sur plus de 840 000 patients traités en France en un an (notre décryptage complet). Environ un tiers des signalements concerne le diabète de type 2, un tiers le contrôle du poids, et le reste des indications non précisées ou non autorisées.
Le rapport isole 36 cas déclarés chez des personnes qui utilisaient ces produits pour perdre du poids sans indication médicale, dont 17 graves. Selon l’ANSM, il s’agit plutôt de personnes jeunes. Le titre même du communiqué de l’agence résume son inquiétude : « persistance du mésusage associé à des complications graves ».
Le problème n’est pas nouveau
Ce constat prolonge celui du bilan précédent. En janvier 2026, l’ANSM avait déjà recensé 36 cas de mésusage pour maigrir sur la période 2023-2025, dont 25 graves, avec là aussi des médicaments obtenus pour la plupart auprès d’un proche, à l’étranger ou sur internet. Parmi ces cas figuraient des vomissements sévères ayant conduit à une hospitalisation, plusieurs pancréatites aiguës et un coma hypoglycémique lié à un médicament supposé falsifié, selon le résumé publié par le Vidal. L’agence rappelait alors qu’une utilisation hors autorisation, sans ordonnance ou hors circuit légal, « expose à des risques graves pour la santé ».
Neuf mois plus tard, le nombre de cas graves déclarés reste élevé : les alertes n’ont pas suffi.
Pourquoi c’est dangereux
Le rapport pointe trois facteurs qui se cumulent :
- Des doses mal maîtrisées. Dans plus de 9 cas sur 10, les doses étaient trop fortes ou augmentées trop vite. Or l’augmentation progressive, par paliers, est justement ce qui limite les nausées, les vomissements et la déshydratation.
- Des produits d’origine inconnue. Un stylo acheté sur internet ou sur un réseau social peut être un faux, contenir une autre substance (de l’insuline, par exemple, d’où les hypoglycémies graves) ou être mal conservé (notre enquête sur les faux Ozempic).
- L’absence de suivi médical. Sans médecin, personne ne vérifie les contre-indications (antécédents de pancréatite, problèmes de vésicule…), les interactions avec d’autres médicaments, ni les signes d’alerte.
Résultat : 5 pancréatites aiguës parmi les cas graves de mésusage, une complication qui peut être mortelle (les signes qui doivent alerter).
Ce que demande l’ANSM
L’agence confirme que le rapport bénéfice-risque de ces médicaments reste favorable lorsqu’ils sont utilisés conformément aux recommandations. Mais elle rappelle qu’ils « doivent toujours être obtenus avec une ordonnance, en pharmacie, jamais sur internet ». Elle demande aussi aux médecins d’informer leurs patients des symptômes de la pancréatite aiguë et de les suivre régulièrement.
En France, Wegovy et Mounjaro sont autorisés pour l’obésité à partir d’un IMC de 30, ou de 27 avec au moins une maladie liée au poids. Ozempic est réservé au diabète de type 2. En dehors de ces indications, ces traitements ne sont pas faits pour perdre quelques kilos.
Les limites
- Les chiffres reposent sur des déclarations volontaires : le mésusage réel est très probablement plus fréquent que les 36 cas déclarés, puisque les personnes concernées échappent souvent au circuit médical.
- Un signalement ne prouve pas à lui seul que le produit est en cause, d’autant que la composition réelle d’un produit acheté hors pharmacie est souvent inconnue.
- La synthèse publique ne détaille pas l’ensemble des cas : les données fines sont dans le rapport complet de l’ANSM.
Ce qu’il faut retenir
Ozempic, Wegovy et Mounjaro ne sont pas des produits minceur. Utilisés sans prescription, avec des doses improvisées et des stylos d’origine inconnue, ils exposent à des complications graves, et c’est précisément là que se concentrent les cas évitables relevés par l’ANSM. Si vous pensez être concerné par l’obésité ou le surpoids avec complications, le bon interlocuteur est votre médecin. Et si on vous propose un stylo sans ordonnance, c’est non.
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Sources
- ANSM – 3e rapport de pharmacovigilance sur les aGLP-1 : persistance du mésusage et risque d’interactions (7 octobre 2026)
- ANSM / CRPV de Montpellier – Synthèse du rapport 3 de l’enquête nationale sur les analogues du GLP-1 (PDF)
- Pharmactu – aGLP-1 : l’ANSM alerte sur le mésusage et de nouvelles interactions
- Vidal – Diabète, obésité : le profil de sécurité des aGLP-1 est favorable, mais le mésusage persiste (8 janvier 2026)
Article publié à titre d’information, il ne remplace pas l’avis d’un professionnel de santé. Préparé avec l’aide d’outils d’intelligence artificielle et vérifié par la rédaction. Avertissement médical.
