« Ne les achetez pas, ne les utilisez pas. » Le message de l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) a le mérite de la clarté. Dans une alerte publiée le 2 juillet 2026 et mise à jour le 31 août, l’agence française met en garde contre les peptides vendus sur Internet et promus sur les réseaux sociaux pour maigrir, se muscler ou rajeunir. Dans la liste des substances citées, un nom surprendra les amateurs de soins de la peau : le GHK-Cu, le tripeptide-cuivre que l’on retrouve dans de nombreux sérums anti-âge.
Ce qu’il faut retenir
- L’ANSM a publié le 2 juillet 2026, puis mis à jour le 31 août, une alerte contre les peptides vendus en ligne.
- Le GHK-Cu y figure aux côtés du rétatrutide, du BPC-157, du TB-500, du NAD+ et de l’hormone de croissance.
- Effets signalés : troubles digestifs, atteintes du foie, infections au point d’injection, réactions allergiques sévères.
- Fin juillet, l’ANSM a pris des décisions de police sanitaire contre deux sites de vente, selon Que Choisir.
- Les sérums cosmétiques au GHK-Cu relèvent d’un autre cadre : celui du règlement européen sur les cosmétiques.
Ce que dit l’alerte
L’ANSM vise des produits commercialisés en dehors de tout circuit pharmaceutique, souvent présentés comme des compléments alimentaires, des médicaments ou des produits « pour la recherche uniquement ». Elle cite nommément le rétatrutide, le BP180, le TB-500, l’hormone de croissance (GH), le GHK-Cu, le BPC-157 et le NAD+. Ces substances, rappelle l’agence, n’ont pas été évaluées par les autorités de santé et ne sont pas autorisées.
L’agence dénonce de « fausses promesses » : perte de poids rapide, définition musculaire, mais aussi « effet anti-âge ». Elle fait état de plusieurs signalements d’effets indésirables, dont certains ont conduit à des hospitalisations : nausées, vomissements, diarrhées, douleurs abdominales, perte d’appétit sévère, déshydratation, fatigue intense, vertiges, atteintes du foie détectées par prise de sang, troubles de la sensibilité, infections au point d’injection et réactions allergiques sévères. L’alerte ne précise pas quels effets sont attribuables à quel produit.
Une mode venue des États-Unis
Comme le rapporte Que Choisir dans un article du 17 août, la vogue de ces peptides injectables est née aux États-Unis, portée par des influenceurs et soutenue par des responsables politiques, avant de gagner la France par des canaux de vente illégaux. L’association de consommateurs indique que l’ANSM a pris, fin juillet, des décisions de police sanitaire contre deux sites qui commercialisaient ces substances sous l’étiquette « recherche ». Elle évoque aussi une douzaine d’effets indésirables recensés par l’agence.
Cité par Que Choisir, Alexandre de la Volpilière, directeur adjoint à l’ANSM, souligne qu’il n’existe aucune garantie de qualité : un flacon peut contenir des impuretés, une autre molécule que celle annoncée, voire aucun principe actif. Un risque qui s’ajoute à ceux de l’injection elle-même, l’agence citant explicitement les infections au point d’injection parmi les effets signalés.
L’agence s’adresse aussi aux professionnels de santé : elle leur demande d’aider leurs patients à repérer les fausses promesses, de les dissuader d’injecter des produits non autorisés et de se méfier de toute mention « pour usage de recherche uniquement », un étiquetage qui sert souvent à contourner la réglementation.
Et mon sérum au cuivre ?
L’alerte de l’ANSM ne fait pas de distinction explicite selon la forme du produit, mais son objet est clair : elle vise des peptides vendus comme médicaments ou pseudo-médicaments, majoritairement injectables. Les sérums et crèmes contenant du GHK-Cu (inscrit sous le nom INCI copper tripeptide-1) relèvent d’un autre cadre, celui du règlement européen n° 1223/2009 sur les produits cosmétiques, qui impose notamment une évaluation de la sécurité et des allégations justifiées.
Côté américain, le panel d’experts du Cosmetic Ingredient Review (CIR), qui évalue les ingrédients cosmétiques, considère le GHK-Cu comme sûr « dans les pratiques et usages actuels », rappelle une publication de chercheurs de Procter & Gamble parue en 2026 dans Current Research in Toxicology. Ce jugement concerne l’application sur la peau, aux concentrations des cosmétiques, et ne dit rien de l’injection.
La nuance compte : la même molécule peut être un ingrédient de soin ordinaire dans un flacon de sérum, et un produit non autorisé, non contrôlé et potentiellement dangereux dans une seringue achetée sur Internet.
Ce qu’il faut retenir
- L’ANSM demande de ne pas acheter ni utiliser les peptides vendus en ligne, GHK-Cu compris, et de consulter un médecin en cas d’effet indésirable.
- Aucun médicament à base de GHK-Cu n’est autorisé en France ; la forme injectable n’a jamais été évaluée.
- Les sérums cosmétiques au GHK-Cu, vendus dans le circuit classique, relèvent de la réglementation cosmétique européenne.
- Les produits « réservés à la recherche » n’offrent aucune garantie sur leur contenu, rappelle l’agence.
Sources
- ANSM, Peptides vendus en ligne : ne les utilisez pas, ils peuvent être dangereux, 2 juillet 2026 (mis à jour le 31 août 2026)
- Que Choisir, Peptides vendus en ligne : une mode risquée venue des réseaux sociaux, 17 août 2026
- Vidal, L’ANSM alerte sur les dangers des peptides achetés en ligne, juillet 2026
- Pourquoi Docteur, Peptides vendus en ligne : il ne faut surtout pas les utiliser, 3 juillet 2026
- Bjerke et al. (Procter & Gamble), A framework for the safety evaluation of peptides in cosmetics, Current Research in Toxicology, 2026
Article publié à titre d’information, il ne remplace pas l’avis d’un professionnel de santé. Aucun produit non autorisé ne doit être utilisé hors cadre médical. Avertissement médical.
