Vous êtes diabétique de type 2, en surpoids, et vous avez entendu parler d’Ozempic ou de Mounjaro, mais leurs nausées vous font peur ? Une autre piste avance. Ce mercredi 7 octobre, le laboratoire danois Zealand Pharma, associé au suisse Roche, a annoncé les premiers résultats d’un essai de son pétrelintide chez des personnes en surpoids ou obèses et diabétiques. Résultat : jusqu’à 9,2 % de poids perdu en moyenne en 28 semaines, avec très peu d’abandons pour troubles digestifs.
Ce qu’il faut retenir
- 7,4 à 9,2 % de poids perdu en 28 semaines, contre 2,0 % sous placebo (220 diabétiques de type 2)
- Hémoglobine glyquée en baisse jusqu’à 0,65 point, contre +0,23 point sous placebo
- Arrêts pour troubles digestifs : 1,9 % contre 1,7 % sous placebo
- Non autorisé : phase 3 sur environ 7 000 personnes tout juste lancée avec Roche
Le pétrelintide, c’est quoi ?
C’est un médicament expérimental, injecté une fois par semaine sous la peau. Il copie l’amyline, une hormone fabriquée par le pancréas en même temps que l’insuline, au moment des repas. Son rôle : envoyer au cerveau le signal « j’ai assez mangé ». C’est une autre voie que celle d’Ozempic, qui imite une hormone de l’intestin appelée GLP-1.
Nous vous avions présenté le lancement des grands essais de phase 3 du pétrelintide, fin septembre. Les essais précédents portaient sur des personnes sans diabète. La nouveauté, c’est ce résultat chez les diabétiques, souvent plus difficiles à faire maigrir.
Qu’a montré l’essai ?
L’essai a réuni 220 adultes aux États-Unis. Tous avaient un diabète de type 2 et prenaient déjà de la metformine, le médicament de base du diabète. Leur poids de départ correspondait en moyenne à une obésité franche. Ils ont reçu au hasard l’une des trois doses de pétrelintide ou un placebo (une injection sans produit actif), en plus d’un régime et de plus d’activité physique.
- Poids : de 7,4 % à 9,2 % de perte moyenne selon la dose, contre 2,0 % sous placebo, après 28 semaines. Pour une personne de 100 kg, cela représente environ 7 à 9 kg.
- Sucre dans le sang : l’hémoglobine glyquée (HbA1c, le reflet du taux de sucre moyen sur trois mois) a baissé jusqu’à 0,65 point, alors qu’elle a augmenté de 0,23 point sous placebo. Elle partait de 8,0 % en moyenne.
- Tolérance : 1,9 % des patients traités ont arrêté à cause de troubles digestifs, contre 1,7 % sous placebo. Ces troubles étaient surtout légers et survenaient pendant la montée progressive des doses.
« Ces données confirment le potentiel d’une perte de poids cliniquement significative […] avec un profil de tolérance prometteur et favorable », se félicite David Kendall, directeur médical de Zealand Pharma (traduit par nos soins). Un regard extérieur, plus mesuré : début octobre, l’analyste financier Andy Hsieh (William Blair) estimait que les médicaments à l’amyline pourraient devenir une option amaigrissante « plus douce », avec moins d’effets digestifs.
Attention aux comparaisons. Chez les diabétiques, on maigrit en général moins. Avec le sémaglutide (la molécule d’Ozempic) à forte dose, la perte était de 9,6 % chez les diabétiques, contre 14,9 % chez les non-diabétiques, dans deux essais distincts de 68 semaines. Et aucun essai n’a opposé directement le pétrelintide à Ozempic ou à Mounjaro : impossible de dire lequel fait mieux.
Pourquoi rester prudent ?
- Des chiffres du fabricant : ces résultats viennent d’un communiqué de Zealand, pas encore d’une publication relue par des experts. Les doses exactes et les taux de nausées ne sont pas encore donnés.
- Un essai court et modeste : 220 personnes, suivies 28 semaines, alors que l’obésité se soigne sur des années.
- Un médicament non autorisé : le pétrelintide n’est approuvé nulle part. Les grands essais de phase 3, sur environ 7 000 personnes, viennent de commencer et mesurent le poids à 64 semaines. Pas de mise sur le marché avant plusieurs années.
Qu’est-ce que ça change pour vous ?
Pour l’instant, rien dans votre traitement. Le pétrelintide ne s’achète pas et ne se prescrit pas. Méfiez-vous de tout site qui prétendrait en vendre : ce serait un produit sans contrôle.
En France, la Haute Autorité de santé a validé le remboursement d’Ozempic et de Mounjaro dans le diabète de type 2, mais seulement en association avec la metformine (parfois avec un autre traitement). Pour l’obésité, Wegovy et Mounjaro sont remboursés à 65 % depuis le 15 juin 2026, sous conditions strictes. En Belgique comme en France, le pétrelintide n’est pas disponible ; les règles belges de remboursement d’Ozempic et de Mounjaro sont détaillées dans nos fiches Ozempic et Mounjaro.
Si les nausées vous freinent, parlez-en à votre médecin ou à votre diabétologue. Quel traitement convient à mon diabète ? Comment limiter les effets digestifs ? Combien de poids puis-je espérer perdre ? Pour des repères chiffrés, consultez aussi notre guide combien de kilos perd-on avec Wegovy, Mounjaro ou Ozempic.
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Sources
- Zealand Pharma, communiqué ZUPREME-2 (7 octobre 2026, GlobeNewswire) — source primaire
- Zealand Pharma, lancement du programme de phase 3 ZUPREME (22 septembre 2026)
- Zealand Pharma, fiche pétrelintide (mécanisme de l’amyline, statut expérimental)
- BioPharma Dive, « 3 takeaways from a European obesity scientific meeting » (1er octobre 2026), avis d’Andy Hsieh (William Blair)
- Davies et al., STEP 2, The Lancet 2021 (sémaglutide 2,4 mg chez les diabétiques : -9,6 %)
- Wilding et al., STEP 1, New England Journal of Medicine 2021 (sémaglutide 2,4 mg sans diabète : -14,9 %)
- HAS, avis de la Commission de la transparence sur Mounjaro dans le diabète de type 2 (6 mai 2026)
- HAS, avis de la Commission de la transparence sur Ozempic (27 août 2025)
- Service-Public.fr, remboursement de Wegovy et Mounjaro depuis le 15 juin 2026
Article publié à titre d’information, il ne remplace pas l’avis d’un professionnel de santé. Aucun produit non autorisé ne doit être utilisé hors cadre médical. Avertissement médical.
