GHK-Cu : des chercheurs multiplient par cinq sa pénétration grâce à des aiguilles d’éponge

Le GHK-Cu a un défaut majeur : il traverse mal la peau. Une étude publiée en juin dans Micromachines montre qu'en le fixant sur des spicules d'éponge, on multiplie par cinq la quantité délivrée, du moins dans une peau artificielle.

Soin de la peau

C’est le talon d’Achille des sérums au cuivre. Le GHK-Cu a beau stimuler la production de collagène dans les boîtes de Petri, encore faut-il qu’il atteigne les cellules du derme, situées sous une barrière cutanée conçue pour tenir les molécules à distance. Une étude publiée le 21 juin 2026 dans la revue Micromachines propose une solution originale : arrimer le peptide à des spicules d’éponge marine, de minuscules aiguilles naturelles capables de percer la couche superficielle de la peau.

Ce qu’il faut retenir

  • Publiée le 21 juin 2026 dans Micromachines, l’étude a fixé du GHK sur des spicules d’éponge marine.
  • Dans une peau bio-imprimée en 3D, 9,72 ng/cm² de GHK ont été délivrés, contre 1,9 ng/cm² pour un simple mélange.
  • Le travail a été mené in vitro uniquement et financé par une entreprise, SRbiotek.
  • En laboratoire, moins de 4 % du GHK-Cu appliqué traverse la peau selon les mesures compilées par une revue iranienne.
  • Un essai clinique de 2026 sur le même principe ne comportait pas de côté non traité.

Un peptide qui reste à la surface

Le GHK est une petite molécule très soluble dans l’eau, ce qui l’empêche de traverser facilement la couche cornée, faite de cellules mortes et de lipides. Une revue publiée dans la revue BioImpacts par des chercheurs de l’Université des sciences médicales Shahid Beheshti, à Téhéran, compile des mesures in vitro éloquentes : la perméation cumulée atteint 2,53 % pour le GHK seul, 3,86 % pour le GHK-Cu et 4,61 % pour une version modifiée par un acide gras, le palmitoyl-GHK. Autrement dit, l’essentiel du produit appliqué ne franchit pas la barrière dans ces modèles.

Le problème n’est pas nouveau : dès 2022, un article de l’International Journal of Cosmetic Science qualifiait la perméabilité cutanée de « nécessité négligée » pour l’efficacité des peptides anti-rides. La revue de BioImpacts cite, parmi les pistes d’amélioration, les peptides dits pénétrants et le prétraitement de la peau par micro-aiguilles.

Ce constat éclaire une contradiction souvent relevée : les essais cliniques sur le GHK-Cu topique rapportent des améliorations de la peau, mais sur de petits effectifs, et sans que l’on sache précisément quelle quantité de peptide atteint réellement le derme. D’où l’intérêt des industriels pour les systèmes de délivrance : liposomes, micro-aiguilles et, désormais, spicules.

Des aiguilles naturelles pour transporter le peptide

L’équipe de Won-Kyu Hong (Université Yonsei, à Séoul, associée à des dermatologues de Taïwan et du Colorado) a fixé le GHK sur des spicules par une liaison chimique qui se rompt en présence de glutathion, une molécule antioxydante abondante dans les tissus. L’objectif : une libération progressive, une fois les spicules logées dans la peau.

Les résultats, obtenus sur cellules et sur une peau artificielle bio-imprimée en 3D, sont nets :

  • 9,72 ng de GHK délivrés par cm², soit plus de cinq fois plus qu’un simple mélange de spicules et de peptide (1,9 ng/cm²) ;
  • environ 60 % du peptide libéré de façon cumulée sur 35 jours en conditions physiologiques ;
  • une libération quatre fois plus rapide en présence de glutathion ;
  • une expression du collagène comparable à celle obtenue avec la vitamine C, utilisée comme témoin.

Les auteurs reconnaissent eux-mêmes des limites : le lien entre l’activation de la voie TGF-β/SMAD et la production de collagène reste « corrélatif », et la nature exacte des fragments de peptide libérés doit encore être vérifiée. L’étude a été financée par la société SRbiotek ; les auteurs déclarent ne pas avoir de conflit d’intérêts. Surtout, aucun test n’a été réalisé chez l’animal ni chez l’humain dans ce travail.

Un essai clinique qui ne tranche pas

Le principe a toutefois déjà été testé sur des visages. Un essai publié en 2026 dans le Journal of Cosmetic Dermatology a comparé, en hémivisage, un protocole aux spicules conjuguées au GHK avec ou sans « booster » contenant du glutathion. Les deux côtés du visage recevant les spicules au GHK, l’essai mesure le bénéfice supplémentaire du booster, mais ne permet pas d’isoler l’effet propre du GHK, faute de côté non traité.

Montrer qu’un peptide pénètre mieux dans une peau artificielle ne prouve pas qu’il atténue les rides d’un visage réel.

Ce qu’il faut retenir

  • La faible pénétration du GHK-Cu à travers la peau est un frein bien documenté à son efficacité.
  • Les spicules conjuguées multiplient par cinq la quantité délivrée, mais in vitro uniquement.
  • Niveau de preuve : laboratoire et peau artificielle ; les données cliniques disponibles ne comportent pas de groupe non traité.
  • Statut : le GHK-Cu est un ingrédient cosmétique ; les dispositifs à spicules relèvent de soins esthétiques, pas de médicaments autorisés.

Sources

Article publié à titre d’information, il ne remplace pas l’avis d’un professionnel de santé. Aucun produit non autorisé ne doit être utilisé hors cadre médical. Avertissement médical.

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