Antidopage 2027 : Ozempic et Mounjaro restent autorisés, le BPC-157 toujours banni

La liste des interdictions 2027 de l'Agence mondiale antidopage ne bannit toujours pas le sémaglutide ni le tirzépatide, faute de données suffisantes. Les peptides non autorisés comme le BPC-157 restent, eux, interdits en permanence.

Sport et musculation

C’était l’une des questions les plus attendues du monde du sport : les médicaments anti-obésité de type GLP-1 allaient-ils être interdits ? La réponse est non, pas encore. L’Agence mondiale antidopage (AMA) a publié fin septembre 2026 sa liste des substances et méthodes interdites pour 2027, qui entrera en vigueur le 1er janvier. Le sémaglutide (Ozempic, Wegovy) et le tirzépatide (Mounjaro) y restent absents. En revanche, rien ne change pour les peptides du marché gris, comme le BPC-157, toujours bannis en permanence.

Ce qu’il faut retenir

  • La liste des interdictions 2027 de l’AMA a été publiée fin septembre 2026 et entrera en vigueur le 1er janvier 2027.
  • Le statut des agonistes du GLP-1 (sémaglutide, tirzépatide) reste inchangé : autorisés, mais suivis dans le programme de surveillance.
  • Une enquête auprès de 114 médecins du sport a relevé que 12 % avaient connaissance d’un usage sans raison médicale chez des sportifs.
  • Le BPC-157 reste classé S0 (substances non approuvées), interdit en et hors compétition.
  • Les analogues de GHRH et sécrétagogues (CJC-1295, sermoréline, tésamoréline, ipamoréline) restent en S2, interdits en permanence.

GLP-1 : pas d’interdiction, mais sous surveillance

L’AMA indique que le statut des agonistes du récepteur du GLP-1 « restera inchangé en 2027 », le temps de recueillir davantage de données sur leurs effets potentiels chez les sportifs. Le sémaglutide est suivi dans le programme de surveillance de l’agence depuis 2024 et le tirzépatide y a été ajouté en 2026. Ce programme permet de mesurer l’usage d’une substance dans les échantillons collectés, sans sanctionner les athlètes.

Pour qu’une substance soit inscrite sur la liste, elle doit remplir au moins deux des trois critères de l’AMA : améliorer la performance, présenter un risque pour la santé, ou être contraire à l’esprit sportif. L’agence estime ne pas disposer, à ce stade, d’éléments suffisants pour trancher.

Le Pr Olivier Rabin, directeur scientifique de l’AMA, a tout de même appelé les sportifs à être très prudents avec ces médicaments lorsqu’ils les utilisent sans supervision médicale, rapporte le site Gran Fondo Daily News.

Un usage détourné qui inquiète

Le sujet n’est pas théorique. Dans les sports où le rapport poids/puissance compte, comme le cyclisme, la perte de poids rapide obtenue sous GLP-1 peut constituer un avantage. Une enquête de l’université de Loughborough, menée en 2026 auprès de 114 médecins du sport de 38 pays couvrant 93 disciplines, a relevé que 12 % d’entre eux avaient connaissance de sportifs utilisant ces médicaments sans raison médicale. Et 44 % se disaient favorables à une interdiction à terme.

Le revers est connu : ces traitements entraînent aussi une perte de masse musculaire, des troubles digestifs et nécessitent un suivi médical. Notre analyse sur les GLP-1 et la masse musculaire fait le point sur ce que disent les études.

Peptides : le BPC-157 et les analogues de GHRH toujours interdits

Pour les peptides en vogue dans les salles de sport, la liste 2027 ne change rien. L’AMA y a seulement ajouté des exemples et des précisions dans la catégorie S0, celle des substances non approuvées pour un usage humain.

  • BPC-157 : il figure dans la classe S0 (substances non approuvées), interdite en permanence. C’est sur cette base que des sportifs ont déjà été suspendus, comme nous l’avions raconté.
  • Analogues de GHRH et sécrétagogues de l’hormone de croissance : CJC-1295, sermoréline, tésamoréline, ipamoréline ou encore ibutamoren (MK-677) sont classés en S2 (hormones peptidiques et facteurs de croissance), interdits en et hors compétition.

Le fait qu’un produit soit vendu librement en ligne, parfois avec la mention « réservé à la recherche », ne change rien à son statut antidopage. Notre dossier peptides et dopage détaille les catégories concernées.

Les autres changements de la liste 2027

Les modifications de cette année sont surtout techniques :

  • la voie vaginale des glucocorticoïdes est désormais explicitement autorisée ;
  • la section sur les cannabinoïdes (S8) a été mise à jour pour tenir compte des effets de type THC de certains produits ;
  • l’intitulé de la section S4.2 (anti-œstrogènes) a été actualisé ;
  • les règles sur les bêtabloquants (P1) ont été harmonisées entre fédérations ;
  • plusieurs substances ont été retirées du programme de surveillance, faute de préoccupation antidopage.

Ce qu’il faut retenir

En 2027, un sportif traité par sémaglutide ou tirzépatide pour un diabète ou une obésité ne commettra pas de violation antidopage. Ces médicaments restent cependant soumis à prescription et à un suivi médical, et leur usage détourné pour « sécher » est surveillé de près. L’AMA pourrait revoir sa position quand les études en cours auront livré leurs résultats.

Pour les peptides non autorisés, la règle est inchangée : BPC-157, CJC-1295, sermoréline et apparentés sont interdits en permanence. Les sportifs français et belges peuvent vérifier le statut d’une substance auprès de leur organisation nationale antidopage ou de leur fédération.

Sources

Article publié à titre d’information, il ne remplace pas l’avis d’un professionnel de santé. Aucun produit non autorisé ne doit être utilisé hors cadre médical. Avertissement médical.

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